RÉPONSE DE SAINT BERNARD A L'ABBÉ GUILLAUME
Saint Benurd lone le petit écrit fait par Tabbé Guillaume contre Abeilard, et promet d'en conférer, après Pâques, avec Guillaume.
A son très-cher Guillaume, le frère Bernard.
Votre émotion me paraît avoir été légitime et nécessaire; et elle ne demeure pas inactive, comme le montre l'écrit par lequel vous fermez et vous écrasez la bouche de ceux qui profèrent l'iniquité. Ce n'est pas que je Taie lu encore avec autant d'attention que vous Texigez ; mais, d'après ce que j'ai pu voir en le parcourant, il me plaît, je l'avoue, et je le crois capable de renverser ce dogme impie. Mais comme je n'ai pas l'habitude, surtout dans des matières aussi graves, de me fler beaucoup à mon propre jugement, ainsi (]ue vous le savez très-bien, je crois que cela vaut la peine, surtout en raison des circonstances, que nous nous trouvions ensemble quelque part, et que nous conférions de tout cela. Cependant je ne pense pas que cela [)uisse se faire avant Pâques,
pour ne pas arrêter Tesprit de prière qu'exige de nous le temps où nous sommes. Soyez indulgent pour le silence et la patience dans lesquels je me suis renfenné à cet égard ; j'ai gnioié jusqu'ici presque tout. Au reste, Dieu peut, grâce à vos prières, me donner une bonne inspiration pour faire ce que tous me conseillez. Adieu.