AU PAPE INNOCENT
U lai ezpoM les daogen de rtglise de Rekn, et le prie de venir promptemeot à son secours.
A son très-lendre père et seigneur, à Innocent, Souverain-Ponlife, le frère Bernard dit abbé de Qairvaux : le peu qu*il est.
L'Église de Reims penche vers sa ruine, cette glorieuse cité est livrée à l'opprobre, elle crie à ceux qui passent par le chemin, qu'il n'y a pas de douleur comparable à la sienne. Au*dehors, en effet, c'est la lutte ; au-dedans, la terreur. Et encore la lutte est aussi au-dedans, car ses fils combattent contre elle, elle n'a pas de père pour la délivrer \ son seul espoir, c'est Innocent : lui seul peut essuyer les larmes de ses joues. Mais jusqu'à quand, seigneur, tar^ derez-vousàlacouvrir du bouclier de votre protection? jusqu'à quand sera-t-elle foulée aux pieds sans trouver personne qui la relève? Déjà le roi s'est humilié, et sa colère s'est apaisée. Que reste-t-il donc à faire, sinon que la main apostolique s'étende vers l'affligée pour soigner et panser ses blessures? C'est pourquoi, nous croyons qu'il faut en premief lieu hâter l'é** lection, de crainte que l'insolence du peuple de
* L'antipape Victor qui, à la uoit d'Âuuclel, avait été éla nar les scbisuiutii|ues.
Reims ne perde ce qui reste, si un bras puissaut ne résiste à sa fureur. SI cette élection s'accomplît régulièrement, nous avons confiance que le Seigneur par sa grâce fera réussir le reste.
LETTRE CCCXIX.
(Écrite vers l'an 1138.) A TCBSTIN, ARGBKVftQOE d'tOU.
Il l'eihorte à ne pis se démettre de It charge ptitorale; ei, cepe&daot, il a m jnetes nusoni pour le faire, ou que le Bou« TenûB-Pontife y caoseote, il peut se retirer dam ua lieu o^ la discipline reÛ^^euse soit exactement observée .
A son révérend seigneor et père, à Turstin, par la gràcQ de Dieu archevêque d'York, Bernard, dit abbé de Clairvaux^esalut^moias sur cette terr^ de passage que dans la patrie.
1. Nous vous louons d'aspirer au repos et de désirer vous endormir en paix dans le Seigneur. Mais les raisons que vous alléguez ne paraissent pas suffisantes pour quitter les fonctions pasto^ raies, à moins que par hasard, ce qu'à Dieu pe plaise et co que nous ne croyons pas, vous n'ayez commis quelque faute mortelle, ou qu'une permission régulière ne vous ait été accordée au nom du Souverain-Pontife ^ Nous ne pensons pas en effet que vous ignoriez cette parole de TApôtre: Êtes-uous lié â une épouse, ne cherchez pas à vous délier *. Une promesse verbale, telle que vous dites en avoir fait une, n'oblige point un évéque, et ne l'empêche pas de persévérer dans le ministère auquel il est appela.
3. 11 nous semble donc, sans préjudice d'uli avis plus sage, que vous devez demeurer où vous êtes, et montrer, par Thumllité de votre conduite et par la sainteté de votre vie, sou^ l'évêque le moine '. Que ai quelque cause secrète vous force à vous retirer, ou que la seigneur Pape autorise votre retraite, d'après notre pauvre jugement, nous vous donnons le conseil da ne vous laisser effrayer par aucune austérité de nourriture ou de vêtement, ni |)ar aucune pratique de pauvreté, et de vous rendre
^ Saint Bernard approuve qu'un évèque se retire, s*il veut fiiire pénitence d'one faute {rave, ou si le Bouvcrain-Pontiie lui en a donné la permission Cette lettre parait avoir été écrite peu de temps avant la mort de Turstin, qui, diaprés Orderic, arriva dans Tannée 1139. Les lettres 195 et 235 sont adreatées au mâoia.
« 1 Cor. vu, 87,
> 11 n'était pas permis aux moines élevés à Tépiscopat, de renoncer à leur babil et à leur règle. Aussi » qualqu^a-uns nAoe trouvant cette règle incompatible avec les fonctions épiscopales, refusaient celles-ci. Tel est l'exemple qu'a donié Guy, abbé de Clairvaux, quand il fut nommé au ^lége de Ueims.
là où vous espérez trouvez une plus grande perfection. D'ailleurs, dans ces maisons, on veille au salut des âmes sans refuser aux corps les soins qui leur conviennent en raison de leur ftge et de leur faible$se. Nous sommes tout à vous, nous prions Dieu instamment pour vous, afin qu'il vous inspire ce qui sera le mieux et qu'il vous fasse la grâce de porter le poids du Jour et de la chaleur, de façon que vousreceviez sur le soir le denier marqué de l'empreinte royale.