CHAPITRE XV
^81 LÀ bÊS0BÊïé6AN(dE A AUTANT D^ fÙiOÎE POàl DÊliiÉRITEk, QUE L^OBÉiSSANCtE POrÀ MÉRltEtl.
4^. En prbposam vos doutes sur l'obligation de Toltéissânce, et les divers degrés de la désobéissance, vous êtes incidemment tombés sur ïà question du mérite et du démérite de l'une et de l'autre : saVoir, si dans toute sorte de commandements, le démérité de la désobéissance est àusisi grand que le mérite de l'obèissaricè. Par exemple, lorsqu'Abrabam reçut le commandement d'immoler son fils *, ou je ne sais quel autre père *, de jeter le sien dans une fournaise ardente, ces deux pères auraientils autant irrité la colère et la vengeance de bièu contre eux en nelui obéissant pas, qu'ils ont reçu de louanges et de grâces de lui pour avoir été fidèlesasès ordres? Cette conséquence vous parait d'abord rigoureuse et nécessaire ; ce^pendant elfe ne l'est pas. Car il est certain qu'il est clés actions qu'on peut faire avec gloire, et non sahs péché; et partant, qu'elles méritent récompense si on les fait, quoiqu'elles ne doivent pas être punies Si on neles fait point. Âîhsi, îl y à un grand'irlérite à ne toucher aucùiiëfemhie, bien' qu'il n'y ait ici aucun péché pour un mari à l'égard dé la sienne. De cette nature soniioutèstcs choses auxquelles on peut appliquer ce passage de l'Évangile : Que celui qui peut comprendre^ comprenne *,
'4!3. Tl eh est d'autres, au contraire, qu'on ne peut héglige'r saris se rendre coupable, quoiq'u'fl h^y ait aucune gloite à les accomplir, et '(jui 'condamnent celui qui les méprise, sans ho- 'riorerceluîqui les pridtique.be cette espèce soiA Hoiités tés açtiôhs que Dieu commande aux hommes parlés lois publiques, sans lesquelles fe'n'è peuvent être sauves. Ce qui faisaitdireà iin pslïénife — ^ïcn'ài point'dérobé.— Tu neseras ^()ôïht1a patïire'dés'corWaux à potence*.» El iàTÈvîan'gilè*; Si 'vous n^ aimez' que ceux qui vous iiiment^ i/uètlé'rêc'ôrnpéme'pàuveZ'Vous attendre? £ft 'éi vous ne reniiez le salut ^u*'à vos' frères^ quel avaU" taye durez-vous siir lesàitfrés^l Et en général : Xorsque vous 'aurez fait tout ce qu'an vous aura cèrhminâé/diles en vous-mêmes : Nous sommes des serviteurs inutiles^ nous n^avoas fait que ce que Hhus devions *. Conimè s'il disait ; si vous vous bornez aux seules drclohhâhces de la loi qui vous a clé imposée, sans vouloir vous engager
t Gen.. XXII —* Doctrine des saints Pères, liv. deTObéd., o»6.— » Mallh., XIX, 12 —* Horace, Epit,, liv. I, xvi, 46, 48. — > Maltti., V, 46, 47. -< < Luc, xvu, 10.
aux conseils et aux exhortations de la perfection, vous vous acquitterez à la vérité de votre devoir, mais vous ne mériterez point de gloire particulière; vous aurez évité le châtiment, mais vous n'aurez point obtenu la couronne. Quelle raison vous oblige de croire que dans tout ce qui vous est commandé, vous devez également, et craindre le châtiment en désobéissant,et espérer la récompenseen obéissant? Il faut donc établir dans ces matières cette maxime générale : Dans les choses les plus difficiles, l'obéissance est toujours plus agréable que la désobéissance n'est criminelle; et dans les plus aisées ou les moins incommodes, le mépris est plus blâmable, que l'exécution ne mérite de louange.