‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 4 sur 319 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

Or, le péché, principe de corruption, pénétra dans les sources des générations humaines; car, dit l'Apôtre, comme le péché est entré dans le mande par un seul homme, et par le pèche la mort, ainsi la mort est passée dans tous les hommes par ce seul homme en qui tous ont péché ^ Ce vice originel eut pour conséquence la dissolution des liens vivants de l'unité, et par suite, la séparation des éléments qui la constituent, amena la multiplication du genre humain par les voies de la concupiscence ".

Adam devint multiple; mais cette multiplicité, opérée sous l'action du péché, dut être ramenée à l'unité sous l'influence de la grâce; et les générations charnelles, conçues et enfantées dans l'iniquité, durent être rappelées, par les voies de l'esprit, à l'unité spirituelle et immortelle.

De là deux grandes phases, deux lois, deux voies, deux mouvements contraires dans la vie de rhumanité sur la terre: mouvement centrifuge, qui porte le dedans au dehors, versant, dispersant dans le monde extérieur les éléments individuels de la race d*Adam ; puis, mouvement centripète, refluant vers le centre, ramenant les hommes du dehors au dedans, de la chair à l'esprit, de la multiplicité à l'unité.

1 Rom., XII.

* In iniqniutibus conceptus sum, et in peccatis concepil me mater mpa. (Psal. l.) Saint Au^stin(0i9 Céoét. Dei, cap. xxi et sp(i.] ensoipne quo si la chuti* n'était intervenue, les générations eussent été produites sans concupiscence.

mSTOIRE DE SAINT BERNARD.

Ces deux mouvements se manifestent dans toutes les sphères, dans toutes les existences delà nature, dans toutes les lois de la vie; ils caractérisent profondément le monde ancien et le monde nouveau ; ce sont les deux tables de la loi de Dieu : l'une a été brisée, l'autre subsiste éternellement. Sous l'empire de ces deux lois s'accomplit l'histoire des individus et des peuples, l'histoire de l'homme et du monde.

Dans le monde ancien, en effet, tout tendait à la multiplication des races humaines , à la dispersion des peuples. Croissez et multipliez, et remplissez la terre *. Telle est la loi qui domina le monde jusqu'à l'époque où le Fils de Dieu naquit parmi les enfants des hommes.

A cette époque, le genre humain était parvenu à la plénitude de son développement naturel ; il s'était déployé sur la surface de la terre; il s'était épanoui comme un cercle immense qui arrive à sa plus large extension. Alors, au centre de cette sphère vivante, au cœur même de l'humanité, au milieu des temps, parut le Christ, le Sauveur des hommes.

L'avènement dé Jésus-Christ, auquel aboutissaient les développements de la première phase de l'histoire, termine l'ère ancienne: la terre a produit son fruits Le mouvement d'expansion diminue, et le second mouvement commence : mouvement d'attraction qui , de tous les points de la circonférence, reflue vers le centre, comme vers un foyer puissant qui attire les éléments épars des races humaines , les réunit , les absorbe pour les reconstituer en unité. Quils soient un ' ! Telle est la loi qui régit l'ère nouvelle; c'est l'ère du retour, l'ère de la rénovation; et pour employer un mot significatif, c'est l'ère de Yunification^ opposée à celle de la multiplication du premier âge. Quand j'aurai été élevé en haut, disait Jsus- Cluist, j'attirerai tout à moi. Et l'Apôtre publie que les choses anciennes sont passées; que tout a été renouvelé *.

La vérité de ces deux lois, fondée d'ailleurs sur la parole des Livres saints, se justifie par riiistoire. La prodigieuse multiplication et la dissémination rapide des habitants de la terre est le grand fait de l'antiquité ; toutes les données historiques le démontrent. La dispersion des peuples, la distinction des races, la diversité des langues, la divergence des cultes, des mœurs, des croyances; le morcellement des empires; les barrières étroites et l'étroit patriotisme qui s'interposaient entre les nations

* Gcnes., i, 28.— • Isai., X. — ' Sint unum! (Joan). — * II Cor., V, 17.

et les peuples; les institutions sociales, telles que la polygamie, la répudiation, la servitude des femmes, la gloire attachée à la paternité, à la fécondité: tout, en un mot, avait pour but de fractionner l'espèce humaine en favorisant sa propagation ; d'établir des lignes de démarcation entre les individus, les castes, les tribus, les familles, les états, les nations, les empires.

Le plan providentiel se montre d'une manière plus saillante encore dans l'établissement des enfants d'Israël. Ce peuple normal qui, à tous égards, devait servir d'exemple au reste des hommes, fut renfermé dans le s montagnes de la Judée où il vécut complètement isolé des autres peuples. Là, plus qu'ailleurs, on trouve des lois précises, impérieuses, dont l'objet est d'encourager, de forcer en quelque sorte l'extension des familles ; chez eux la vertu du célibat est inconnue ou réprouvée ; la paternité est un honneur, la stérilité un opprobre.

