TRANSGRESSIONS
25. Au reste, s'il est évident que tous les préceptes ne sont ni aussi nécessaires, ni auss utiles, ni aussi importants, on ne doit pas porter sur leur violation le même jugement; et des fautes différentes n'entraînent pas les mêmes conséquences. La négligence ne saurait être également coupable ni également punissable, là où la loi n'est pas également impérative. L'Évangile condamne à la fois l'ivresse et la fornication ; pourtant, qui n'a plus d'horreur de celle-ci que de l'autre? La vérité elle-même dans l'Évangile, par les mots de poutre et de paille *, ne distingue-t-elle pas les désobéissances en graves et en légères? N'est-ce pas elle qui, usant de distinctions précieuses, détermine la peine due à chaque péché, en renvoyant, l'un au jugement, l'autre au conseil, l'autre enfin dans la géhenne ■? Par quelle conséquence nécessaire établir donc que, les supérieurs ordonnant en vertu d'une autorité divine, il ne peut y avoir pour un moine de péché léger et véniel,- et que toutes ses actions courent le risque d'une désobéissance criminelle? Que les actions punies par la géhenne soient des crimes, je le veux : mais peut-on donner ce nom aux actions que la Vérité renvoie au jugement ? Ces actions sont des fautes, je l'avoue, puisqu'elles rendent l'homme coupable; si elles le rendent coupable, elles sont des péchés. Or, il n'y a point de péché qui ne se commette contrele commandement de Dieuet ce qui se fait contre le commandement de Dieu est une désobéissance.
* Hatth., vu, ♦. — « Jàid., v, 82.
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