‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 262 sur 319 · LETTRE CCXLIX · texte numérisé non relu

LETTRE CCXLIX

(Ecrite ran 1145.)

AU MÊME

Il lai recommande le prieur de la Cbaise-Dieu qui avait été élu évèque de Valence, et qui en était digne.

Si la rareté donne du prix aux choses, rien dans l'Église n'est plus précieux, ni plus désirable qu'un bon et fidèle pasteur : c'est là l'oiseau rare. Aussi dès que l'occasion se présente etqu'on trouve un homme de cette sorte, il faut aussitôt mettre la main sur lui et redoubler d'efforts pourque ni par violence ni par adresse les méchants ne parviennent à empêcher une promotion avantageuse. Nous avons appris que le prieur de la Chaise-Dieu * a été élu au siège de Valence avec le consentement du clergé et du peuple. Je serais surpris qu'il ne fût pas propre aux fonctions auxquelles il est appelé. Si vous voulez savoir d'où vient

1 Arnulfe, évèque de Lisieux, s'efforçait de soutenir la règle de saint Augustin, que son frère Jean, évèque de Seez, avait donné à ses chanoines séculiers, et que le successeur de Jean avait gravement ébranlée. C'est ce que saint Bernard appelle donner des enfants à son frère défunt. Arnulfe travailla plus de vingt ans à cette œuvre. Jean, frère d'Àrnulfe, mourut en 1143. On lui donna pour successeur Gérard, deuxième du nom, chanoine séculier, auquel la Cour de Rome ne laissa pas exercer ses fonctions qu'il n'eût fait profession dans ce même ordre. Mais cet évèque avait conçu le détestable projet de détruire cette institution des chanoines réguliers. C'est là ce qui excite les reproches de saint Bernard.

* Â la mort de saint Jean, évèque de Valence, en Dauphiné, l'an 1145, le prieur de la Chaise-Dieu, nommé Orilbert, fut élu pour lui succéder. La lettre ci-dessus, ainsi que la ietU/s 170, fut écrite pour le soutenir.

mon espérçinçe, c'est que ce sont des ^ens de bien qui le désirent, et qu'un homme qui leur plait ne peut pas ne pas être homme de bien. J'ai une autre preuve de sa probité qui ne me semble pas moins forte, c'est qu'il déplaît aux méchants de son pays. Il convient à votre sainteté d'approuver le choix des ^ens de bien, de. crainte que si on venait à ^'en écarter, on ne, fût exposé par les efforts et l'accord des méchants à en recevoir un autre dont vous ne voudriez pas.

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