CHAPITRE PREMIER
État des affaires publiques au XII« siècle.
La grande question sociale, née avec le Christianisme et qui s'est reproduite, sous diyerses formes, à toutes les époquesde l'Eglise, est celle de déterminer les rapports compliqués delà puissance spirituelle avec la puissance temporelle.
Cette question apparaît surtout au moyen âge. Cbarlemagne et Othon le Grand l'avaient, sinon résolue, du moins nettement posée. L'un et l'autre de ces princes reçurent la couronne impériale des mains du Pontife romain ; et, en retour, les Pontifes eux-mêmes prenaient la tiare avec l'agrément de l'Empereur.
De cette manière se sont établis les points de contact des deux puissances, dont l'une, placée au sommet de la société civile, a mission de gouverner les choses de la terre ; et l'autre, au faite de la société religieuse, est chargée de présider au gouvernement des esprits. Un doublenœudmaintenaitleurmutuellealliance; le royaume de Dieu devant fonder et sanctionner les royaumes de la terre ; et ceux-ci devant concourir, selon l'expression du pape saint Grégoire, à l'édification de l'empire du ciel.
Mais cette pondération des pouvoirs, trèsingénieuse assurément dans sa théorie, n'est