Il fallait avant que l'œuvre de la Rédemption et de la réédification de l'unité humaine pût s'opérer, que chaque peuple fût livré à luimême; qu'il épuisât, par le fractionnement de ses membres, sa force propre. Il fallait, avant que la greffe divine fût implantée dans la moelle du cèdre S que l'arbre humain déployât avec plénitude ses rameaux et ses branches multiples.

La main providentielle, comme l'illustre architecte de Tyr qui édifia le temple de Jérusalem, voulut préparer, et en quelque sorte façonnera part, les divers éléments qui durent entrer, à la suite des temps, dans la structure de l'édifice vivant et immortel. "

Quand, après quarante siècles, la préparation est achevée, le Verbe divin s'incarne dans le produit le plus pur des races humaines. Il naît d'une Vierge conçue sans péché; il est la racine d'une nouvelle humanité, le commencement de l'homme nouveau, le foyer sublime qui attire tout à lui. Alors le mouvement de dissémination s'arrête; la loi change; une révolution profonde et universelle s'opère sur la face du monde. « Ne considérez plus les choses anciennes, dit le prophète, car voici que tout va être renouvelé '. »

En effet, dès l'entrée de l'ère nouvelle, nous voyons les hommes de toutes nations et de toutes tribus se fondre ensemble, a Les Parthes,

^ Et sumam ego de medoila cedri sublimis, et pooam, etc. (Ezech., XVII, 22.)

* Ne memineritis prionim, et antiqua ne intueamini. Ecce ego facio nova, etc. (Isa!., xliii, 18, 19.) Ecce facta sunt 03inia nova. (II Cor., v, 17.)

INTRODUCTION

c les Hèdes, les Élamites, les peuples de la Héa sopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont a et l'Asie, la Phrygie, la Pampfiylie, TÉgypte, a la Lybie, les Romains, les Cretois, les Arabes, a tous entendent l'annonce des merveilles de a Dieu *. »

Quand on embrasse la diversité et la multitude des peuples que la parole apostolique appelle à l'unité, on pressent la réalisation des prophéties : « Le loup habitera avec l'agneau; a le léopard se couchera près du chevreau; le a veau, le lion et la brebis demeureront ena semble*». Tout tend à la fusion dans tous les ordres de choses. Des voies de communications qui vont aboutir à Rome s'ouvrent de toutes parts, et mettent en rapport des peuples jusqu'alors inconnus. Les hérauts de la parole divine sillonnent ces voies dans tous les sens ; et sous leurs pas, les murs de séparation tombent, les montagnes s'abaissent, les distinctions de tribus, de castes, d'étrangers, de barbares, d'esclaves, j'allais dire d'hommes et de femmes', disparaissent; puisque la réconciliation, l'union et la paix est annoncée à tous: a Jésus-Christ est mort pour tous, afin que ceux a qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, « mais pour Celui qui est mort et ressuscité « pour eux * » • Et partout où la loi nouvelle pénètre, les choses anciennes déclinent; les mœurs, les antiques usages, les coutumes séculaires, se transforment. Évidemment c'est une réaction foncière qui s'accomplit dans la vie de l'humanité.

Aussi les sociétés et leurs institutions subissent des modifications essentielles; la polygatilîe est réprouvée, le divorce aboli; la monogamie ennoblit le mariage et constitue la famille; la femme, affranchie, reprend sa dignité avec la liberté que l'Évangile lui présente; la chasteté purifie les mœurs; le célibat, embrassé par une multitude de chrétiens, devient la condition des vocations supérieures; la maternité est entourée d'honneur et de respect; et, au dessus de la maternité, plane une vertu augélique : la virginité, qui élève les âmes à la perfection du ciel. Tous ces faits attestent l'affaiblissement de la loi charnelle et le commencement du retour à l'unité de l'esprit.

Or, conunent le genre humain, fractionné à l'infini, peut-il redevenir un ? Comment les membres disséminés de ce grand corps seront-

* Act. aposl., II, 9, 10. — « Isai., ii, 6.

* Non est JudxuB neque Grsecus; non est servus neque liber; non est masculus neque femina. Omnes enim vos unum estis in Cbristo Jesu. (Galat., m, 28.)—^ U Cor., y, 15.

ils rétablis en une vivante unité ? Quel est le mystère de cette organisation nouvelle?

C'est la question qu'un naïf personnage adressa au divin Maître.

