‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 240 sur 385 · DU SÉPULCRE · texte numérisé non relu

DU SÉPULCRE

18. Entre ces lieux si saints et si aîmahlcs, le Sépulcre tient la première place, et on ressent une dévotion bien plus vive dans l'endroit où Jésus-Christ a reposé après sa mort, que dan» ceux où il a conversé : le souvenir de sa mort porte à la piété, plus encore que celui de sa vie. Le premier est plus ausière, le second plus doux ; le repos et le sommeil du Christ flattent Vinflrmité humaine plus que le travail de sa vie, et la tranquillité de sa tombe, plus que la perfection de sa conduite. La vie du Christ est la règle de la mienne ; sa mort est ma rédemption. L'une a instruit ma vie, l'autre a détruit la mort. Sa vie est laborieuse, mais sa mort précieuse ; et l'une et l'autre m'étaient nécessaires. Car, de quelle utilité pouvait m'étre sa mort, si je vivais mal, ou sa vie, si Je mourais pour être damné? Est-ce que la mort de Jésiis-Christ sauve aujourd'hui de la mort éternelle ceux dont la vie est criminelle jusqu'à la fin, et la sainteté de sa vie a-t-elle délivré les saints Patriarches morts avant Jésus-Christ? selon cette parole : Quel est l'homme qui vivra et ne verra pas sa mort^ et qui sauvera son âme de l'enfer^ ? Maintenant, ces deux choses nous étant nécessaires, une vie pieuse et une mortsûre, il nous a, par sa vie, appris à vivre, et sa mort a fait la sûreté de la nôtre. Car il est mort pour ressusciter, et il a donné à ceux qui meurent Tespérance de la résurrection. Il a ajouté un troisième bienfait : le pardon de nos péchés, bienfait sans lequel les autres étaient impuissants. Car, pour ce qui regarde la vraie et souveraine béatitude, quelle rectitude de vie, ou quelle étendue pouvait servir à l'homme enchaîné dans les liens du péché originel ? Le péché a donc précédé et la mort est venue à sa suite : si l'homme eût évité le mal, jamais il n'eût connu la mort.

j9. En péchant il a donc perdu la vie et rencontré la mort : c'est ce que Dieu lui avait prédit, et la justice voulait que Thomme coupable mourût. Eh 1 quoi de plus juste en effet

» Ts. Lxxzvui, 49.

que la peine du talion? Dieu est la vie de l'âme, et l'âme est la vie du corps. En péchant volontairement, l'homme a volontairement perdu la vie : qu'il perde donc aussi malgré lui la puissance qu'elle a de vivifier.Il a repoussé spontanément la vie en refusant de vivre : qu'il n'ait donc pas la vertu de communiquer la vie à qui ou autant qu'il veut. L'âme a refusé d'être gouvernée par Dieu : qu'elle ne puisse plus gouverner le corps; elle n'obéit plus à son supérieur; pourquoi commanderait-elle à son inférieur? Le Créateur a trouvé la révolte dans sa créature : que l'âme trouve son serviteur révolté contre elle. L'homme a transgressé la loi divine : qu'ilsente donc en lui une autre loi, la loi des membres opposée à la loi de l'esprit, et qui le captive sous la loi du péché'. Or, le péché nous sépare de Dieu comme il est écrit ": que la mort sépare donc notre corps de nous. L'âme ne s'est éloignée de Dieu qu'en péchant : le corps la quittera en mourant. Peut-elle se plaindre de la rigueur du châtiment? Elle n'endure de la part du corps son sujet, que le traitement dentelle est coupable envers son Auteur. Rien de plus naturel, la mort a produit la mort ; la mort spirituelle a enfanté la mort corporelle ; la mort qui était un crime a entraîné la mort qui est une peine ; la mort volontaire est suivie de la mort nécessaire.

