CHAPITRE VIL
COMMENT RECONNAITRE, d' APRÈS LES DISTINCTIONS QUI PRÉCÈDENT, LES DEGRÉS D'OBÉISSANGB ET LA GRAVITÉ DE LA DÉSOBÉISSANCE?
13. Hais il importe de connaître le motif, le sentiment, l'intention, l'ordre ou le précepte par lesquels ou contre lesquels ce mal est commis. Je ne crois pas qu'aucune désobéissance doive être regardée comme n'étant rien : pourtant toutes les désobéissances ne sont pas également dangereuses. Voici un commandement de Dieu : Vous ne tuerez pas ^ Eh bien ! supposez deux homicides : l'un inspiré par la cupidité; l'autre provoqué par la nécessite de se défendre. N'est-il pas évident que le motif établit une différence entre cette lèpre et cette lèpre, et fait de W même transgression deux fautes bien distinctes? Que sera-ce si l'un a été poussé au crime par une colère subite, et l'autre par une malice calculée ou une haine vieillie ? Porterez-vous le même jugement sur un fait accompli en des sentiments si opposés? Rien ne surpasse en obscénité Tinceste commis par les filles de Loth ' ; qui ne volt pourtant combien leur intention atténue la honte et l'énormité de leur crime ? Déjà donc, en ce qui regarde celui qui commande et la chose qu'il prescrit, il convient d'établir cette distinction: l'autorité là plus respectable est celle que nous devons craindre davantage d'offenser, car la faute est plus grave, et la trangression est d'autant plus funeste que le précepte auquel elle s'attaque est plus important. Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux homnr.es, et parmi les hommes, à nos maîtres plutôt qu'à nos égaux ; et parmi les maîtres, à ceux qui sont les nôtres plutôt qu'aux étrangers. Mais ceux à qui nous devons préférablement l'obéissance sont aussi ceux contre qui l'insubordination est plus criminelle.
i 4. Il en est de même des commandements. Les plus importants exigent de nous une attention plus grande; les moindres un soin moindre aussi, et leur mépris, d'après la même règle , constitue une faute plus ou moins grave. Oç, [j'appelle les commandements plus grands X)u moins grands selon la volonté plus ou moins formelle de Dieu ou de l'homme qui les porte. Par exemple, un commandement dit : Vous ne volerez pas ', et un autre : Donnez à quiconque demande ^. Tous deux
» Exod., xx, 13.— « Gcn., XIX, 32, 36.— » Exod.,xx,4. — *Luc, VI, 30,
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