‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 270 sur 385 · CHAPITRE II coainx DiEc kéute l'asocb de l'homme pon · texte numérisé non relu

CHAPITRE II coainx DiEc kéute l'asocb de l'homme pon

LES BIE5S qu'il LCI A ACCORDÉS E!l SOU COKFS ET El SOH AME. MOTEM DE LES MECOllHAinE ET DE LES POSSÉDER, SAKS FAIRE DUCRB AU DOXATEnU

2. Ceux qui entendent ces Tentés comprennent aussi pourquoi il faut aimer Dieu, c'està-dire, quels motils lui méritent notre amour. Si ces choses sont cachées aux infidèles. Dieu peut aisément confondre les ingrats par la mnltitude des bienfaits qu'il a accordés au genre humain et manifestés à tous les yeux. Qui donc, sinon Lui, dispense la nourriture à tout ce qui yit, la lumière à tout ce qui Toit, Tair à tout ce qui respire ? Mais c'est folie de prétendre énumérer des biens que j'ai déclarés innombrables ; c'est assez de citer pour exemple les principaux : le pain, la lumière et l'air ; si je les ai appelés principaux, ce n'est pas qu'ils soient les plus excellents, mais ce sont les plus nécessaires, parce qu'ils se rapportent au corps. Que l'homme cherche les Mens supérieurs, dans cette partie de lui-même qui constitue sa propre supériorité, dans son ftme; la dignité, la science, la Tertu. La dignité de l'homme c'est son libre arbitre, par lequel il ne l'emporte pas seulement sur les autres êtres, mais il les gouTeme : la science l'aide à reconnaître en lui cette dignité qui ne Tient pas de lui ; et la Tertu lui apprend à chercher sérieusement son Principe, et à s'y tenir fortement attaché 1

3. Chacune de ces trois prérogatiTes nous apparaît sous un double aspect. La preuVe de la dignité humaine n'est pas seulement dans Fexcellence de notre nature ; elle est encore dans la puissance de domination que nous exerçons, et il est Tisible que l'homme inspire la crainte à tous les animaux. La science est aussi double, si nous reconnaissons que notre dignité ou les autres biens que nous possédons, sout en nous, sans Tenir de nous. Et la Tertu à son tour a deux côtés ; par elle nous cherchons notre auteur, et après l'aToir trouTé, nous nous attachons inséparablement à lui. La dignité sans la science ne sert de rien ; et la science derient nuisible sans la Tertu: ce qu'établit la raison suiTante. Quelle gloire y a-t-il a posséder un bien qu'on ignore ? Mais connaître ce bien, et ignorer qu'on ne le tient pas de soi-même, peut cire un mérite,mais non devant Dieu. A qui se glorifie en soi-même, TApôtre

dit : Q9^avesrwm$ qme vom n*afa reçu? Mai» ri fOKf raoet reçu, pourquoi woum glorifier comme ri mug ne taoiezpas reçu ' ? Il ne se borne pas i dire : Poiarqum vous glorîfia-oousf U ajoute : Comme ri vous me Fotiezpus reçu, pour montrer combien est repréhensible celui qui se glorifie, non précisément dans les biens qu'il a, mais conune s'il ne les RTait pas reçus. Ce sentiment est bien nonuné Taine gloire, puisqu'il ne repose pas sur le fondement solide de la Térité. L'Apôtre dislingue bien la Traie gloire de celle-là : Que celui qui se glorifie, dit-îl, se glorifie daus le Srigmeur *. Cest-à-dire, dans la Tenté, puisque la Térité c'est Dieu.

4. n TOUS est donc nécessaire de saToir ces deux choses : ce que tous êtes, et que tous ne Tenez pas de Tous-mêmes; de peur de ne point TOUS glorifier ou de tous glorifier Tainement : Car si vous vous ignorer 90us-mêmes,soria, est-il dit, suives la trace des troupeaux de vos compagnes K Cest ce qui arriTe, en eifet. L'honune, créé dans la gloire dont il n'a pas l'intelligence, doit à cette ignorance d'être comparé aux animaux, comme à des compagnons de sa corruption et de sa mortalité présentes. En méconnaissant la nature excellente qu'il tient de la raison, il se range parmi les êtres sans intelligence; et l'ignorance de sa gloire intérieure l'entraîne, par la curiosité, à se régler sur les objets sensibles ; il n'est plus qu'un être parmi les autres, pour n'aToir pas compris ce qu'il a reçu de plus qu'eux. Il faut donc se lurécautionner contre une ignorance qui nous donne de nous-même des sentiments indignes de nous ; peut-être faut-il se garder daTantage de cette autre ignorance qui nous inspire de nous des idées trop élcTées ; ce qui a lieu si, dans notre erreur, nous nous attribuons le bien qui est en nous. Mais fuyez et détestez par-dessus tout la présomption qui TOUS porterait à tirer sciemment et Tolontairement aTantage de biens qui ne sont pas à TOUS, et à raTir ainsi l'honneur d'autrui. La première espèce d'ignorance ne se glorifie pas; la dernière se glorifie, mais non en Dieu. Pour le troisième mal, commis aTec connaissance de cause, il est une usurpation de la gloire de Dieu; et cette arrogance l'emporte d'autant plus en graTité et danger sur la dernière sorte d'ignorance, que celle-ci méconnaît seulement Dieu, tandis que celle-là le méprise ; et elle est d'autant plus coupable et plus détestable, comparée à la première ignorance, que si l'une nous rend semblables aux animaux ^ l'autre