20. L'homme étant condamné dans sa double nature à cette double mort. Tune spirituelle et volontaire, l'autre corporelle et nécessaire, le Dieu-Homme, dans sa puissance et sa bonté y a remédié par sa mort une et spontanée. Par elle, il a condamné les deux nôtres, et il en devait être ainsi. En effet, de ces deux morts, l'une étant pour nous une faute, l'autre un châtiment, Jésus-Christ s'est chargé du châtiment sans que la faute l'atteignît ; et en mourant volontairement pour nous en son corps seulement il nous a mérité la vie et la justice. S'il n'eût pas souffert corporellement il n'eût pas payé notre dette, et si sa mort n'avait été volontaire, elle eût été sans mérite. Maintenant si, comme nous l'avons dit, le péché entraîne la mort, et si la mort est due au péché, Jésus«- Christ nous remettant le péché et mourant pour les pécheurs, les conséquences du péché sont détruites et notre dette payée.

2t. Du reste, comment savons -nous que Jésus-Christ peut remettre les péchés? Nous le savons |)arce que nous savons qu'il est Dieu, et qu'il peut tout ce qu'il veut. Et comment

< Rom., VII, 23 '— * Isale, lix, 2.

SUR LA LOUANGE DE LA NOUVELLE MILICE

saYODS-'neud qud est Dieii ? Ses miracles le prouvent : il fait des œuvres impossibles à d'autres ; je ne parle pas ici des oracles des prophètes, ni de ce témoignage de la voix du Père descendu sur lui du sein de la gloire. Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Si Dieu nous justifie, qui nous condamnera? S'il est le seul à qui nous adressions cet aveu : J'ai poché centre vous seul \ qui mieux que lui, qui sans lui peut nous remettre le péché commis contre lui ? Comment ne le pourrait-il pas, lui qui peut tout? Je puis, si je le veux, pardonner la faute dont je suis l'objet : et Dieu ne le pourrait pas ? Si donc le Tout-Puissant peut, et peut seul remettre les péchés, lui, contre qui ils sont commis, heureux celui à qui il n'imputera pas de péché ! Nous avons donc vu que le Christ tient de sa divinité la vertu de remettre les pé(ihés.

22. Or, qui doutera qu'il ne îe veuille? Après avoir revêtu notre chair et subi la mort, il nous refuserait sa justice ? 11 nous la refuserait, lui volontairement incarné, volontairement assujetti à la souffrance, volontairement mort? Ah ! son humanité est là pour établir qu'il veut ce que sa divinité nous a montré être en sa puissance. Mais quel motif nous fait espérer qu'il a détruit la mort ? C'est qu'il l'a endurée sans la mériter. Comment exigerait-on encore de nous une dette qu'il a acquittée pour nous? Par le don de sa justice il a détruit les suites de la mort ; il en a payé la dette, et nous a rendu la vie. Ainsi la mort de la mort même ramène la vie, comme la destruction du péché ramène la justice. Or, dans la mort de Jésus-Christ, la mort est chassée et la justice de Jésus nous est imputée. Hais comment un Didu a4-il pu mourir ? C'est qu'il était aussi homme. Comment sa mort a-t-elle profité à d'autres? C'est qu'il était juste. Homme, il a été capable de mourir ; et comme il était juste sa mort ne pouvait rester stérile. La mort du pécheur ne suffit pas à pa^er pour un autre, car chacun meure pour lui même. Mais celui qui n'a pas à mourir pour lui-même, àsMAl le faire inutilement pour autrui ? Plus indignement meurt celui qui ne l'a pas mérité , plus justement vit celui pour lequel il meurt.

