‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 242 sur 319 · LETTRE CCXV · texte numérisé non relu

LETTRE CCXV

AU MÊME

En ftiTenr de rév6que et du doyen d*Aaxerre.

Pauvre ver de terre que je suis, je vous écris bien souvent. Ce sont les prières de mes amis qui me rendent si téméraire. Je suis hardi, je l'avoue, mais je suis sincère. Que mon seigneur ne craigne pas de trouver jamais le mensonge dans la bouche de son serviteur,

1 Nicolas fat évèqne de Cambrai de 1140 à Tan 1167.

* Godescalc fut abbé de Saint-Martin dn Mont, près d'Arras, de l'ordre de Prémontré ; il devint ensuite éYèqne d'Arras. (Voy. sur lui lettre 253 n» 4, et lettre 284.)

pour toutes les choses que celui-ci a pu lui écrire. Je veux servir les intérêts de mes amis, mais non pas jusqu'à m'exposer à la mort. Car je sais où j'ai lu : La bouche qui ment tue rame *. Ainsi je désavoue tout mensonge, mais je n'excuse pas mon importunité; que celle-ci trouve grâce, je ne crains rien pour le reste. Le seigneur évêque d'Auxerre est un de mes amis et le premier d'entre eux; qui ne le sait? Il a des soucis que son ami partage, mais il n^ a point en lui de fausseté. Nous vous apportons de sincères excuses en faveur de son doyen, et nous vous demandons son absolution. Nous sommes les enfants d'un même père, et ce père c'est vous ; je parle avec ma témérité accoutumée. Nous avons confiance que ce père ne repoussera pas ses enfants, qu'il fera la volonté de ceux qui le craignent, qu'il écoutera leurs prières et qu'il les comblera de joie •.

LETTRE CCXVL

AU MÊME

n se plaint que le comte Raoul qui, après avoir répudié sa femme, en avait épousé une autre, trouve des protecteurs à la cour de Rome.

Il est écrit : Ce que Dieu a unz, que l'homme ne le sépare pas '. Il s'est élevé des gens assez audacieux * pour ne pas craindre de séparer, contre la volonté de Dieu, ceux que Dieu même avait unis. Non contents de cela, ils ont encore ajouté à leur prévarication, en rapprochant ceux qui ne devaient point être rapprochés. On déchire les sacrements de l'Église, on divise, ô douleur, la robe du Christ, et, pour comble de malheur , ceux qui font cela sont ceux mêmes qui auraient dû la raccommoder. Vos amis et vos proches, ô Dieu, se sont levés et se sont avancés contre vous *, car les hommes qui violent vos commandements ne sont pas des

* Sag., 1, 11. — • Ps. cxLiv, 19. — • Matth., xix, 6.

^ Raoul, comte de Vermandois, avait épousé une nièce de Thibauld, comte de Champagne. Voulant épouser Pétronille, cousine d'Eléonore, reine de France, il répudia sa première femme, sous prétexte de consanguinité. Trois évèques donnèrent leur assentiment à cette répudiation : c'étaient Simon, évéque de Touroay, frère du comte, Barthélémy, évéque de Laon, et Pierre, évéque de Seolis. L'affaire ftit portée devant le Pape, qui excommunia le comte et suspendit pendant quelque temps les évèques de leurs fonctions. (Voy; Herman, moine de Touroay. Spiciiegium^ tom. xii, p. 480 ; Appendice de Sigebert, et enfin les lettres suivantes.)

> Ps. XXXVJI, 12.

