Mais plaise à Dieu que vous puissiez con
1 Matth., y, 3. — > Luc. xvi, 9.
sidérer sans illusion ce qui vous prive de tels biens ; hélas ! hélas I c'est une vapeur d'un moment, qui vous ferme l'entrée de la félicité éternelle, qui vous cache l'éclat infini de la lumière inextinguible, qui vous prive de la connaissance de l'univers, qui vous enlève les honneurs delà dignité suprême. Jusqu'à quand préférerez -vous à de telles splendeurs une herbe qui est aujourd'hui, et qui demain sera jetée au feu : je veux dire la chair et sa gloire ? Car toute chair n'est qu'une herbe, et toute sa gloire est comme la fleur de l'herbe K Si vous êtes sage, si vous avez du cœur, si vos yeux sont clairvoyants, cessez donc de poursuivre ce qu'il est malheureux d'atteindre. Heureux celui qui ne court pas après ces biens dont la possession accable, dontl'amoursouille, dont la perte tourmente. N'est-il pas préférable d'avoir l'honneur de les mépriser, que la douleur de les perdre ? N'est-il pas plus prudent de les céder à l'amour du Christ qu'à la mort? Il y a dans une embuscade un voleur, aux mains duquel vous ne pourrez soustraire ni votre personne ni vos biens. On ne peut pas prévoir son arrivée, parce qu'il viendra dans la nuit comme un larron. Vous n'avez rien apporté dans ce monde, il est certain que vous n'en emporterez rien. Vous dormirez votre sommeil et vous ne trouverez plus rien dans vos mains. Hais vous savez cela, et il ne faut pas perdre une peine superflue à vous l'apprendre. 11 vaut mieux prier pour qu'il vous soit donné d'accomplir comme il faut ce qu'il vous a été déjà donné de connaître.