CHAPITRE V
us SUPÉRIEURS NE DOIVENT PAS ÉTENDRE LA LOI DE l'obéissance AU DELA DES BORNES DE LA PROFESSION, NI LA RESTREINDRE EN DEÇA DE CES LIMITES.
41. Vous voyez déjà quelles sont les bornes de l'obéissance que vous demandiez. Si la teneur de la profession est la mesure de la soumission; si le pouvoir du supérieur ne peut s'étendre au delà du vœu formulé par le sujet, ces expressions en deçà, au delà, contre, sont les bornes dans lesquelles l'obéissance est renfermée et par lesquelles cette vertu se trouve circonscrite. C'est pourquoi quiconque a embrassé un genre de vie destiné à le sauver, ne doit être contraint par la loi de l'obéissance ni à aller au delà, ni à rester en deçà de ce qu'exige cette profession, moins encore pourrat-on l'obliger à ce qui lui est contraire. L'état également éloigné de ces extrémités, fixé par le vœu, et devenu stable par la profession ; comme l'arbre placé au milieu du Paradis, est seul dépendant de la loi et de l'autorité. Que les ordres ou les défenses du supérieur n'excèdent donc pas les bornes de la profession, ni plus ni moins. Que le supérieur ne me défende rien de ce que j'ai promis; qu'il n'exige rien au delà de mes engagements; qu'il ne donne pas à mes vœux plus d'extension sans mon consentement; qu'il n'en diminue pas les obligations sans nécessité : car la nécessité n'a pas de loi, et c'est pour cela qu'elle légitime la dispense. CommeJa volonté seule mérite la récompense, c'est à elle seule de choisir un degré plus élevé de perfection) Sinon, amoindrir sans nécessité les obligations du vœu, ce n'est plus dispense, c'est prévarication; et les restreindre contre ma volonté, ce n'est pas un /progrès, c'est pour moi une occasion de plainte. (Que les supérieurs mettent pour borne à l'oiiéissance de leurs subordonnés les vœux que ceux-ci ont professés et non leurs désirs personnels; qu'ils les exhortent à s'élever plus haut, sans les y contraindre; qu'ils usent à l'égard de leur faiblesse de condescendance, quand il est nécessaire, mais sans jamais tomber avec eux.
ET DE LA DISPENSE