Jésus lui répondit: «Vous êtes docteur en^ « Israël, et vous ignorez ces choses? En vérité, a je vous le dis, si un homme ne renait de « l'eau et du Saint-Esprit, il ne peut entrer a dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de et la chair est chair, et ce qui est né de l'es- <i prit est esprit. Ck)mme donc Moïse éleva le a serpent dans le désert, il faut de même que le a Fils de l'homme soit élevé en haut, afin que « quiconque croit en lui ne périsse pas, mai^ a qu'il ait la vie éternelle * . »

Sans doute, les membres du vieil Adam ne sauraient physiquement se constituer en un seul corps, ni se réharmoniser synthétiquement selon la chair. Ce qui est sujet à vieillir se fane, se flétrit et tombe comme la fleur des champs; mais il y a dans l'homme quelque chose qui ne vieillit pas, parce que son âme est immortelle. C'est par l'âme, par l'esprit, par l'être radical de l'homme, et non point par ses formes et ses enveloppes extérieures, que la fusion universelle doit s'accomplir; c'est dans l'âme, dans le foyer central de l'humanité, que le germe divin a été implanté. La graine de sénevé, la plus petite des semences, devient un grand arbre à l'ombre duquel les oiseaux du ciel se rassemblent; ainsi se développe la semence de l'arbre de vie déposée dans l'homme. Jésus-Christ est descendu sur la terre pour remonter au ciel ; il s'élève commeune branche de grâce sur le tronc de l'humanité déchue, attirant à lui, pour les entrelacer ensemble, tous les rejetons d'Adam qui s'y rattachent par la foi, qui participent à sa sève, et s'unissent à sa vie.

L'antique ennemi de l'homme avait divisé pour régner : le Sauveur du monde règne pour unir. Adam, par sa chute, était tombé dans la multiplicité : le Christ, élevé sur la Croix, ramène la multiplicité à l'unité. Le genre humain s'était épuisé dans une postérité innombrable; sa force était brisée, son cœur vide : le Verbe divin y descend pour allumer un nouveau foyer de vie; il ranime tout le corps, réchauffe les membres languissants, guérit les plaies, et y verse un vin qui réjouit le cœur de l'homme; il restaure les organes, il fonde un admirable corps mystique dont les diverses parties sont liées et cimentées par son sang qui, de son cœur ouvert, jaillit et coule à tra-

i Joan., m.

vers les générations et les âges, jusqu'à la consommation des siècles ^

La nouvelle humanité, le genre humain régénéré, renouvelé, reconstitué en unité, hâ- 'tons-nous de le dire, c'est l'Église.

L'Église, selon la définition de l'Apôtre, est le corps de Jésus-Christ et la plénitude de Celui qui opère tout en tous; c'est le nouvel homme naissant et se développant au sein du vieil Adam ; c'est le genre humain se réorganisant dans une nouvelle harmonie.

Telle est l'idée de l'Église.

Il n'est pas possible de comprendre le sens de l'histoire ecclésiastique, si l'on n'envisage cette idée dans sa vivante réalisation. Il faut voir Jésus-Christ dans l'Église et l'Église dans Jésus-Christ, selon ses propres paroles: a Je « suis en vous, et vous êtes en moi '. Démence rez en moi, et moi en vous '. » 11 faut voir dans l'Église la continuation de la vie même de Jésus-Christ, le développement de son humanité, la plénitude du corps dont il est le chef et dont nous sommes les membres; car nous sommes tous, continue l'Apôtre, les os de ses os et la chair de sa chair *.

Alors s'expliquent les paroles de l'Évangile qui marquent la communauté de vie entre le Maître et les disciples, l'identité de leurs destinées, la solidarité de leurs actes, la communication de leurs souffrances, la participation à la même gloire. « Je vous envoie, dit Jésus- Christ, comme j'ai été envoyé... Je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux soient sanctifiés dans la vérité... Je ne prie pas pour eux seulement, mais encore pour ceux qui doivent croire en moi, afin qu'ils soient un tous ensemble, comme vous, mon Père, êtes en moi et moi en vous; qu'ils soient de même un en nous... Je leur ai communiqué la gloire que vous m'avez donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un... Je suis en eux et vous en moi, afin qu'ils soient consommés dans l'unité, et que le monde sache que vous m'avez envoyé et que vous les aimez comme vous m'avez aimé... Mon Père, je désire que là où je suis, là soient aussi ceux que vous m'avez donnés... Je leur ai fait connaître votre nom, et je le leur ferai connaître encore, afin qu'ils aient en eux le même amour dont vous m'avez aimé, et que je sois moi-même en eux *.»

Ainsi se propage et se perpétue dans l'Église

* Eph., V, 16.

* Vos m me, et ego in vobis. fJoan., xiv, 20.) » Manetc in me, et ego in vobis. (/i., xv, 4.)

* Ad Ep., m. — * Joan., xxvii.

catholique la vie de Jésus-Christ. Les disciples reproduisent le Maître; ils opèrent son œuvre; ils parlent sa parole, manifestent sa vertu, et exercent sa puissance. De là les merveilles des saints: Jésus-Christ vit en eux.

