LETTRE XXXVI
(Ecrite Tan 1128.) AV MÊME.
Il répond k la lettre de Hugues et il l'engage à ne plus combattre Topinioa d*un évë^ue alors décédé.
A Hugues, saint abbé par la grâce divine, et, à présent comme autrefois, son bien-aimé, le frère Bernard de Clairvaux : les sentiments d*une affection sincère et inaltérable.
Je devais et je voulais répondre tout au long à la lettre que vous avez daigné m'écrire et qui, plus courte que je n'aurais désiré, est encore plus longue queje ne mérite; mais le courrier, pressé de partir, ne l'a pas permis. Cependant, afin qu'il ne s*cn retournât pas tout à fait les mains vides, au lieu de cette grande lettre que je reconnais vous devoir, je lui ai remis trèsrapidement ce peu de mots qu'il a eu encore de la peine à attendre. Je vous déclare d'abord brièvement et en toute sincérité au nom de votre vieille amitié pour nous et de la nôtre pour vous, que, du fond même des entrailles de la charité, je vous tiens pour catholique, je vous vénère comme un saint, je vous embrasse comme un ami très-cher. Je crois à l'intégrité de votre foi, sur votre propre déclaration ; à votre sainteté, sur l'opinion publique et la renommée; à l'affection dont je proteste que je suis animé pour vous, sur ma propre conscience. En ce qui concerne cette opinion qui, à bon droit, comme il me semblait, avait donné un scrupule à ma simplicité, j'apprends avec plaisir ce que vous me dites que vous l'avez oubliée, et je n'ai pas moins de joie à lire dans votre dernière lettre une déclaration qui est très-explicite et de la plus pure vérité ; aussi je croirais presque queje n'ai pas bien compris