étrangers, ils ne vivent pas en dehors de votre sanctuaire, mais ils occupent aujourd'hui la place de ceux auxquels vous avez dit : Si vous m'aimez y gardez mes commandements *. Dieu avait uni, par la main des ministres de l'Église, le comte Raoul et son épouse; TÉglise avait agi au nom de Dieu qui a donné ce pouvoir aux hommes. Comment donc la chambre a-t-elle séparé ceux que l'Église a unis? Il n'y a eu dans cette affaire qu'une précaution convenable, c'est qu'on a accompli dans les ténèbres cette œuvre de ténèbres. Car qui fait le mal, hait la lumière et l'évite, pour qu'elle n'accuse pas ses actes. Qu'a mérité le comte Thibauld? Quel crime at-il commis *? Si c'est un crime d'aimer la justice et de haïr l'iniquité, il est sans excuse. Si c'est un crime d'avoir rendu au roi ce qui appartenait au roi, et à Dieu ce qui appartenait à Dieu, il ne peut être justifié. Mais il a d'après vos ordres accueilli l'archevêque de Bourges ; voilà sa première et sa plus grande faute; voilà le sang qu'on lui redemande. Ceux qui rendent le mal pour le bien le calomnient. Plusieurs crient vers vous de tout leur cœur, pour que vous vengiez par un châtiment légitime l'injure faite à votre fils et l'oppression de l'Église; pour que vous réprimiez avec la rigueur apostolique les auteurs de ce crime et leur chef qui s'est permis tout ce qu'il a voulu ; pour qu'enfin son iniquité retombe sur sa tête.

LETTRE CCXVn.

( Écrite ran 1142.)

AU MÊME

Il 86 plaint qne Thibauld soit penécaté à cause de sa josiice et de sa fidélité au Siège Apostolique. Il demande que le Sou- Terain-Pontife le relève des promesses iigostes qu'on Ta contraint de fidre.

L'afflictionetlesangoissessont venues fondre sur nous. La terre a été ébranlée et a tremblé devant tant d'hommes mis à mort, tant de pauvres envoyés en exil, tant de riches même jetés dans les fers et dans les prisons. La religion elle-même est tombée dans l'opprobre et le mépris. On nous impute comme une honte d'oser seulement parler de paix. Nulle part la bonne foi, nulle part l'innocence ne sont en sûreté. L'ami de l'innocence et le protecteur de la piété, le comte Thibauld, a été presque

^ Jean, xiv, 15.

* Le Pftpe avait élevé sur le siège de Bourges un cousin de son chancelier, nommé Pierre, en 1144, à la mort de Tarchevéque Albéric. Le comte Thibauld le reconnut, mais le roi refusa de le reconnaître. De là de grandes difficultés expliquées dans les lettres suivantes.

livré entre les mains de ses ennemis. On l'a poussé jusqu'à le renverser; mais le Seigneur l'a soutenu, et il se réjouit que sa justice et sou obéissance envers vous soient mêlées à cette affaire, car il s'appuie sur cette parole de l'Apôtre : Si vous souffrez quelque chose pour la justice, vous êtes bienheureux ^; et sur cette autre de l'Évangile : Heureux ceux qui souffrent per^ sécution pour la justice *. Malheur à nous ! nous avons pu prévoir tout cela, mais non point le prévenir. Que dirai-je encore? Pour que cette terre ne fût pas complètement désolée, pour que tout le royaume divisé contre lui-même ne fût pas détruit, cet ami et ce défenseur de la liberté de l'Église, votre très-dévot fils, a été contraint de promettre sous serment qu'il ferait lever la sentence d'excommunication' lancée par votre légat , maître Ives, d'heureuse mémoire, contre les terres et la personne du tyran adultère • qui a été l'auteur et le principe de tous ces maux et de ces douleurs, et contre sa complice ; Thibauld n'a fait cette promesse que sur la prière et les conseils de quelques personnes sages et fidèles. On lui disait, en effet, qu'il obtiendrait de vous facilement, et sans dommage pour l'Église, la levée de cette excommunication, puisqu'il était en votre pouvoir de rendre immédiatement une sentence conforme à la première qui avait été justement donnée et de la confirmer sans retour; qu'ainsi la ruse serait déjouée par la ruse, que la paix serait en définitive obtenue et que celui qui se glorifie de sa malice et qui n'est puissant que pour l'iniquité n'en retirerait aucun avantage. J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais il n'est pas nécessaire de les écrire toutes, car celui qui est devant vous, les connaît et peut de vive voix vous les expliquer plus clairement et plus complètement.

LETTRE CCXVIII.

(Écrite l'an 1143.) AU MÊME.

Lettre d'excuse; la dernière qu il lui ait écrite.

