‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 202 sur 319 · LETTRE CLVI · texte numérisé non relu

LETTRE CLVI

(Écrite l'an 1135 on l'année raivant^.) AU MÊME, POUR LES CLERCS D'ORLéANS.

Jusqu'àquand cette mallieureuse église d'Orléans s'adressera-t-elle en vain au cœur du père des orphelins et du juge des veuves? Car cette noble Vierge d'Israël git depuis déjà longtemps dans la poussière; elle est non-seulement veuve de son époux \ mais encore privée de ses chers enfants. 0 douleur 1 il n'y a personne qui la relève. Combien de temps tarderez-vous à renvoyer auprès de leur malheureuse mère ces enfants qui crient vers vous? Je parle de ceux qui, après avoir perdu leurs maisons et leurs biens, n'ont trouvé pour leur vie d'autre asile que dans la fuite. Quelle cause retient ce bras intrépide, qui, jusqu'à présent, n'a point été refuse aux opprimés, et ne s'est jamais arrêté devant les insolents? Que tarde-t-il, dis-je, à arracher les affligés des mains des puissants, et à infliger aux superbes ce qu'ils méritent ? S'il tarde, qu'il ne les abandonne pas tout à fait. Plus le secours est différé, plus il doit être énergique, plus il doit être complet dans le soulagement qu'il apporte. Que ce soit là, s'il vous plait, le dédonunagement de ce fâcheux retard. Que ceux qui ont orgueilleusement abusé de la patience apostolique, n'en retirent à la fin aucun avantage ; et que ceux qui, sur votre parole, ont patiemment souffert, ne se repentent point un jour de leur patience.

* Après la mort de l'évèque Jean, le siège fat vacant pendant quatre ans, d'après Charles S^UÈSA^e {AnnaUs d'Oriéms]; le doyen Hugues, ayant été élu, fut tué en chemin par des malfaiteurs, lorsqu'il revenait de la cour du roi, ainsi qne le rapporte Orderic Vital sur l'année 1134. Cette lettre et la snivante furent écrites par saint Bernard, avant son troisième voyage k Rome en 1137.

LETTRE CLVIL

(Écrite raD 1135.) A HAIMERIG POUR LES MÊMES.

A son ami particulier^ à Haimeric^ par la grâce de Dieu cardinal-diacre et chancelier du Siège Apostolique, le frère Bernard de Clairvaux : qu'il brille des lumières de la sagesse et de la vertu.

Si je ne connaissais et votre compassion pour les affligés et votre zèle contre les superbes, je vous supplierais à temps et à contre-temps en faveur de maître Guillaume de Mehung ^ et de ses compagnons ; je vous exciterais contre ceux qui les oppriment et qui les calomnient. Mais je me bornerai aujourd'hui à vous rappeler cette affaire. C'est à vous de prouver promptement par des actes que cela sufût en etTet.

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