‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 299 sur 385 · A HUGUES DE SAINT-VICTOR · texte numérisé non relu

A HUGUES DE SAINT-VICTOR

PRÉFACE

Si TOUS trouvez que j'ai trop tardé à tous répondre, sachez que je n'ai reçu votre lettre que fort tard ; au lieu de m'apporter en diligence ce que vous m'aviez envoyé, on l'a retenu longtemps à Pontigny. Mais, dès que je l'ai eu, j'ai travaillé aussitôt à ma réponse. Peut-être est-elle plus courte que vous ne l'auriez souhaité ; je lui ai donné l'étendue que mes occupations m'ont permise. Je me suis étudié néanmoins à vous dire clairement mon sentiment sur toutes les questions que vous me faites. Je laisse à vos lumières et à votre loisir le soin d'établir plus amplement mes idées sur ce sujet, si vous le jugez à propos.

* Ce Traité fiiisait autrefois partie des lettres de saint Bernard, d*où il a été tiré par Horstins, pour être rangé ici. Il est adressé, comme le titre l'indique, au célèbre Hugues de Saint- Victor, en réponse à des questions qu'il avait posées au saint Docteur, non pas comme sa propre doctrine, mais comme celle d'un certain amateur de nouveauté. Ce personnage, dont le nom est passé sous silence, soutenait que le Baptême était devenu rigoureusement obligiitoire, dès que Notre -Seigneur Jésus- Christ eut dit à Nicodème : Quiconque ne renait }.a$ de l'eau et du Saint'Egprit n'entrera pat dans le royaume des deux. Personne, d'après lui. ne pouvait être sauvé, sans avoir reçu réellement ce sacrement, ou avoir à sa place sor.fiert le martyre. Cette opinion qui rendait les hommes coupables quoiqu'ils fassent dans une ignorance invincible de la loi, parut si dure à Hugues de Saint-Victor, qu'il écrivit au saint abbé de Clairvaux pour avoir son sentiment. Saint Bernard établit dans sa réponse que l'obligation de recevoir le Baptême n'a commencé qu'après que la loi évangélique, dont le Baptême fait partie, eût été suffîbamment promulguée. — C'c^t là le sujet principal de ce petit Traité. (Voir du reste tome 1, pag. 95).

Je suis persuadé que vous avez en mains de puissantes raisons et de légitimes autorités, qui vous faciliteront cette tâche. Que celui donc, aux propositions duquel vous m'obligez de répondre, sans me déclarer son nom, sache que je dis simplement mon sentiment sur les articles proposés, sans intention de le combattre, bien que ma pensée ne soit pas toujours conforme à la sienne. En effet, si j'ai raison, ce n'est pas moi c'est la vérité qui est contre lui. Et s'il ne rougit point de se rendre à la vérité, nous sommes d'accord avec lui, la vérité et moi ; s'il refuse de le faire, saint Paul nous avertit gue le serviteur de Dieu ne doit point contester^ mais plutôt pratiquer la patience envers tout le monde *. C'est pourquoi je ne prétends point entrer dans des contestations de paroles, et, suivant le sentiment de l'Apôtre, je veux éviter la nouveauté des termes. Je me borne à rapporter les opinions etles pa-, rôles des Pères, et non les miennes; car je ne suis pas plus éclairé qu'eux ; je laisse celui qui le veut, abonder dans son sens^ pourvu qu'il nous laisse, à son tour, la libertéde nous attacher au sens de l'Écriture, de la manière exprimée par l'Apôtre : Ce n'est pas que nous soyons capables de former de nous-mêmes aucune bonne pensée^ comme de nous-mêmes, mais toute notre science vient de Dieu *•

* II Tim., II, 24. — " II cpi'.ï m, 5,

LETTRÉ

TRAITÉ SUR LE BAPTÊME

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