DU PÉCHÉ
50. Après le dixième degré appelé rébellion, le moine expulsé, ou sorti de son monastère, rencontre aussitôt le onzième. Il entre alors en des routes qui paraissent bonnes aux hommes, mais dont le terme (si Dieu ne les entrave) aboutit à l'abîme, c'est-à-dire au mépris de Dieu. L'impie, en effet, arrivé au fond du mal, méprise *. Ce onzième degré peut s'appeler liberté de pécher : car le moine, n'ayant plus ni supérieur à redouter, ni frères à respecter, se livre à tous ses désirs, avec d'autant plus de liberté qu'il jouit d'une sécurité plus entière, ce que la honte et la crainte Tempéchaient de faire dans le monastère. Mais s'il ne craint ni frères ni abbé, il n'est pourtant pas tout à fait débarrassé de la crainte de Dieu. La raison, en de sourds murmures, présente encore ce sentiment à la volonté, et ce n'est pas sans quelqu'hésitation quelle se livre au péché. Semblable à celui qui sonde un gué, et s'y avance avec précaution, elle n'entre, qu'avec lenteur et par degré, dans le «coufiTre des vices.