‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 114 sur 385 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

IL EXHORTE LE SOUVERAIN PONTIFE À ÉVITER l'OISI- VETÉ ET LES ENTRETIENS INUTILES.

22. Quoique le Sage nous propose avec raison pour modèle les sages loisirs de Fhomme studieux*, on doit, au sein du loisir même, se défier du loisir. Il faut donc fuir l'oisiveté, cette mère des amusements futiles, cette marâtre des vertus. Entre gens du monde, les propos frivoles ne sont que propos frivoles ; dans la bouche d'un prêtre, ce seraient des blasphèmes. Si quelquefois pourtant il arrive qu'on en débite devant lui, il devra les supporter peutêtre , mais jamais y répliquer par d'autres. Il faut plutôt, à l'aide d'un adroit détour, interrompre sans affectation le cours de la plaisanterie. Rien de mieux, par exemple, que de

* Eccli.y XXXVIII, 25.

faire tomber tout à coup le discours surquelque sujet sérieux, que chacun puisse entendre, non-seulement avec fruit, mais avec assez d'intérêt pour laisser là les bagatelles.

Vous avez consacré votre bouche à l'Évaagile: l'ouvrir à de pareils discours- serait désormais une Taute ; en prendre l'habitude serait un sacrilège. Les lèvres du prêtre ^ dît le Prophète, seront les dépositaires de la science ; c'est de sa bouche que les peuples réclameront la loi \ et non, apparemment, des futilités ou des fables. Ces mots plaisants, que le monde qualifie de spirituels et d'aimables, il ne suffit pas de les interdire à votre bouche ; il faut encore les éloigner de votre oreille. Il vous siérait mal de rire aux éclats, plus mal d'y exciter les autres. Enfin, pour ce qui est de médire ou d'écouter les médisants, j'aurais de la peine à décider lequel des deux est le plus condamnable

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