‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 30 sur 385 · IS · texte numérisé non relu

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presés, ils sont tombés, Ils subissent sous les princes chrétiens une dnre servitude ; cependant, vers le soir ils se convertiront, et le temps viendra où le regard se reportera sur eux. Enfin, quand la multitude des Gentils sera entrée dans l'Église, alors tout hraël sera tauvé^ dit l'Apôtre*. En attendant, celui qui * meurt reste dans la mort.

7. Je passe sous silence, que, dans les lieux où ils manquent, nous avons la douleur de voir des usuriers chrétiens plus juifs que les Juifs, si toutefois on peut les appeler Chrétiens et -non pas plutôt Juifs baptisés. Si les Juifs sont exterminés, comment la promesse de leur salut ou de leur conversion s'accomplirat-elle? Quand même il faudrait attendre les Gentils de la môme façon, ne vaudrait-îl pas mieux patienter que de les contraindre par le glaive? Sans doute, s'ils se mettent à exercer contre nous des violences, il faut repousser la force par la force : c'est l'affaire de ceux qui ne portent pas en vain le glaive. Hais il convient à la piété chrétienne, si elle abaisse les superbes, d'épargner au contraire les vaincus, ceux surtout qui ont reçu les promesses de la loi, de qui sont descendus nos pères, et an nombre desquels était, selon la chair, le Christ •béni dans tous les siècles. Cependant, selon la ieneur de la décision apostolique, il faut exiger d'eux qu'ils affranchissent de toute obligation d'usure ceux qui auront pris la croix.

8. n est également nécessaire, frères bîenaimés, de vous donner un avis : si quelqu'un, aimant à exercer le commandement parmi voas, voulait par une expédition particulière devancer l'armée du royaume, qu'il n'en n'ait point l'audace : s'il prétend être envoyé par nous^ cela n'est pas; s'il montre des lettres que nous lui aurions données, considérez-les comme fausses, pour ne pas dire volées. Il faut choisir pour chefs des hommes de guerre, ayant l'expérience de ces entreprises ; il faut que l'armée du Seigneur parte avec ensemble, afin d'être partout en force et de n'avoir à craindre les violences de personne. Il y a eu dans la première expédition, avant que Jérusalem fût prise, un homme nommé Pierre *, dont vous-mêmes aussi avez, si je ne me trompe, souvent entendu parler. Cet homme, marchant seul avec les siens, a exposé à tant de périls le peuple qui avait eu confiance en

1 Rom., XI, 25.

* Pierre rHermite, dont parlent Gnillanme de Tyr, livre I«' de la Guerre sainte, et Jacques de Vitry, Histoire (COccidéni, ebip. xvu.

lui, que personne n'a échappé, ou qu'il n'y en a qu'un très-petit nombre qui n'ait pas péri par le fer ou par la faim. C'est pourquoi, si vous agissiez de la même façon, vous auriez à craindre la même destinée. Que Dieu, qui est béni dans tous les siècles, éloigne de vous ce malheur I Ainsi soit-il.

LETTRE CCCLXIV.

(Ecrite Vm 11460

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