23. Mais, direz-vous, quelle est cette justice qui sacrifie le juste pour Timpie ? Ce n'est pas justice , c'est miséricorde ; s'il s'agissait de justice, il ne mourrait plus gratuitement, mais par obligation ; et si sa mort était obligée, il mourrait, lui, mais celui [)our lequel il le ferait

1 Ps. L. (>.

ne vivrait pas. Cependant s'il n'y a pas ici justice, rien n'y est pourtant contre la justice, sinon Dieu ne pourrait être à la fois juste et miséricordieux. Mais s'il n'y a pas d'injustice à ce que le juste satisfasse pour le coupable, comment un seul peut-il payer pour plusieurt? Car il semble qu'il suffirait à la justice, qu'un homme mourant pour un autre homme lui rendit la vie ? Que l'Apôtre réponde à cette difficulté : Comme c'est ^ dit-il, par le péché d'un seul que tous les hommes sont tombés dans la condamnation : ainsi c'est par la justice d'un seul que tous les hommes reçoivent la justification de la vie; car comme plusieurs sont devenus pécheurs par la désobéissance d'un seul^ ainsi plusieurs seront rendus justes par l'obéissance d'un seul *. Hais peutêti'e que si un seul a pu rendre à plusieurs la justice, il a été incapable de leur rendre la vie : Par un homme la mort, dit encore l'Apôtre, et par un homme la vie : et comme tous meurent en Adam, ainsi tous seront vivifiés en Jésus-Christ *, Eh quoi I un seul a péché, et tous sont coupables ; et l'innocence d'un seul ne profiterait qu'à un seul ? Le péché d'un seul a causé la mort de tous ; et la justice d'un seul ne rendrait la vie qu'à un ? La justice divine serait donc plus forte pour condamner que pour restaurer ? Et Adam aurait été plus puissant dans le mai que Jésus-Christ dans le bien? Le péché d'Adam me sera imputé, et la justice du Christ ne deviendra pas ma propriété? La désobéissance du premier m'a perdu, et l'obéissance du second ne me servirait pas ?

U. Mais, dites-vous, nous avons tous justement contracté le péché d'Adam en qui nous avons péché ; car, quand il s'est rendu coupable nous étions en lui, et nous sommes tous issus de sa chair par la concupiscence charnelle. Or, nous naissons avec plus de vérité encore de Dieu selon l'esprit, que d'Adam selon la chair; et selon cet esprit, nous avons été, en Jésus-Christ bien avant d'être, selon la chair, en Adam, si toutefois, nous avons la confiance d'être mis au nombre de ceux dont l'Apôtre dit : // nous a choisis en lui (c'est le Père qui a choisi dans le Fils) avant la création du monde*. Qu'ils soient aussi nés de Dieu, c'est ce qu'atteste révangéliste saint Jean, en ces termes : ils ne sont nés ni du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu *; et dans une de ses épîtres, il ajoute : Quiconque est né de Dieu ne pèche pas parce que la génération céleste le consawe •. Mais, dites-vous, c'est la

» Rom., V, 18, 19.— « I Cor., xv, 21, 22.— » Ephés, i, 4, ^ Jean, i, 13. — • 1 Jean, ui, 9.

concupiscence charnelle qui perpétue la chair: et le péché, que nous sentons dans cette chair, prouve bien que, selon la chair, nous descendons d'un pécheur. Pour cette génération spirituelle,elle est sentie non, dans la chair, mais dans le cœur, par ceux-là uniquement qui peuvent dire avec saint Paul : Nous avons le sens du Christ * ; et ils sentent bien y avoir fait des progrès qui leur permettent de dire avec confiance : L* Esprit lui-même rend témoignage au nôtre ^ que nous sommes fils de Dieu ' ; nous n avons pas reçu l'esprit de ce monde, mais V Esprit qui est de Dieu afin que nous connaissions les dons que Dieu nous a faits '. La charité est donc répandue dans nos cœurs par l'Esprit de Dieu ; comme la concupiscence, greffée en nos membres, nous vient d'Adam par la chair, et de même que cette concupiscence descendue du père de nos corps ne quitte pas la chair durant cette vie mortelle, ainsi la charité issue du Père des esprits est toujours dans l'intention des vrais ûls de Dieu.