Remarquant qu'il n'était plus autant qu'autrefois dans les bonne grâces d'Innocent, il s'excuse modestement de ce qui a pu amener le mécontentement du Pape ; ce mécontentement avait pris naissance à l'occasion du testament du cardinal Yves.

A son très-révérend père et seigneur^ à Innocent Bernard : le néant qu'il est.

1 . Je croyais autrefois être quelque chose, de peu d'importance d'ailleurs ; mais je m'a-

* I Pier. ni, 14. — * Matth., v, 10.

* Raoul dont il est question dans la lettre précédente.

perçois maintenant que j'ai été réduit au néant, sans même le savoir. Je ne pouvais pas dire, en effet, que je ne fusse rien, quand les regards de mon maitre s'arrêtaient sur son serviteur et qu'il prêtait l'oreille à mes prières; quand il recevait des deux mains tout ce que j'écrivais ; qu'il le lisait, le visage souriant, et qu'il répondait avec beaucoup d'exactitude et de bienveillance à toutes mes demandes. Hais aujourd'hui j'ai raison de dire que non-seulement je suis peu de chose, mais même que je ne suis rien, car voici trois jours qu'il a détourné de moi son visage. Pourquoi cela? Quelle faute ai-je commise ? une faute grave, je l'avoue, si l'argent du cardinal Yves*, d'heureuse mémoire, a été distribué d'après ma volonté et non d'après la sienne, suivant le bruit qui en est venu aux oreilles de mon seigneur, comme on me l'a rapporté. Hais j'espère que vous connaîtrez bientôt la vérité de cette affaire et la vérité me délivrera. Car je ne suis pas assez ignorant pour ne pas savoir que tous les biens dont Yves n'a pas disposé, appartiennent à l'Église.

2. Hais maintenant, écoutez simplement la vérité : si je suis surpris le mensonge à la bouche, ma propre bouche me condamnera.

Lorsque cet homme mourut, j'étais absent et même fort éloigné. J'appris de ceux qui avaient assisté à sa mort, qu'il avait fait son testament, qu'il l'avait fait écrire, qu'il avait distribué lui-même une partie de ses biens à certaines personnes désignées par lui et qu'il avait confié le partage du reste à deux abbés qui l'assistaient alors et à moi qui étais absent, parce que les plus pauvres des saints monastères nous étaient connus. Ces abbés vinrent à la maison ; ils ne m'y trouvèrent pas; j'étais retenu, d'après votre ordre, par des négociations nécessaires au rétablissement de la paix, et alors ils n'en partagèrent pas moins l'argent comme bon leur sembla, ce qu'ils firent, nonseulement sans ma participation, mais même à mon insu. Ainsi, que votre ressentiment s'apaise, je vous prie, devant la manifestation de la vérité ; cessez de froncer les sourcils et de plisser le front contre moi. Que votre aimable et bienveillant visage reprenne sa sérénité accoutumée, et que la joie lui rende tout son éclat.

3. Je me suis également aperçu que je vous avais déplu par la fréquence de mes lettres : mais vous n'aurez plus à redouter cela de moi, car Je me corrigerai facilement. Je le sais, je

< Voy. lettres 144 et 193.

le sais; j*ai eu plus de témérité que je ne drvaîfli en avoir ; j'ai trop peu considéré qui j'étais et à qui j'osais si souvent écrire ; mais votre bien* veillance, vous n'en disconviendrezpas, m'avait armé et enhardi jusque - là. De plus, j'étais pressé par ma tendresse pour mes amis, car, si mon souvenir est fidèle, j'ai bien peu écril pour moi-même. Hais il ne faut d'excès en rien ; j'apporterai désormais, si je le puis, de la retenue, de la prudence dans mon zèle et je mettrai un doigt sur ma bouche. Il me sera moins pénil^te, en effet, de déplaire à quelques* uns de mes amis que de lasser par l'excès de mes prières l'oint du Seigneur. Encore aujourd'hui, je n'ai pas osé vous entretenir des imminents périls de l'Église, du schisme considérable que nous redoutons et de beaucoup de maux dont nous avons à souffrir. Hais j'ai écrit aux saints évêques qui sont auprès de vous; vous pourrez, si vous le désirez, savoir d'eux ce que je leur ai dit.

