CHAPITRE XVI
NOUS OBTlBNbttOltd QUB BIEt Alt PITIÉ DB HOUS, SI NOUS AVOIRS PITIÉ PREMIÈREMENT DE NOUS- MÊMES, ET ENSUITE DB NOTRE PROCHAIN*
55. Maïs à celui qui implore un semblable pardon> s'applique la réponse suivante: Bienheureux les miséricordieux^ parce qu'il leur sera fait miséricorde *. Ayez donc pitié de votre âme, si vous voulez que Dieu ait pitié de vous'. Baignez chaque nuit votre lit de pleurs, arrosez votre couche de larmes. Si vous compatissez à vos propres maux, si vous exhalez douloureusement les soupirs de la pénitence, vous avez fait un premier pas dans la miséricorde; vous obtiendrez, n'en doutez pas, miséricorde pour vous-mêmes. Que si vous êtes par hasard un grand pécheur chargé d'iniquités, et que vos fautes aient besoin d'une clémence peu commune, d'une infinité de miséricordes : efforcez -vous d'agrandir, vous aussi, €t de multiplier votre miséricorde; réconciliez-vous complètement avec vousmêmes : car vous étiez devenu votre propre ennemi, en vous déclarant l'ennemi de Dieu,
56. Quand vous aurez ainsi rétabli l'union, du moins au dedans de vous-même, il vous faut aller plus avant, et faire la paix avec le prochain ; pour qu'enfin le Seigneur consente à vous presser à son tour dans ses bras, et que, selon cette parole de l'Écriture, une fois récou" cilié y vous ayez la paix avec Dieu*. Pardonnez à ceux qui ont eu des torts envers vous, et vous obtiendrez le pardon de vos propres torts, lorsque vous prierez le Pfere céleste avec une conscience tranquille, et que vous lui direz : Pardonnez-moi mes offenses^ comme je oardonne moi-même à ceux qui m'ont offensé *.
57. S'il vous est arrivé de retenir le bien d'un autre, rendez-le,dussiez-vous n'y rien ajouter; mais de ce qui vous reste faites du bien aux pauvres, et en pratiquant la miséricorde vous obtiendrez miséricorde. Vos péchés fussent-ils pareils à Vécarlate, ils blanchiront à l'égal de la neige ; et fussent-ils aussi rouges que le vermilloti, ils deviendront aussi blancs que la laine *.
58. Enfin, pour éviter d'être accablé sous le poids des prévarications qu'avait enfantées votre cœur, et dont vous rougissez en ce moment, faites l'aumône ; et si votre fortune ne peut vous le permettre, suppléez-y par vos pieuE désirs ; ainsi vous vous purifierez entiè-
* MatlU., V, 1.— * Ps. Yi. 7.— » Rom., v, 1.— * Mallh , ▼i, 12. — »Iiàîe, T, 18.
rement. Non-seulement Vôtre raison sera désormais éclairée, et votre volonté ramenée vers le bien, mais votre mémoire elle-même ne contiendra plus de souillure ; et vous pourrez dès ce moment entendre la voix du Seigneur vous adresser cette douce parole : Bienheureux ceux qui ont le cœur pur ^