‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 224 sur 319 · A SIMON, FILS DC CHATELAIN DB CAMBRAI · texte numérisé non relu

A SIMON, FILS DC CHATELAIN DB CAMBRAI

Il recommande i sa protection les moines de Vaucelles et le prie de ratifier la donation faite par son père.

Ayant appris, mon très-cher, par Radulfe, abbé de Vaucelles *, que vous désirez nous voir et nous entretenir, j'ai été tout à fait heureux de votre grande affection pour nous et votre bienveillance ne m'a certes pas trouvé ingrat. J'ai, croyez-le, l'intention de satisfaire à votre désir, mais l'état fâcheux de ma santé m'empcche d'accomplir ma résolution, ainsi que beaucoup d'autres affaires qui seraient fort nécessaires. Du reste, si je suis absent de corps, je suis auprès de vous en esprit, jusqu'à ce que, avec la volonté de Dieu, je puisse m'y trouver en esprit et en corps, si toutefois nous ne nous aimons pas seulement en paroles et des lèvres, mais en œuvres et en vérité. C'est par les actes que se montrera la vérité de notre affection. C'est pourquoi, je vous demande d'aimer, de protéger, d'appuyer, par considération pour moi, partout où il sera nécessaire, cette partie de moi-même qui est auprès de vous, je veux dire les frères de Vaucelles et leur église. Vous me donnerez en cela un éclatant témoignage de votre libéralité et vous ferez briller les marques de cette charité que vous me promettez. La première expérience que je désire en faire, c'est que vous confirmiez le don de Ligecourt que votre père m'a fait à moi-même pour les besoins de ce monastère ; je désire que vous ne révoquiez pas son bienfait. Pour nous, autant que nous le pouvons, nous vous remercions des grâces obtenues dans le passé; nous en espérons de semblables pour l'avenir, et nous répandons pour vous et pour les vôtres, nos prières devant Celui qui fait la volonté et qui exauce les vœux de ceux qui le craigneni •. Nous demandons la santé pour vous, pour votre épouse et pour tous ceux qui vous sont chers*

1 L'abbaye de Vancelles, prés de Cambrai, était de l'ordre de Citeaux. Elle avait été fondée en 1132. « Ps. CXLIV, 19.

LETTRE CLXXXVn.

(Écrite Tan 1140.)

AUXÉrÊQUES QUI DEVAIENT ÊTRE CONVOQUÉS A SENS CONTRE PIERRE ABEILARD ^

n exhorte les évèques à prendre courageusement la défense de la religion contre Abeiiard.

n s'est répandu de beaucoup de cAtés, une nouvelle qui a dû parvenir jusqu'à vous ; c'est que nous sommes appelé h Sens pour Toctave de la Pentecôte, et que nous sommes provoqué à un débat pour la défense de la foi, quoiqu'il ne convienne pas à un serviteur de Dieu de contester, mais plutôt d'être patient envers tout le monde. S'il s'agissait de sa propre cause, peutêtre votre serviteur pourrait-il , non sans raison, se flatter d'être sous la protection de Votre Sainteté; mais comme cette cause est la vôtre, qu'elle est même plus que la vôtre, je vous conseille hardiment, je vous supplie avec instance de vous montrer de vrais amis dans le besoin: soyez des amis, non pour nous, mais pour le Christ dont l'Épouse crie vers vous du milieu de cette forêt d'hérésies et de cette moisson d'erreurs qui pullulent sous votre protection et sous votre garde, et qui l'ont déjà presque étouffée. L'ami de l'Époux n'abandonnera pas l'Épouse dans le besoin ni dans les tribulations. Ne vous étonnez pas que nous vous invitions si subitement et pour un délai si court ; car l'adversaire avec sa ruse et son adresse habituelles a tout disposé pour nous surprendre à l'i^nproviste et pour nous contraindre à combattre desarmé.

LETTRE CLXXXVra.

(Ecrite ran 1140.)

AUX iVÊQUES ET AUX CARDINAUX DE LA COUR DE

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