A BÉATHIX, DAME NOBLE ET PIEUSE
Il loue sa charité déyonée et sa sollicitude.
J'admire l'ardeur de Totre déTOuement et Tos sentiments d'alTection pour nous. 0 bonne dame, qu'y a-t-il entre tous et nous? d'où Tient cette sollicitude si grande que tous prenez de nous ? Si nous étions tos fils, tos ne- Teux,' si nous tous étions unis par quelque degré de parenté, même éloigné, tos bienfaits multipliés, tos fréquents compliments, enfin, les marques innombrables de Totre affection, dont nous faisons tous les jours l'expérience, ne nous sembleraient paA si étonnants, et nous les reccTrions comme Tenant d'un sentiment de deToir. Hais, puisqu'à Totre naissance nous reconnaissonsenTOUS notredame et non pas notre mère, il n'est pas surprenant que nous soyons surpris, et il le serait plutôt que nous pussions assez nous étonner. Qui donc de nos amis ou de nos parents prend souci de nous? Qui jamais demande de nos nouTelles; oui, qui, je ne dirai pas s'inquiète, mais même se souTient de nous dans le monde ? Nous sommes dcTenus pour nos amis, pour nos proches, pour nos Toisins, comme un Tase brisé ; seule, tous ne parTenez pas à nous oublier. Vous tous informez de nous, de l'état de notre santé, du Toyage que nous Tenons de faire, des religieux que nous aTons euToyés dans une autre résidence. Je TOUS répondrai brièTcment relatiTement à ces ; derniers, que d'une terre déserte, d'un lieu : d'horreur et d'une Taste solitude, ils ont été introduits dans un pays fertile et dans un séjour délicieux, où ils ont trouTé abondance de biens, de bâtiments et d'amis. Nous les aTons donc laissés dans la joie et dans la paix, et nous sommes reTcnus nous-mêmes heureux et tranquilles; mais depuis peu de jours j'ai été
accablé par un retour de fièTre assez graTe pour que je craignisse de mourir. De nouTcau par la miséricorde de Dieu, je me suis promptement rétabli, au point que je me sens aujourd'hui plus fort et en meilleure santé après âToir achcTé mon Toyage, qu'aTant de l'aToir conunencé.