L'histoire de l'Église, partant de ce point de vue élevé, présenterait le développement vivant, progressif, analytique, pour ainsi dire, de l'humanité régénérée : on la verrait croître et grandir à travers le temps et l'espace, en grâce et en sagesse, en âge et en force, en lumière et en sainteté, sous les mêmes conditions que chaque homme; à la seule différence que ce qui se fait pour l'individu avec des années, se fait pour l'humanité avec des siècles. A chaque âge, à chaque phase de la vie humanitaire, on verrait poindre des facultés propres à cet âge et les besoins qui y correspondent ; à chaque degré de maturité, on constaterait des progrès nouveaux avec de nouvelles grâces; en un mot, on verrait les nations et les peuples, à mesure que l'Église les embrasse dans son sein et £e les incorpore, passer par les divers âges de l'enfance, de l'adolescence, de la jeunesse, de la maturité, et concourir tous à l'édification de la grande unité humaine qui s'élabore en ce monde et se consomme au ciel.

Cette unité, encore une fois, est l'idée qui domine l'Église : elle est dans son esprit, dans ses dogmes, dans sa morale, dans sa discipline, dans son culte, dans sa hiérarchie, dans sa liturgie; elle est la loi principale, essentielle, qui règle son activité; elle est le but final de sa tendance, le terme de son développement. Jésus-Christ devait mourir, non -seulement pour la nation-, dit saint Jean, mais pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés*: l'œuvre du christianisme est une œuvre d'union, et tout concourt à l'accomplissement de cette œuvre divine, les [)rogrès et les conquêtes, aussi bien que les défaites et les révolutions.

« L'Église, dit saint Augustin, ne se développe pas seulement depuis Jésus-Christ et les apôtres, mais depuis Abel, le premier juste égorgé par son frère; et elle poursuit sa carrière au milieu des persécutions du monde et des consolations de Dieu, tout devant contribuer à son avantage*. »

En effet, les persécutions, l'hérésie, le schisme, les défections, les humiliations, les boulo versements, loin de nuire à son unité, la puri» fient; car, ajoute le même docteur, les ennemis de l'Église, quelque erreur (jui les aveugle ou quelque passion qui les anime, perfectionneul

» Joan., XI. — « Dtf Civit. Dei, lib. XVUf, cap. u.

INTRODUCTION

sa patience, sa sagesse, et font surabonder sa charité.

De même que la tentation éprouve chaque fidèle, de même la persécution épure TÉglise. Ce que la main du jardinier fait pour chaque arbre, la tempête le fait souvent pour tous les arbres de la forêt ; tous s'agitent, tous s'ébranlent; mais tandis que les uns se brisent et tombent, les autres, dégagés des bois arides, s'affermissent sur leur tronc et reverdissent, quand la saison est venue, avec plus de grâce et de vigueur.

Les grandes épreuves de l'Église, quelle que soit la diversité de leurs caractères, peuvent être assimilées à celle que subit chaque chrétien dans son corps, dans son esprit et dans son âme. Elles correspondent aux trois concupiscences dont parle l'Apôtre : la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et l'orgueil de la vie *.

La première, selon l'expression de l'Ecriture, se fait un dieu du ventre ; et de là, la corruption des mœurs qui amène l'indifférence. Tincrédulité, l'infidélité, les schismes. La seconde se forge un dieu dans son esprit propre ; d'où proviennent la corruption de la foi, l'impiété, l'hérésie. La troisième concupiscence, l'orgueil, renie Dieu; d'où résulte l'athéisme, qui proclame que Dieu n'est rien ; ou le panthéisme, qui déclare que tout est Dieu.

La concupiscence charnelle attire infailliblement les tribulations de la chair avec leurs suites funestes. Quoiqu'on en dise, les grandes maladies et les grandes misères, les dévastations physiques comme les catastrophes sociales, apparaissent toujours à la suite de la perversité des mœurs, et en sont à la fois les conséquences et le châtiment. Rome tomba, selon la remarque de Montesquieu, quand Tépicurisme commença à s'y introduire ; et l'histoire atteste que, partout et toujours, la chute des trônes et des empires a été précédée par le luxe, la mollesse, l'immoralité des peuples; que les bouleversements politiques ont toujours été préparés par la soif des richesses, par le délire de Tambition, par l'enivrement des plaisirs, par les désordres des passions sensuelles. Non point que ces désastres soient des châtiments arbitraires dont Dieu frappe les hommes: ce sont des maux inévitables, nécessaires; ils arrivent d'après les mêmes lois qui font éclater les orages, quand les nuages s'amoncellent dans l'atmosphère. Or ces maux portent en eux-mêmes leur remède : l'atmo-

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