‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 93 sur 319 · LETTRE XXX · texte numérisé non relu

LETTRE XXX

(Écrite vers l'an 1126.)

A ALBEHON , PRIHIGIEB DE METZ '•

Il avertit Alberon que TafiDiire dont celui-ci pressait Taccomplissemeut s*acbèverait quand il plairait k Dieu ; pour lui il recherche moins le don que ses fruits.

A rhonorable Alberon, par la grâce de Dieu primicier de l'église de Metz, les frères qui, à Glairvaux, servent Dieu comme ils le peuvent : le salut et la prière.

Nous avions autrefois entendu parler, et nous avons été les témoins de votre fidèle sollicitude

* Ps. XVII, 26- — • Isaîe, XLV, 7.

> Il y eut à cette époque à Metz trois personnages du nom d' Alberon qui possédèrent successivement le titre de phmicier. On pense que celai à qui cette lettre s'adressait était le second

pour les choses de Dieu ; mais maintenant nous en ressentons nous-mêmes les effets par expérience. Au reste, quoique nous ayons votre bon vouloir, et que Tévêque lui-même ait donné son consentement formel, touchant l'affaire que les frères envoyés par nous, sur votre conseil, lui ont proposée, nous préférons attendre. Comme il est nécessaire, avant tout et pardessus tout, de consulter et de garder la volonté de Dieu en toutes choses, et spécialement dans celles qui le concernent, nous avons pensé, afin de savoir avec plus de certitude ce qu'il préfère là-dessus, qu'il fallait nécessairement, non pas renoncera la convention arrêtée entre l'évêque et les moines, mais la différer jusqu'après la moisson, autant pour la convenance de cette éqoque, que pour votre propre commodité. Car c'est vous qui, par vos soins, avez réglé comment cette affaire devait être arrangée, qui avez conseillé de la terminer promptement, qui avez aidé à le faire avec honneur.Que si l'évêque persiste dans les mêmes intentions, et que cela vous plaise encore comme aujourd'hui, nous pourrons, en toute assurance, supposer que telle est la volonté de Dieu, et nous espérons par là mieux répondre à vos bonnes dispositions à tous, en nous conformant aux arrangements pris. Car nous croyons qu'il est agréable à Dieu que nous tâchions, autant que possible, de n'être à charge à personne, afin que, dans cette affaire, nous ne paraissions pas rechercher, et loin de nous cette pensée, le don plutôt que ses fruits. Nous ne devons donc point, tandis que vous êtes embarrassé dans des occupations plus considérables et plus pressantes, vous importuner et vous fatiguer davantage à ce sujet, puisque cela n'est pas nécessaire; nous savons que cet empressement ne serait pas agréable à Dieu, et il n'est pas dans nos habitudes.

qui devint archevêque de Trêves Tan 1132. Il fut, en effet, très lié avec saint Bernard qui écrivit pour lui plusieurs lettres au Pape Innocent et à la cour de Rome. Il s'agit dans cette lettre de la fondation d'un monastère projeté par révéque Etienne de Metz sur les instances d'Albéron. (^e monastère est un monastère de religieuses établi par saint Bernard, vers Tan 1130, duns une maison qui lui fut donnée par l'évêque et qui porta le nom de Gairvaux, ou le monastère de Beaupré près de Lunéviile, fondé par Folmar comte de Metz pour y établir des Cisterciens, fondation que confirma l'évêque Etienne. Quant au nom de Primicier, il n'exprimait pas une dignité spéciale, mais le premier rang dans une dignité quelconque. Il désigne ici le premier des chanoines de l'église de Saint-Étienne, lequel avait pour prérogative de porter une croix sur la poitrine, d'avoir des vêtements de pourpre, et d'occuper la prcm.ère place au chœur et au chapitre.

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