SUR L OUVRAGE SUIVANT
Q4u seigneur Q4bbé de la Colombe, frère "Bernard, dit abbé de Clairvaux: salut
et santé dans le Seigneur.
J'avais pris soin de vous adresser, selon ma promesse, ma réponse à quelques moines de Chartres, après avoir achevé un autre travail que vous m*avez ordonné. J'avais d'abord dessein d'écrire brièvement, et de répondre à ces lettres par une simple lettre: vos exhortations ont donné à mon travail, vous le voyez, les proportions d'un livre; etj'ai voulu que l'abondance des matières servît à l'édification d'un plus grand nombre; quand vous aurez lu cet ouvrage, adressez-le, non pas aux moines pour lesquels il a été fait, mais à leur abbé : ils l'auront ensuite, si l'abbé y consent. Ce sont des religieux, et leur règle leur défend d'é-
* Il 7 rmi deux monastères de ce nom, l'un en Poitou, fantre en Italie. C'est à Roger, abbé da premier, qne saint Bernard écrit ici. — L'abbé de Saint-Pierre de Chartres, dont les moines donnèrent occasion. à ce traité, était Udon : soa gDavemement dura de 1128 à 1150.
crîre des lettres ou d'en recevoir sans la permission de leur supérieur '. Le motif pour lequel j'ai résiste longtemps à leurs incessantes prières, c'est qu'à mon avis, ils avaient osé écrire et adresser ces lettres à Tinsu de l'abbc I Mes soupçons n'étaient pas faux, comme je l'ai su plus tard. J'avais d'abord donné à mon travail (le lecteur le verra) Je nom de lettre : mais puisque votre volonté m'a fait dépasser la mesure d'une lettre, que ce soit un livre, si vous le jugez bon. Parmi les nombreuses questions que j'y résous, j'ai traité avec plus de soin et d'utilité celles-ci : quels sont les préce|)tes dont il est permis de dispenser? qui' doit accorder cette dispense? jusqu'où doitelle s'étendre ? Donnons donc à ce travail ce, titre : Du Précepte et de la Dispense; à moins! que vous n'en trouviez un plus convenable,
* Règle de saint Benoit, chap. Sii,
S.BJUUV.— ToM^IL
PRÉFACE