LETTRE CCXK.

(Ecrite l'ui 1143.)

AUX TROIS tVÉOUBS ^ DB LA CODR DB ROMB, AUt- RIG d'OSTIB, iTIEBBB DE PALESTRINB^ IGMARB DB FRABGATI, BT AU GHABGELIBR GÉRARD.

An sqjet de Tioterdit jeté snr les terres du roi. à cause de rarche^èque de Boorges.

4. Jusqu'à quel point un schisme dans l'Église est un mal considérable, horrible et qu'il faille éviter à tout prix, on le voit clairement à la mort effroyablement célèbre de ces hommes que la terre a engloutis pour un crime de cette nature, et qu'elle a précipités vivants dans les enfers. On le voit encore à cette persécution de Guibert, à cette entreprise insolente de Bourdin *, lesquels après avoir divisé l'empire

^ Albéric de Verdun moamt en France; on rapporte qne saint Bernard, célébrant pen de temps après la messe sur son tombeau, eut connaissance de la gloire d' Albéric, et k cause de cela changea la collecte de la messe. (Voy. Bernard. Vit. lib. 4, n» 21.) 11 est iiiit mention d' Albéric dans la lettre 241. (Voy. la note de cette lettre.) — Sur Etienne, Yoyei la lettre 224.— Igmare ou Ymare, moine à Saint-Martin des Champs, de Tordre de Cluny, devint ensuite prieur de la Charité sur Loire, puis abbé du monastère Neuf près de Poitiers. Son nom se trouve dans un contrat fiiit entre Louis le Jeune et Argrime, archidiacre d'Orléans, rapporté par Dnchène, tom. iv, pag. 764. Igmare fat créé cardinal par Innocent ; c'était un homme d'une grande intégrité. — Saint Bernard a adressé encore à ces trois cardinaux les lettres 230, 231 et 232.

* Guibert, évèque de Ravenne, fht opposé comme antipape par l'empereur Henri III au pape Grégoire VII, et aux trois

et lé sacefdoee ont été de nos jours atteints d'une plaie incurable et frappés d'un cruel châtiment. On le voit au dénoûment que la miséricorde de Dieu a donné enfin à la rage avec laquelle Léon avait naguère, pendant si longtemps et de tant de façons, persécuté et ravagé l'Église ; c'est donc avec raison que le Sauveur dit dans l'Évangile : Malheur à l'homme par qui le scandale arrive ^ . Malheur à nous qui ne vivons que pour plier sous le faix de nos douleurs, pour gémir des maux que nous souffrons, pour trembler devant ceux qui nous menacent. Ce qui est pis, les affairés humaines en sont venues à ce déplorable état que les coupables ne veulent pas s'humilier, ni les juges se laisser aller à la compassion. Nous disons aux méchants: Ne commettez plus d'iniquité, et aux pécheurs : Ne vous laissez pas exalter par l'orgueil^. Hais ils ne nous écoutent pas, parce que cette race brave tout châtiment. Nous supplions ceux à qui il appartient de réprimer les péchés et d'épargner les pécheurs, nous les supplions de ne pas écraser le roseau cassé, et de ne pas éteindre la mèche qui fume encore, et ils brisent avec plus de fureur les vaisseaux de Tharse.

S. Si avec l'Apôtre nous recommandons aux enfants d'obéir en toutes choses à leurs pères, c'est comme si nous jetionsnosparolee au vent ; si nous disons aux pères de ne point pousser leurs enfants à l'exaspération *, c'est sur nousmêmes que nous attirons leur colère. Les coupables ne veulent consentir à aucune satisfaction, ni ceux qui les dirigent ou les reprennent à aucune condescendance. Tous suivent leur propre passion, et tirant de toutes leurs forces la corde en des sens divers, ils la rompent. Hélas, la cicatrice de la blessure récemment faite à l'Église n'est pas encore fermée et ils s'apprêtent à la déchirer une seconde fois, à attacher de nouveau le corps du Christ à la croix, à percer son côté innocent, à partager ses vêtements ; et, autant qu'il est en eux, ils s'efforcent, quoique en vain, de déchirer sa robe sans couture. S'il y a dans vos entrailles quelque pitié , opposez-vous à de si grands maux et que le déchirement surtout n'ait pas lieu dans cette terre où d'ordinaire, comme vous le savez très- bien, les rapprochements

pi^es qui lai saccédèrent. 11 moorut misérablement en 1200. Maurice Boardin, archevêque de Prague, fut également élevé par Henri V, comme antipape contre le pape légitime Calixte II. 11 mourut en prison en 1121, et sa mort mit fin au schisme.

