LIVRE TROISIÈME
€e troisi^e livre, où le saint Docteur explique la seconde partie de la Considération^ ou plutôt son second objet, savoir, ce qui est audessous de noti5, est un traité complet de disdplioe ecclésiastique ; il se «compose de cinq chapitres, dont les trois dernier» surtout ne sauraient être trop médités pour notre instruction. » , \ . .•.\ V ■ '. ^
Qu'est-ce qui est au'-dessous 4u souverain Pontife? C'est toute l'Église, e'est tout l'univers. Ainsi le voit saint Bernard. Et pourquoi ne le verrions-nous pas de mâme? La distinction 4e primauté d'honneur^ ifuaginée, dans des temps difficiles, pour; conserver le lien i de l'unité, ne s'est-elle pas évanouie devant la 'résurrection de notre belle Église de France |)ar le seul acte de la suprême juridiction du souverain Pontife? Au surplus, je le répète, ainsi le voit saint Bernard ; et rien n'est grand comme le tableau qu'il fait de cette souveraine puissance, qui, sous la main de Dieu, immédiatement après Jésus-Christ, préside aux destinées du monde, et veille, comme une autre Providence, aux besoins et au salut des peuples. C'est le sujet du premier chapitre, où le saint Docteur traite des droits et des devoirsdu Chef de l'Église universelle.
Dans le second, qui est une sorte de corollaire du premier, puisqu'il s'agit des appels faits au Saint-Siège apostolique, il se plaint des abus innombrables qui avaient lieu alors, soit pour des matières de juridiction, soit pour des matières purement bénéficiâtes; et il indique la marche a suivre, dans ces sortes d'appels, pour corriger ces abus et en prévenir le retour.
Dans le troisième, il parle directement (et avec quelledignilé l)dela fin de l'épiscopat, ou du sacerdoce. C'est un morceau d'une rare
éloquence, contre les vues humaines que pourrait avoir un pasteur, ou plutôt, pour parler comme nos saints docteurs, Un mercenaire, dans l'exercice de son ministère tout divin. 11 est sûr que, de même quel'amour de Dieuet<les hommes est le fondement du sacerdoce de Jésus-Christ, de même aussi il en est la fin ; et tout est renfermé dans ces paroles de Jésus-Christ à saint Pierre : Simon Joannis^ diUgis mèfé.., Pasce agnoê meos^,»,'Pasce ovis meas^.Hon^i CB n'^ P^s pour» nous, niais pour les: peuples, que, prêtres^ ^ndus sommes prêtres ; que, pasteurs, nous somities pasteurs. Tel est le fond de ce troisième obapilfe, où le sàîfit Docteur dit un mot, en passant, sur la honte de l'avarice, et loue avec délicatesse le désintéressement et la charité Hu pape Eugène. Dans le quatrième, c'est de pure discipline qu'il s'occupe. Mais comment le fait-il? il re^lève et anime, en quelque sorte, toutes ces matières d'ordres, de degrés, de rdngs, de droits, de titres, par la plus* vive> et là plus riche éloquence. U est vrai qu'if n'y a rien au monde de plus admirable que la belle consti^ tution de l'Église de Jésus^hrist (• et T'On est bien forcé de reconnaître qu'elle n'est pas Fotrvrage de la ^main des hommes, mais plutôt l'œuvre de Dieu. Quelles sont belles ^ tes tentes, ô Israël*/ Qu'ils sont aimables^ vos tàèernacles\ ô Dieu des vertus !/..c..i Quant au fpnd, le.saint Docteur exige (et c'est l'ordre i^Texige] que chacun soit respecté dans son droit^^ dans se^ fonctions; et, à cette ocCiaSidn, il fait là leçon au souverain Pontife avec une telle «indéfimiH dance, avec uneteUe liberté, que* chacun j sans doute, la jugera comme nous, non-seu* lement sévère, mais presque trop hardie. C'est que les cœurs purs ne connaissent que la vé-
^ Jean, xxi, 16 et 16.— *Nomb., ixiv, 5.— * Ps lxxxiii,8.
DE LA CONSIDÉRATION. — LIVRE TROISIÈBIE
rite : ils sayent la dire ; ils savent aussi Tentendre.
Dans le cinquième chapitre, enfin, il revient aux droits et aux devoirs du souverain Pontife ; et il montre comment le Pape doit exercer sa vigilance sur tout le corps épîscopal et sacerdotal, en ce qui touche le respect et l'observation des saintes règles.
Quel fruit spirituel devrons-nous retirer de la lecture de ce troisième livre ? — ^ Pour un prêtre, il est tout naturel : ce sera un saint respect, un amour de foi pour l'autorité d'abord (car l'autorité, c est Dieu même), et ensuite les mêmes sentiments pour toutes les règles ecclésiastiques, qui, en tant que données par l'autorité, doivent être pour nous l'expression de la volonté de Dieu.