‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 92 sur 319 · LETTRE XXIX · texte numérisé non relu

LETTRE XXIX

(Écrite Yen Tan 1126.) A ÈTIENI9B, ÉVÊQUB DE METZ *.

n le félicite de ce que la paix ait été rendue k TËglise, et il dit qu*il ne feut attribuer cela qu'à la bonté de Dieu.

A Etienne^ par la grâce de Dieu^ vaillant ministre de réglise de Metz^ ses humbles frères dans le Christ, qui sont à Glairvaux : le salut et la prière.

Depuis le temps éloigné où vous avez daigné, s'il vous en souvient, entrer en union fraternelle avec nous, et vous recommander humblement à nos prières, nous avons toujours eu la sollicitude, comme nous le devions, de nous informer de votre état, et nous avons pris soin de demander souvent de vos nouvelles à qui

^ Bonnemont et Haute-Combe étaient deux filles de Clteaoz, fondées, la première, en 1131, et la seconde en 1133.

* Adalberon, quatrième de ce nom, ayant été chassé du siège de Metz en 1120, Etienne fut misa sa place. Il vécut jusqu^en 1163. Saint Bernard se plaint beaucoup de lui. Y. let. 177 et 178. V. encore Spicilége, tome xii, p. 318 et sk*^.

nous pouiâons. Nous n'avons cessé de prier et de former des vœux pour que vous réussissiez dans l'œuvre de Dieu, à laquelle vous aviez été appelé, et pour que vos pas suivissent la voie de ses commandements. Dieu soit donc béni de n'avoir pas rejeté notre prière, ni retiré de vous sa miséricorde ; car il nous a comblés de joie par ce vénérable frère Guillaume ; nous n'en croirions pas plus nos yeux, que nous n'avons cru les paroles de ce dernier sur votre bonheur, sur votre prospérité, et sur la paix par vous rendue à l'Eglise. Nous vous en félicitons; mais nous en reportons la gloire à Dieu, car nous savons que ce que vous êtes et ce que vous pouvez vient de lui, et non pas de vous. Nous vous engageons amicalement à avoir toujours, en vous-même, un pareil sentiment, de crainte que si vous pensiez autrement et si, ce qu'à Dieu ne plaise, vous attribuiez quelque chose de cela à vos mérites ou à vos forces, vous n'en vinssiez à n'être plus rien, et à ne plus rien pouvoir. Alors, il y aurait à redouter que votre paix ne fût changée en trouble, et votre prospérité en malheur, selon le juste jugement de Celui qui a coutume de donner sa grâce aux humbles, et de résister aux superbes. On lit, en effet, dans le psaume % qu'il n'est pas uniquement saint avec les saints, mais encore méchant avec les méchants; et le Prophète le représente *, nonseulement comme faisant la paix, mais comme créant les maux.

Page 1