25. Nés de Dieu, élus en Jésus-Christ, est-il juste que la génération humaine et terrestre nous devienne plus fatale que la génération divine et céleste ne nous est avantageuse ? que la succession du sang l'emporte sur le choix de Dieu, et que la concupiscence passée en nous ici-bas prescrive contre ses éternels desseins? Si la mort nous est venue d'un seul homme, pourquoi la vie ne nous viendraitelle pas d'un autre homme, et d'un homme comme celui-ci? Si nous mourons tous en Adam, pourquoi le Christ par sa puissance ne nous rendrait-il pas la vie? Car il n'en est pas du don comme du péché : nous avons été condamnés par le jugement de Dieu pour un seul péché au lieu que nous sommes justifiés par la grâce de Jésus-Christ après plusieurs péchés*. Jésus- Christ a donc pu remettre les péchés puisqu'il est Dieu, et mourir puisqu'il est homme, et en mourant acquitter la dette de la mort, puisqu'il est juste. Et quoique seul, il suffira à rendre la justice et la vie à tous les hommes, puisque le péché et la mort sont sortis d'un seul pour perdre le genre humain.

26. C'est encore une sagesse nécessaire qui a retardé sa mort, et lui a fait mener pendant quelque temps une vie humaine, au milieu des hommes. C'était afin que ses discours nous excitassent à l'amour des biens invisibles, que ses miracles servissent de preuve à la foi et de règle aux mœurs. Sous les yeux mortels un

1 I Cor.. II. 10. — « Rom., viii, IC. — » l Cor,, ii, 12. « Rom., y, 15, 16.

Dieu-Homme a vécu dans la sobriété, la justice et la piété, a prêché la vérité, a opéré des prodiges, a souffert des traitements indignes : qu'à ces bienfaits se joigne la grâce de la ré* mission des péchés, c'est-à-dire que Jésus- Christ nous les remette gratuitement, et voilà consommée l'œuvre de notre salut. Ne craignez pas que cette puissance de rémission manque à Dieu, ou qu'il ne veuille pas en user lui qui a tant souffert pour les pécheurs ; pourvu, toutefois, que nous nous montrions empressés d'imiter ses exemples et de vénérer ses miracles, que nous ne soyons ni incrédules à sa doctrine, ni ingrats envers ses souffrances.

27. Ainsi en Jésus-Christ tout est puissant,' tout est salutaire, tout est nécessaire : sa fai* blesse nous est aussi profitable que sa majesté ; car si sa puissance divine a brisé le joug du péché, l'infirmité de sa chair mortelle a, danssamort,détruit les droits de la mort même: aussi l'Apôtre dit-il très-bien que Vinfirmité de Dieu est plus forte que les hommes*. Et cette folie par laquelle il lui a plû de sauver le monde et de confondre la sagesse mondaine et ses partisans, qui l'a porté lui Dieu égal à Dieu, à s'anéantir en faveur de l'esclave, lui riche, à se faire pauvre pour nous, lui immense, à se faire petit, à cacher sa grandeur sous l'humilité, sa puissance sous la faiblesse, à sentir la faim, la fatigue, et à s'assujettir à tant de douleurs par choix et non par nécessité ; cette sorte de folie, dis-je, n'a-t-elle pas été pour nous la route de la prudence, la forme de la justice, et le modèle de la sainteté ? Ce qui fait dire encore à l'Apôtre : La folie de Dieu est plus sage que les hommes '. Là mort nous a donc affranchis de la mort, la vie de l'erreur, et la grâce du péché. Par sa justice, la mort a triomphé, car étant juste et payant ce qu'il ne devait pas, il a mérité de reconquérir ce qu'il avait perdu. La sagesse de sa vie est devenue pour nous une leçon et un muroir de vie et de discipline ; et sa grâce, nous l'avons dit, a remis nos péchés par cette puissance qui fait tout ce qu'elle veut. La mort de Jésus-Christ est donc la mort de ma mort, puisqu'il est mort afin que je vive. Eh quoi 1 Celui par qui la vie meurt n'aurait pas la vie ? Et qui donc, sous la conduite de la Sagesse, craindrait de s'égarer dans le chemin des bonnes mœurs, ou dans la connaissance de la vérité ? Et comment resterait-il coupable celui qui a été absous par la justice? Jésus-Christ, dans l'Ëvan-

< 1 Cor., 1, 25. — * ibid.

