Hais, disent-ils, la cause était grave et la
nécessité pressante. Il fallait donc chercher quelqu'un qui fût propre à discuter de grandes affaires. Si l'on s'imagine que j'en sois capable, pour moi non-seulement je crois le contraire, mais j'en suis sûr. D'ailleurs, que ces affaires auxquelles on me presse ainsi de me rendre, soient importantes ou non, je n'ai pas raison de le faire. Car, je vous le demande, ces af-' faires dont vous voulez charger votre ami, en troublant un silence qui lui est cher, sont fa-' ciles ou difficiles ? si elles sont faciles, elles peuvent se faire sans moi ; si elles sont difficiles, elles ne peuvent se faire par moi, à moins que par hasard vous ne m'estimiez au point de me' réserver ce qu'il y a d'important et d'impossible, comme si je pouvais faire ce que nul autre ne peut. Que s'il en est ainsi. Seigneur mon Dieu, comment auis-je le seul dont votre sagesse se soit privée, en mettant sous le boisseau la lumière qui pouvait briller sur le chandelier; ou, pour parler plus clairement, en dsssyànt de faire de moi un moine, et en voulant cacher dans votre tabernacle, pendant les mau-, vais jours, un homme tout à fait nécessaire au monde et sans qui les évéques ne peuvent régler leurs affaires* Mes amis m'ont amené* à ne paraître écrire qu'avec humeur à un homme dont je ne me souviens jamais d'ordinaire qu'avec un cœur joyeux et serein. Cependant je vous le dis, mon Père, sachez que je ne suis pas troublé, et que je suis prêt à suivre vos ordres. C'est à votre indulgence à m'épargner, quand vous aurez vu qu'il faut le faire.