CHANCELIER
U les exlkorte à ae pas 6*oppoaer aa dessein d'un seigneur qui possédait des biens ecclésûsiiqaes, mais qui voulait les céder i des religieux.
Lorsque des laïques veulent abandonner dea églises ou des bénéûces ecclésiastiques qu'Us détiennent indûment, c'est un bien ; mais, lorsqu'ils veulent les faire passer dans le^ mains des serviteurs de Dieu, le bien est doublé. Lorsque cela ne peut se. faire que par l'entremise de l'évêque, celui-ci se rend donc coupable d'un double mal, ou auteur d'un double bien, selon qu'il refuse ou donne son consentement. Ce que le cbevalier vous demande, il devait vous le demander. Quoi donc? lugcz-vous qu'il soit préférable de voir le sanctuaire de Dieu devenir le patrimoine d'un soldat, plutôt que celui des saints du Seigneur? Comment ne seiaiU)D pas surpris d'une telle opinion? N'y consentez pas, je vous prie, n'y consentez pas, de crainte que les enfants des incirconcis ne vous entendent et ne se réjouissent. Soit : vous pouvez arracher l'Église des mains puissantes qui la tiennent taptive, et la réclamer en vertu de votre droit, ce que nous ne pensons pas; qui donc, je vous le demande, choisiriez-vous de préférence pour être, relativement à elle, votre successeur et votre héritier ? Quelqu'un qui serve dans les armées du roi, ou bien quelqu'un qui intercède pour vos péchés? Faites donc ce qui est juste, digne de vous, agréable à Dieu et aux gens de bien ; ce qu'enfin je vous demanderais avec confiance de faire pour l'amour de nous, quand bien mdrae je n'aurais aucune autre raison de vous le demander.
LETTRE CCCXYII.
(Écrite l'an 1138*)
A SON PRIEUR GODEFROT '.
U lui promet que le schisme étant éteint, et la paix étant rétablie, il reyiendra le plus tôt possible auprès des siens.
Au frère Godefroy, le frère Bernard, salut.
Le jour même de l'octave de la Pentecôte, Dieu a comblé nos désirs en donnant l'unité à l'Église et la paix à l'univers* Car, en ce jour, les partisans de Pierre de Léon se sont tous
» 11 devint plus tard évéquc de l.angrcs (V. la Icllre 161.)
ensemble humiliés aux pieds du seigneur Pape, et, devenant ses vassaux, ils lui ont prêté serment de fidélité. Les clercs qui étaient passés au schisme, s'humiliant aussi aux pieds du Pontife avec l'idole ^ qu'ils avaient élevée, lui ont juré obéissance selon l'usage, et une grande joie s'est répandue parmi le peuple. | Nous serions revenu depuis longtemps, si nous n'avions attendu cette paix avec une certaine assurance, bien qu'elle nous ait été longtemps refusée. Désormais il n'y a plus rien qui nous retienne Ici. Je fais ce que vous m'avez ordonné ; je ne dis plus je partirai, mais je para. £n effet, je pars sur-le-champ, et j'ai avec moi ma récompense qui est la victoire du Christ et la paix de l'Ë^ise. Dans six jours, à partir d'ai^ourd'hui, nous quittons la ville. Et nous arrivons en triomphe, portant dans nos mains les fruits de la paix. Voilà sans doute de belles paroles; mais les faits sont plus beaux encore. Ils sont si beaux, en effet, qu'il n'y a qu'un ibu ou un méchant qui puisse ne pas s'en ré-^ jouir. Adieu.
LETTRE CCCXVin.
(tcrite vers Tan 1438.)