LETTRE CXXX
(Berite ru 11310
AUX PISAKS.
n lone les Pisans de leur amour et de leur déToaemeat pour ]« i»ape Innocent qai, exilé de Rome qu'occupait l'antipape Aniolet, s'était retiré à Pise.
A nos cbers Pisans^ aux consuls avec leurs conseillers^ et aux citoyens^ à tous^ Bernard^ dit abbé de dairvaux : le salut^ la paix et la vie éternelle.
Que Dieu répande sur tous ses bienfaits, qu'il se souvienne de Totre charité compatis-
* I Cor., V, 6.— « PioY,^ Xiii, S. — > Luc, xi, 41.
santé, des fidèles serriees, des consolations et des honneurs que tous aTez rendus et que tous rendez encore à l'Épouse de son Fils, dans des temps mauTais, et durant les jours de son affliction. Cela s'accomplit déjà en partie et tous receTez quelques fruits de cette prière. Votre conduite glorieuse est récompensée par ses prompts résultats. Déjà Dieu combat pourTOus en raison de tos mérites ; tous êtes le peuple qu'il a élu pour son héritage, le peuple chéri et fenrent dans les bonnes œuTres. Pise prend la place de Rome ; entre toutes les Tilles de la terre, elle est choisie pour être le trônedu Siège Apostolique. Cela n*est point arriTé par hasard, par le conseil de l'homme, mais par une céleste proTidence, et par la bieuTeillante protection de Dieu, qui aime ceux qui l'aiment, et qui a dit à Innocent, son christ : Demeurez à Pise et je répandrai toutes mes bénédictions sur elle; j'y habiterai, parce que je l'ai choisie* Grâce à moi, la constance de cette Tille ne cède point à la malice du tyran Sicilien ^ et elle n'est ni ébranlée par ses menaces^ ni corrompue par ses dons, ni séduite par ses ruses. 0 Pisans, Pisans, nous avons été remplis de joie de ce que le Seigneur en aTait agi aTec magnificence euTers tous. Consenrez Totre dépôt. Tille fidèle, reconnaissez la grâce et appliquez tous à n'être pas trouTée ingrate pour une telle prérogatiTC. Honorez Totre père qui est lepèredeTuniTers; honorez les princes du monde et les juges de la terre qui sont chez tous; leuf présence TOUS donne la renommée, la gloire et l'éclat. Autrement, si tous tous oubliez, A la plus belle des cités, tous irez faire pattre tos che- Treaux à la suite des troupeaux de tos riTales. C'est en dire assez à des sages. Je tous recommande le marquis Engelbert', qui a étéen- Toyé pour aider le Pape et ses armées; c'est un jeune homme courageux. Taillant et fidèle, si je ne me trompe. Que nos prières tous le recommandent d'autant plus que j'ai eu soin de TOUS recommander aussi à lui ; je l'ai même aTerii de s'appuyer particulièrement de tos conseils.
^ Le dac Roger, qui soutenait énergiquement le parti d'Ânaclet (voy. lettre 127).
> Quel était ce marquis Engelbert ? Nous croyons que c'est celui dont il est parié dans la Vie de saint Norbert, et qui est dit avoir été frère de Tévèque de Ratisbonne. Cet Engelbert avait une fille, nommée Mathilde, qui épousa le comte Tbibauld ; il était duc de Carinthie, et marquis de Frioul (Voj. lettre 299; voy. encore Orderic Vital, lib. un, à la fin).