A AMÉDÉE, ABBÉ D* HAUTE-COMBE
n le prie d'envoyer des messagers ii Montpellier, où devaient aborder les navires du roi de Sicile, afin que ces messagers s'excusent auprès du roi de ce qu'il n'a pas envoyé de religieux en Sicile.
A son cber frère dans le Seigneur, à Amédée, abbé d* Haute-Combe, le frère Bernard, dit abbé de Clairvaux : salut et affection.
Nous vous prions d'envoyer de notre part
quelqu'autre messager raisonnable et discret à Montpellier, de façon qu'il s'y trouve dans l'octave de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie : car à ce moment doivent être arrivés en ce lieu les envoyés du roi de Sicile^ qui descendent la mer sur leurs vaisseaux, pour conduire au fils de leur mattre la fille du comte Thibauld. Si par hasard ils ont amené des vaisseaux pour transporter nos frères, et qu'ils demandent la communauté que nous devions envoyer *, que votre messa* ger nous excuse en ces termes : a Les religieux sont prêts, et la communauté est instituée ; mais le seigneur Alfan, messager du roi de Sicile, a dit que le roi ne demandait que deux religieux qui précéderaient les autres pour examiner les lieux ; lorsque le seigneur roi sera disposé, il nous fera connaître sa volonté sur l'envoi de toute la communauté : car il y aurait péril pour la religion et pour notre Ordre, comme votre prudence le sait, à laisser sur une terre étrangère des religieux en dehors de la Règle, sans qu'ils fussent gardés par un abbé ni par d'autres frères. »
LETTRE CDXLVIIL
A m ANONYME.
II lui recommande l'abbé de Farsy, cardinal de la sainte Eglise romaine.
Nous vous recommandons un homme aussi noble par sa naissance que par ses mœurs, l'abbé de Farsy ", cardinal du Siège apostolique, pour que vous l'accueilliez avec honneur et bienveillance. Il vient de la part du seigneur Pape à la cour du Roi , appelé par celui-ci et chargé pour lui d'un message secret sur une affaire qui intéresse à la fois le royaume et l'Église. Recevez honorablement cet homme, qui est animé des meilleurs sentiments, et vous honorerez ainsi également en lui les deux plus illustres princes du
1 Saint Bernard envoya plus tard des religieux fonder nne abbaye en Sicile, et il mit à leur tète « Maître Bninon, qui avait été autrefois et pendant longtemps son intime compagnon, et qui devint ensuite père d'un grand nombre d*Âmes beureosesen Jésus-Christ », comme l'exprime la lettre CCIX, qui fut écrite en 1139 ; celle-ci semble être de la même année onde Tannée précédente*
* On a supposé que cet abbé était Gérard, qui fut nommé cardinal-diacre par Innocent II, et qui devint ensuite moine à Clairvaux, où sa sépulture se trouve. Mais, comme on ne t'expliquerait pas ainsi sa dignité d'abbé, il y a plus de raison de croire qu'il s'appelait Adinulfe, abbé de Sainte-Marie de Farsy, de l'Ordre de saint Benoit, créé cardinal-prètre de la MiBte Eglise romaine par Innocent U, l'an 1130.
monde, celui qu'il quitte, et celui vers lequel il vient, le Pape et l'Empereur. Il y a vraiment de la témérité de ma part à oser de mon obscurité vous recommander un tel homme ; mais son humilité, me l'ayant demandé, m'ôte toute honte, et, si j'ai fait une sottise, c'est lui qui m'y a contraint.
LETTRE CDXLIX.