‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 90 sur 319 · LETTRE XXVII · texte numérisé non relu

LETTRE XXVII

(Écrite yers Tan 1135.) A ABBUTION , ÉLU ÉVÊQUE DE GENÈVE

n rengage à attribuer son élection à la miséricorde divine et à s'appliquer à correspondre exactement à la grâce.

Nous avons appris avec quelle unanimité de la part du clergé et du peuple, votre élection s'est faite, et nous croyons qu'elle vient de Dieu. Nous en rendons grâce à sa bonté, nous ne dirons pas à vos mérites, pour ne pas vous flatter plus qu'il ne convient. S'il en a agi ainsi avec vous, ce n'est point à cause des œuvres de justice que vous avez faites, mais à cause de sa miséricorde. Vous en jugeriez autrement, ce qu'à Dieu ne plaise ! que votre élévation tournerait à votre perte. Hais si vous reconnaissez la grâce, veillez à ne pas l'avoir reçue

* Ps. cxix,7.

en vain. Au reste, sanctifiez vos voies, vos désirs et votre ministère ; si la sainteté de votre vie ne Fa pas précédé, qu'au moins elle le suive. Alors nous confesserons que vous avez été véritablement prévenu par de douces bénédictions, et ces biens nous donneront pour vous l'espérance de biens plus grands. Nous serons transportés de joie et d'allégresse, de ce qu'un serviteur prudent et fidèle ait été constitué sur la maison du Seigneur, pour devenir ensuite un fils heureux et puissant que le père établira sur tous ses biens. Si au contraire vous prenez plus de plaisir à être élevé qu'à être bon, nous attendons pour vous, non la récompense, mais le précipice. Nous prions et nous formons des vœux pour que cela n'arrive pas; nous sommes prêt, s'il en est besoin, à vous tendre les mains selon notre faible pouvoir, et à vous aider à faire ce qui est le plus avantageux et le plus convenable.

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