‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 161 sur 385 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LES PÉCHEURS SONT ENNEMIS NON-SEULEMENT DB LEUR AME, MAIS AUSSI DE LEUR CORPS ; ET ILS NE RECONNAISSENT LEUR MALHEUR QUE QUAND. IL n'est plus TEMPS DE FAIRE PÉNITENCE.

7. Peut-être qu'à ce sujet quelqu'un sera frappé de ce trait du Psalmiste : Celui qui aime l'iniquité, est ennemi de son âme *. A cela, moi j'ajoute : il n'est pas moins ennemi de son corps. Et n'est-ce pas en être l'ennemi, que delui préparer chaque jour des tourments éternels, que de lui tenir en réserve, par son endurcissement et l'impénitence de son cœur, des trésors de colère pour les jours des vengeances? Au reste, cette haine aveugle et contre le corps et contre l'âme, se doit apprécier bien moins par l'intention que par les effets. C'est' ainsi, par exemple, qu'un frénétique se montre l'ennemi de son corps, eu cherchant à se dé* chirer de ses propres mains, pendant que sa raison sommeille. Or, peut-il y avoir de plus terrible frénésie, que l'impénitence du cœur et l'obstination dans le |)éché ? En effet, le pécheur, alors, tourne contre lui-même des mains criminelles; et ce n'est pas son corps, mais bien son âme^ qu'il déchire et qu'il met

* Nomb.. XI!. — * Ps. X, 6.

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