‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 122 sur 385 · FIN DU LIVRE TROISIÈMB · texte numérisé non relu

FIN DU LIVRE TROISIÈMB

LÏYRE QUATRIÈME

Ce quatrième livre renferme la troisième partie de la Considétation^ comme le troisième en a contenu la seconde, et le second la première ; et le cinquième en contiendra la quatrième et dernière, c'est-à-dire le complément. Admirons ici de nouveau un plan si simple, si juste et si profoncl. Ce cadre, de médiocre étendue, embrasse sans confusion une incroyable variété d'objets. Il prête, en efTet, à tous les détails ; et rien n'écbappe à notre saint Docteur. On se rappelle comment il a développé làconsidératicnàe soi-même, c'est-à-dire, ce jue nous sommes, qui nous sommes, quels nous sommes ; comment il a exposé ce qui est audessous de nous, c'est-à-dire, pour son sujet, ce qui est au-dessous du souverain Pontife; et l'on a encore présents les magnifiques tableaux que lui a fournis une donnée si simple et si vulgaire en apparence. Dans cette seconde partie, il s'est montré à la fois jurisconsulte, politique, homme d'État ; dans la troisième, il l'est encore, en entretenant le Saint-Père de tout ce qui entoure sa personne; et, de piusi^ descendant des hauteurs de son génie jusqu'aux plus modestes détails, il se montre et parfait économe, et bon père de famille, et chef de maison accompli. Cependant il verse à pleines mains l'utile et l'agréable; et, osons le dire, Horace l'aurait avoué comme son écrivain qui est sûr de tous les suffrages :

Omnt iulit punetum qui miscuit utile duiâ.

En effet, il sait être aimable et gracieux., tandis que son sujet est par lui-même sec et aride ; il trouve le moyen de répandre de l'agrément et de l'intérêt sur ce qui en parait le moins susceptible; et, en donnant des leçons positives d'administration, des avis, des conseils pleins de prévoyance et de sagesse, il «'élève, par intervalles, à la plus sublime élo-

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quence. Rien n'est riche comme son abondance, quand il décrit les qualités et les vertus qui doivent orner les prélats ou les conseillers du souverain Pontife. Mais il est temps de résumer ce livre dans son ensemble et dans ses divisions.

Il se compose de sept chapitres. La marche du saint Docteur s'y fait remarquer par beaucoup d'ordre et de lucidité : on n'a besoin que d'un peu d'attention pour lé suivre ; et en le suivant, on ne peut que le goûter et l'admirer.

Le premier chapitre est toutsimplement une introduction générale à la troisième partie de lai Considération. Mais cette introduction esta la fois précise, complète et attachante: on peut dire qu'il y a déjà tout exposé, tout fait sentir.

Dans le second chapitre, il fait un tableau peu flatteur des mœurs du clergé et du peuple de Rome à cette époque. Mais, s'il avertit le souverain Pontife de ses devoirs, afin. qu'il corrige les désordres, qu'il fasse cesser les scandales , il tranquillise aussi sa conscience par cette parole de l'Apôtre, sur laquelle il appuie d'une manière remarquable : PluslaboraviK Saint Paul n'a pas dit : Plus pro/ui. Courage donc aux ouvriers qui cultivent le champ du divin Maître 1 Si leur travail n'obtient point de succès, qu'ils travaillent encore, qu'ils travaillent toujours, sans jamais perdre l'espérance I C'est le travail que Dieu leur demande, c'est le travail que Dieu récompensera. Le succès, c'est la part de Dieu : Incrementum dat Deus '.

Le troisième chapitre n'est qu'un développement et une suite du second ; mais il est riche de pensées et plein de mouvements qui captivent et entraînent.

1 ICor., XV, 10. — La Yulgaie porte : Abundantius la-' boravi.

> 11 Cor., III, 7.

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DE LA CONSIDÉRATION. — LIVRE QUATRIÈME

Dans le quatrième, où le saint Docteur se borne à donner des conseils sur le choix des hommes pour l'administration, pour le gouvernement, on ne sait ce qu'on doit admirer le plus, du philosophe, de l'homme d'État ou de l'orateur: tout y est bon, solide et beau. C'est dans ce chapitre que saint Bernard applique au mérite modeste qui fuit les emplois relevés le Compelle intrarede l'Évangile.

Le cinquième, qui n'est que la preuve d'exemples, est on ne peut plus intéressant par le naturel, l'abandon, la grâce et l'aimable simplicité. Mais, en même temps, l'application que le saint Docteur fait de ces exemples, en les opposant sans affectation à la conduite des prélats romains , peut nous fournir un excellent modèle de précautions oratoires.

C'est dans le sixième chapitre que saint Bernard se montre habile économe, père de famille vigilant et chef de maison accompli. On demeure étonné quand on voit comment son génie, si élevé en dominant l'ensemble, saisit à la fois et avec la même clarté, le même ordre, le même intérêt, jusqu'aux détails les plus minutieux.

Le septième chapitre n'est qu'un résumé. Mais, en homme habile, notre saint Docteur y retrace avec précision, noblesse et majesté, tous les devoirs, toutes les qualités, toutes les vertus d'un souverain Pontife.

Pour nous assurer le fruit spirituel de cette lecture, nous suivrons l'exemple que nous donne ici l'éloquent Docteur : nous graverons, nous aussi, au fond de notre cœur, les vertus qui font la gloire du sacerdoce ; et, comme il l'a dit autre part, nous n'oublierons point qu'en un sens nous sommes sur la même ligne que le souverain Pontife lui-même. Seulement, il est le premier ministre de Jésus-Christ ; oui, le premier, mais non le seul : car nous le sommes avec lui.

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