‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 11 sur 385 · LETTRE CCCXXVIII · texte numérisé non relu

LETTRE CCCXXVIII

(Ëerikê ven l'in 1140.

AU PONtIFB B0HA1N.

Contre rélection de l'étèqne de Rodex *.

lusqu'à présent, cédant aux prières de nos amis, nous tous aTons écrit à temps et à contre-temps, mais aujourd'hui, quand même nous Tondrions garder le silence, la religion chrétienne nous le défend. Maudit soU^ dit le Prophète, celui gui empêche son épée de verset^ le sang *. Chaque jour la malice fait des progrès, les désirs des méchants réussissent, personne ne s'élèTC coqtre eux et ne s'oppose comme un mur pour défendre la maison d'Israël. Voici même que, de Totre temps, des hommes corrompus qui ont fait un pacte aTcc la mort et une alliance aTec l'enfer, essayent des pieds et des mains d'entrer dans le Saint des saints. Pourquoi cette patience? Les clercs de Rodez * ont élu un homme complaisant pour leurs Tices, et ils n'ont pas rougi, dit-on, de couTrir, même sous tos yeux, la Térhé du mensonge, relatiTcment au candidat élu et aux circonstances de l'élection. Ce prélat choisi, non par Dieu, mais par les hommes, a de nombreux témoins de son infamie, et aucun de sa couTer* sion ; pour tout dire eu un mot, il est plus honnête de se taire sur lui que d'en parler. A Dieu ne plaise que de votre temps, on ne voie ce spectacle monstrueux d'un homme élevé à la garde des fimes, tandis qu'il estime pour rien le sang du Christ répandu, et le prix de sa propre rédemption I Pourquoi ont-ils astucieusement glissé dans leur défense quelques mots sur l'injustice et la persécution qu'ils souffrent

< Cette lettre était adressée par saint Bernard, soit au pape loDOcent, soit au pape Eugène, contre Tévèque élu à Rodez, pour sQceéder à l'évéque Adhémar. On ignore le nom de ce penôiinage. Dans la lettre 240, saint Bernard félicite Eugène 4e ce que eette aflkire ait été terminée^ sans doate par la déposition du prélat indigne.

* Jérém. XLVii], 10.

> Le texte porte « Rutilenses ». Il font lire sans doute «Ruteneoses, de Rodez ». Rutile était un monastère, situé dans le diocèse de Trèves« et (pu eBt tout à lUt étiinger an sujet de notre lettre.

dans leur appel, afin de disposer par là en leur faveur la Cour romaine ? N'écoutez pas ces paroles mensongères, car, d'après la relation de personnes véridiques, nulle persécution n'a suivi l'appel, parce qu'aucun appel n'a eu lieu ; c'est pourquoi, il faut que ce qui a été fait par Uévêque sur le conseil de personnes religieuses, reçoive conûrmation de votre haute et puissante autorité. Nous désirons de plus en plus vous recommander l'archevêque lui-même * ; nous ne voudrions ni vous prier pour lui, ni être exaucé, s'il n'honorait pas son mmistère.

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