LETTRE CCXIV
(Écrite vers ran 1140.)
AU MÊME
n Ini recommande révèqae de Cambrai et Tabbé Godescalc.
Si vous me portez toujours de l'intérêt, s'il existe dans le cœur de mon seigneur quelque souvenir de moi, si votre serviteur trouve encore aujourd'hui à vos yeux un petit reste de son ancien crédit, qu'il soit permis à un homme noble et humble, à Nicolas ^ évéque de Cambrai, d'en faire l'expérience. J'avoue que je suis sou obligé et que je lui dois tout ce que je puis faire pour lui, non-seulement parce qu'il nous honore, nous et les nôtres, partout où il peut le faire, mais encore à cause de sa véracité, de sa mansuétude, de sa justice, mérites qui peuvent le rendre recommandable même devant vous. D'ailleurs, si je ne me trompe, ceux qui le chagrinent sont des trompeurs, et la vérité n'est pas dans leur bouche. Enfin vous en ferez vous-même l'expérience, et ce n'est point à moi à m'épuiser en paroles à ce sujet. Il y a en outre avec lui un homme religieux et saint, l'abbé Godescalc *. Si ma recommandation peut ajouter quelque chose à ses mérites, je prierai aussi pour lui avec instance, afin que vous l'exauciez dans ses demandes; car je pense qu'il ne vous en fera aucune qui ne soit digne d'être écoutée.