* Mattb., XVIII, 7. — * Ps. lxxiv, 5. — ' Ézéch., ii, 5.— * Èphes., VI, 1-4.

s'accomplissent. Si l'auteur du scandale est menacé par la bouche du souverain Juge d'une malédiction terrible, de quelles bénédictions ne seront pas dignes ceux qui auront combattu ce mal et qui l'auront écarté I

3. 11 y a deux choses dont nous ne pouvons excuser le roi, c'est qu'il ait fait un serment illicite, et qu'il le tienne contre la justice ^ Mais il agit ainsi par honte et non par mauvaise volonté. Car chez les Français, vous le savez très-bien, on considère comme un opprobre, de violer un serment public, même injustement prêté, et cependant tout homme sage sait qu'un serment illicite ne doit pas être gardé. Cependant nous reconnaissons que le roi ne peut être justifié même par là ; aussi ne venons-nous pas le défendre, mais solliciter votre pardon. C'est à vous de voir si l'emportement, l'âge, la majesté, ne peuvent pas apporter quelqu'excuse en sa faveur. Il en sera ainsi certainement, si vous décidez que la miséricorde doit être mise au-dessus de la justice; vous pourrez avoir quelque égard pour un roi enfant, et lui pardonner pour cette fois à raison de sa jeunesse, pourvu qu'à l'avenir il ne se permette plus d'agir ainsi. Je demande qu'on lui pardonne, si cela peut se faire sans porter aucune atteinte à la liberté de l'Église et au respect dû à l'archevêque que la main apostolique a consacré. Le roi lui-même le demande humblement et toute notre Église d'en deçà des monts, déjà trop affligée, vous adresse avec instance la même prière. Sinon, nous tendons les mains à la mort, nous languissons et nous séchons d'effroi dans l'attente des maux qui vont fondre sur l'univers. Ha prière à ce sujet date de l'année précédente; en punition de mes péchés, au lieu d'être exaucée, elle a attiré votre ressentiment, à la

^ Guillaume de Naogis raconte ainsi le fait dans sa chronique : « L'an 1142, il s'éleva entre le pape Innocent elle roi Louis un différend qui troubla l'Eglise de France. L'archevêque de Bourges, Albéric, étant mort, le Pape envoya Pierre pour lui succéder. Mais le roi Louis te repoussa, et ne permit pas qu'on le reçût dans la ville, parce qu'il avait été ordonné sans son assentiment. Il avait, en effet, accordé à l'Eglise de Bourges le droit d'élire l'évoque qu'elle voudrait, à l'exception de Pierre, et il avait juré publiquement que de sou vivant Pierre ne serait jamais archevêque. Pierre ayant été élu. partit pour Rome et ^t consacré par le pape Innocent, qui dit que le roi était un enfant qu'il fallait élever et empêcher de prendre de telles habitudes \ que d'ailleurs la liberté de l'Église n'était plus véritable, dès que le prince exceptait de l'élection quelqu'un sans pouvoir élever^ en vertu du droit, contre Télu, aucune cause d'exclusion ; que dans ce cas le prince devait être écouté comme un autre. Biais, comme on l'a dit plus haut, le roi, au retour de l'archevêque, refusa de le recevoir.

Md

suite duquel presque toute la terre a été dans la désolation. Si dans l'excès de mon zèle il m'est échappé des choses que je n'aurais pas dû dire ou exprimer de cette façon, tenez-les, je vous prie, comme n'ayant pas été dites; mais si j'ai parlé quand et comme je le devais, faites que ma parole ne soit pas vaine.

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