‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 100 sur 385 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

IL FAIT YOIR, PAR l'eXEHPLB DE lÉSCS-GHRIST, Q^'OV DOIT CHATIER SÉVÈREMENT LES AVOCATS ET LES PROCUREURS QUI CHERCHENT A S'ENRI- CHIR PAR l'injustice.

14. Si VOUS êtes le disciple de Jésus-Christ, que votre zèle s'enflamme, que votre autorité s'élève fortement contre cette audace effrénée, contre cette peste publique. Voyez le Maître vous donner l'exemple; écoutez-le qui vous dit : Quiconque est mon ministre^ quil me suive ^, Il ne prête pas, lui, l'oreille pour entendre ; mais il s'arme du fouet pour frapper. De longs discours, il n'en prononce ni n'en écoute : car il ne s'assied pas en juge, mais il poursuit en vengeur. Toutefois, il ne cache point le sujet de ses vengeances : c'est qu'on avait fait de la maison de prière une maison de trafic.

Vous donc aussi, faites comme le Maître. Qu'ils rougissent à votre aspect, tous ces indignes traflcants, s'ils peuvent encore rougir; s'ils ne le peuvent plus, qu'ils tremblent : car vous aussi, vous avez le fouet en main. Oui, qu'ils tremblent, tous ces hommes d'argent;

1 Jean, xil, 26.

que cet or qu'ils possèdent, loin de les rassurer, soit pour eux un sujet d'alarmes; qu'ils s'efforcent de le cacher à vos yeux, sachant que vous êtes plus disposé à le jeter au vent qu'à le recevoir.

En vous appliquant constamment à tenir cette conduite, vous ferez rentrer nombre de gens dans le devoir. En obligeant ceux qui poursuivent d'infâmes gains à exercer des emplois plus honnêtes, vous ôterez à beaucoup d'autres jusqu'à la pensée de les imiter. Ajoutez encore ceci, qui ne contribuera pas peu à vous procurer ces loisirs dont je vous montre l'avantage : c'est-à-dire, que vous vous ménagerez bien des moments pour la considération, en refusant, comme je l'ai dit, d'entendre certaines affaires, en déléguant des juges pour en terminer d'autres, et en renfermant dans de justes et convenables limites la prompte expédition de celles que vous aurez cru dignes d'être portées a votre tribunal.

Quant à la considération elle-même, j'ai bien le projet d'ajouter quelque chose à ce que j'en ai dit jusqu'à présent; mais ce sera dans un autre livre. Il est temps de finir celui-ci, pour ne pas vous fatiguer doublement par le peu d'agrément de la matière et par la longueur de mes discours.

fin du PREMIER LIVRE.

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