‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 156 sur 319 · AU FRÈRB DE GUIUJIUME, MOINE DB CLAIRVAUX · texte numérisé non relu

AU FRÈRB DE GUIUJIUME, MOINE DB CLAIRVAUX

n commence par un éloge de la pativreté religieose ; il lai reproche ensnlte an attachement trop grand aox choses de la terre, seoUmeot préjudiciable aux pauvres, et surtout au religieux lui-même qui urne mieux être dépouillé par la mort que de donner pour l'amour du Christ.

^ i. Quoique votre visage nous soit inconnu, quoique vous soyez loin de nous, vous êtes pourîeuit notre ami, et l'amitié nous fait déjà vous connaître et vous rend présent à nos yeux. Cette amitié vous a été acquise à votre insu, non par un effet de la chair ni du sang, mais par l'Esprit de Dieu qui a uni à nous dans une société indissoluble et dans la charité spirituelle votre frère Guillaume, et par lui vous aussi; si vous daignez y consentir. Vous ne mépriserez pas, si vous êtes sage, l'amitié de ceux que la vérité proclame bienheureux et qu'elle appelle les rois des cieux ^ Nous ne vous envierons pas une telle félicité ; car, en la partageant avec vous, nous n'amoindrissons pas notre part, et les limites de notre royaume ne seront pas réduites, si vous régnez avec nous. Or, quelle cause de jalousie pourrait-il y avoir là où le nombre des associés n'enlève rien à la grandeur des parts? Je ^eux que vous soyez l'ami des pauvres, et plus encore leur imitateur. Le premier degré convient à ceux qui progressent ; le second convient aux parfaits. L'amitié des pauvres nous rend amis des rois ; l'amour de la pauvreté nous rend rois nousmêmes. Car le royaume des cieux est aux pauvres, et c'est le propre de la puissance des rois de faire à volonté le bonheur de leurs amis. Faitea-vous, estril dit, des amis avec les richesses de riniquité^ afin que^ lorsque vous serez morts, ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels *. Vous voyez que la pauvreté sainte est une grande dignité, puisque non seulement elle ne cherche pas de protection pour ellemême, mais encore qu'elle en donne à ceux qui en ont besoin. Or, que n'esirce pas, de pouvoir, sans l'intervention de personne, ange ni homme, par le seul appui de la grâcedivine, vous approcher vous-même de la face de la gloire, de vous mettre en possesion de ce qu'il y a de plus élevé dans l'univers, et d'atteindre au conôble de toute magnificence.

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