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gile, déclare lui-même qu'il est la \îe : Je suis la vie\ dit-il; et 1* Apôtre nous montre qu'il est justice et sagesse quand il dit : Il a été fait pour nous justice et sagesse par Dieu le Père ".

28. Si donc la loi de l'Esprit de Yie dans le Christ Jésus nous a délivrés de la loi du péché et de la mort, pourquoi mourons-nous encore, et ne sommes-nous pas de suite revêtus d'immortalité? C'est afin que la vérité de Dieu soit accomplie. Dieu aime la miséricorde et la vérité ' : rhomme doit donc mourir, puisque Dieu en a proclamé la nécessité ; et il doit ressusciter, aûn que Dieu ne paraisse pas oublier sa miséricorde. Ainsi la mort bien que n'ayant plus sur nous un empire perpétuel, subsiste pourtant provisoirement en nous, pour la vérité de Dieu ; comme le péché, bien que ne régnant plus sur notre corps mortel, n'en a pas totalement disparu. Ainsi Paul se glorifie d'être en partie affranchi de la loi du péché et de la mort ; et d'un autre coté, il se plaint du joug d'une autre loi, soit lorsqu'il pousse ce cri : Je trouve une autre loi dans mes membres *, soit lorsqu'il gémit sous le poids d'une loi de mort, soupirant après l'affranchissement de

son corps •.

29. Que ces pensées, ou d'autres analogues soient suggérées à des esprits chrétiens par le souvenir du sépulcre de Jésus-Christ ; je crois que celui qui le contemple doit recevoir en lui la douce infusion d'une vive dévotion, et recueillir un grand profit en considérant de ses yeux le lieu où le Seigneur a reposé. Si le corps de Jésus-Christ n'y est plus, nos mystères le remplissent toujours ; oui, lios mystères, si nous embrassons aussi ardemment que nous croyons sans hésiter ce que dit l'Apôtre : Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que comme Jésus-Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père^ nous aussi nous marchions dans une vie nouvelle: car si nous avons été entés en lui par la ressemblance de la mort^ nous y serons aussi entés par la ressemblance de sa résurrection •. Quelle douceur pour des pèlerins, après les fatigues d'une longue route, après les périls de la terre et de la mer, de se reposer enfin dans l'endroit où leur Dieu s'est reposé lui-même 1 Je crois que la joie leur ôte alors tout sentiment de fatigue, tout souvenir de leurs dépenses: ils ont trouvé le prix de leurs labeurs et de leur course, et, selon le mot de l'Écriture, ils sont dans les transports quand ils

• t Jean, xiv, 6. — M Cor., i, 30. — » Ps. Lxxxvm, 12. — * Rom , VII, 2«. — * lOiU., viii, 21. — • Rom., vi, 4,5.

trouvent le sépula'e \ Ce n'est ni le hazard, ni le mobile de lopinion, qui ont donné tout à coup à ce tombeau sa célébrité. Plusieurs siècles à l'avance, Isaïe avait prédit en termes clairs : En ce jour-là, le rejeton de Jessé sera exposé devant tous les peuples comme un étendard: les nations le prieront^ et son sépulcre sera glo' rieux *. Nous voyons réalisé l'oracle du prophète ; et dans le spectacle nouveau placé sous nos yeux, voilà l'antique annonce que nous lisions. Ainsi sa nouveauté nous réjouit, et l'ancienneté de la prophétie en accroît l'autorité. Mais assez sur le Sépulcre.

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