* 1 Cor., IV, 7.— « Ibid., i, 31. — » CanU, i,;7.

TRAITÉ DÉ L'AMOUR DE DIEU

nous associe aux démons. C'est orgueil, c'est crime d'user d'un don comme d'un bien naturel, et de prendre occasion d'un bienfait reçu pour ravir au bienfaiteur sa gloire.

5. Aussi, avec la dignité et la science, avezvous besoin de leur fruit commun, la vertu, qui cherche et atteint l'Auteur et le Dispensateur de tout, qui a sujet, Lui, de se glorifier en toutes choses. Sinon, le serviteur qui sait et qui n'agit pas bien sera sévèrement châtié. Pourquoi? Parce qu'il n'a pas voulu comprendre, de peur d'être obligé à bien faire, parce qu'il a formé sur sa couche des projets coupables * : serviteur impie, il a tourné à sa gloire les biens qu'il savait bien n'être pas à lui, et il a tenté d'en ravir la gloire à Dieu. Il est donc clair que, sans la science, la dignité est inutile, et que la science sans la vertu est funeste. Pour l'homme vertueux, dont la science n'est pas nuisible, ni la dignité sans fruit, il crie vers Dieu et lui dit en sa franchise : Seigneur, ne nous donnez pas la gloire : réservez^la à votre nom *. C'est-à-dire : nous ne nous attribuons rien de la science, rien de la dignité ; nous renvoyons tout à vôtre nom, parce que tout vient de lui.

6. Hais nous voilà presqu'éloignés de notre sujet, pour avoir voulu montrer que ceux mêmes, qui ne connaissent pas J.-C. sont suffisamment avertis, parla loi naturelle, de l'obligation où il sont d'aimer Dieu pour lui-même, à cause des biens du corps et de l'âme qu'ils en ont reçus. Résumons brièvement ces considérations. Quel infidèle même ignore que tous les éléments nécessaires à son corps, et qui lui permettent d'exister, de voir, de respirer, n'ont d'autre source que Celui qui donne la nourriture à toute chair *, et fait lever son soleil sur les justes et les pécheurs *? Quel impie, à cettedignitéquiresplenditdansl'âmehumaine, reconnaît d'autre auteur que Celui qui dit dans la Genèse : Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance • ? Qui songe à un autre dispensateur de la science qu'à Celui qui enseigne à l'homme toute science ' ? Qui attend le présent de la vertu, ou croit le tenir, ou le t*ecevoir d'une autre main que de la main du Dieu des vertus ? Dieu mérite donc d'être aimé pour lui-même, même de l'infidèle ; car s'il ne connaît pas J.-C, il se connaît. Donc, tout mfidèle qui n'aime pas le Seigneur son Dieu, de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces, est inexcusable ; car un cri retentit au

* Ps. XXXV, 4, 5. — * Vs. ex m, 9. — » Ps. cxxxv, 25. - * Matth., V, 45.— • Gen., i, 26.— • Ps. xcui, 10.

fond de lui-même, ce cri de la justice innée, que la raison n'ignore pas. On doit aimer de toute la puissance de son être Celui à qui on sait se devoir tout entier. Mais il est difficile, il est impossible qu'un homme, avec ses forces seules, ou avec l'énergie de son libre arbitre, tourne entièrement vers la volonté de Dieu les biens qu'il en a reçus ; qu'il ne les détourne pas au contraire vers sa propre volonté, et qu'il ne les retienne pas comme sa propriété, selon ce qui est écrit : Tous cherchent leurs intérêts * ; les sentiments et les pensées de l'homme sont inclinés vers le mal *.

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