CHAPITRE VIL
ÉPILO«UB OU RÉCAPITULATION DE CE QÙ'lL A DIT PRÉGÉDEIIMENT , SUR LES PRINCIPALES QUALITÉS NÉCESSAIRES A UN SOUVERAIN PONTIFE.
23. Je pense qu'il est temps de clore ce livre. Mais, en le finissant, j'éprouve le besoin ou de répéter par forme d'épilogue quelques-unes des choses que j'ai dites, ou d'en ajouter que j'ai omises.
Considérez par-dessus tout, que la sainte Église Romaine, à la tête de laquelle Dieu vous a placé , est la mère des autres Églises, et non pas leur dominatrice ; que vous-même, vous n'êtes point le dominateur des autres évêques, mais uniquement l'un d'entre eux ; par conséquent, le frère de ceux qui aiment Dieu et l'égal de ,ceux qui le craignent. C'est peu : considérez encore qu'il faut que vous soyez le type de la justice, le miroir de la sainteté, le modèle de la piété, l'organe de la vérité, le défenseur de la foi , le docteur des nations , le guide des chrétiens, l'ami de l'Époux, le paranymphe de l'Épouse, le régulateur du clergé, le pasteur des peuples, le précepteur des ignorants, le refuge des opprimés, l'avocat des pauvres, l'espoir des malheureux, le défenseur
Ses orphelins, le protecteur des veuves, l'œil es aveugles , la langue des muets, le bâton
des vieillards, le vengeur des crimes, la terreur des méchants, la gloire des bons, la verge des puissants, le fléau des tyrans, le père des rois, l'arbitre des lois, le dispensateur des règles saintes, le sel de la terre, la lumière du monde, le prêtre du Très-Haut, le vicaire de Jésus- Christ, l'oint du Seigneur; enfin, le dieu de Pharaon.
Comprenez bien ce que je vais vous dire (et vous le comprendrez par le don du Seigneur). Lorsque vous voyez la puissance unie à la perversité, c'est pour vous le moment de prendre une attitude surhumaine. Levez un front menaçant sur ceux gui font le malK Qu'il craigne le souffle de votre colère, celui qui se rit des menaces de l'homme et qui ne redoute point le glaive ! qu'il craigne le pouvoir de vos prières, celui de qui vos remontrances n'ont obtenu que des mépris I que celui contre qui vous êtes courroucé, se croie l'objet du courroux de Dieu même> et non d'un homme 1 enfin, que celui qui ne vous a pas écouté tremble que Dieu ne vous écoute, et ne prononce contre lui!
Il ne nous reste plus maintenant qu'à parler de ce qui est au-dessus de vous. J'espère, avec l'aide de Dieu, traiter ce point en un seul livre, et m'acquitter en même temps de tout ce que j'avais promis.
^ Ps. xzxiii, n.