‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 290 sur 319 · LETTRE CCLXXXIV · texte numérisé non relu

LETTRE CCLXXXIV

(Écrite vers Tan 1151.)

AU SEIGNEUR PAPE EUGÈNE, POUR l' ARCHEVÊQUE DE REIMS ET POUR d'aUTRES PERSONNES.

L'archevêque de Reims ' est dans la maison du Père de famille, comme un vase d'honneur. Puisque vous le savez, conservez donc sa dignité et la dignité de son église. Car, si je le connais bien, plus vous l'honorerez, plus Dieu sera honoré en lui et par lui. Le seigneur d'Arras * est un homme simple et droit qui jusqu'à présent, demeure dans son humilité. Il ne faut pas que d'autres l'abaissent davantage, de crainte qu'il ne perde toute autorité et ne puisse plus faire de bien. Si vous le jugez à propos, donnez-lui vous-même de l'autorité, car, par caractère, il n'en prendra jamais. Autant qu'il dépend de lui, il préfère se contenter d'une condition modeste. Hais il y a quelqu'un qui s'élève contre lui et lui résiste, et il faudrait que celui-là fût humilié dans son propre intérêt et dans celui de son évêque. 11 est habituel à votre Seigneur de résister aux superbes et de donner sa grâce aux humbles, et vous l'avez entendu nous dire : Que celui qui me sert, me suive ^. L'abbé d'Aucourt * est un homme de bien ; répondez-lui, comme sa probité le mérite. Exaucez-le dans ses besoins et n'écoutez

1 Samson.

s Godescale dont il est parlé dans les lettres 214 et 253, et qui succéda en 1150 à Alvise dont il est fait mention dans les lettres 65 et 395. L*afraire dont il s'agit parait avoir été un diflérend avec Guerric, abbé de haint-Waast, auquel Eugène écrivit d'avoir à jurer obéissance pour tout ce qu'il tenait de rÉglise d'Arras.

* Jean, xii, 26.

^ Aucourt, abbaye de chanoines réguliers de Saint-Augustin, qui était située pr^ de Bapaume.

pas contre lui un apostat. Le doyen de Béthune, par la volonté de son évêque et avec l'approbation de l'avoué, a pris dans son église une mesure utile à cette église, il serait bon que cette mesure fût confirmée par votre autorité. Nous vous prions également pour les doyens de Soissons et de Cambrai, afin que vous exauciez leurs justes prières. Nous avons été exposé au péril des faux frères et beaucoup de lettres falsifiées, portant notre sceau contrefait, ont été envoyées à beaucoup de personnes. On dit même, ce que je redoute plus encore, qu'il en est arrivé jusqu'à vous ^ Pour cette raison, nous avons mis ce sceau de côté, et nous nous servons depuis peu du nouveau que vous voyez et qui porte notre nom et notre figure * ; n'en recevez pas d'autre comme venant de notre part, sinon peut-être au nom de l'évêque de Clermont, auquel j'ai donné une lettre scellée de l'ancien sceau, parce que je n'avais pas encore celui-ci.

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