LETTRE CCCXX
(Écrite l'an 1188.)
A AX<SXAN)>RE FRIElJa DS FONTAINE ET AUX REU- «lEUX DE CE MONASXiaE * »
n lei exborle à pracédai» d*iui «omonin açcwd, à l'éAsotton é'uo'Mttvel abbé.
A ses bien-aimés IVères en Jésus-Christ, à Alexandre, prieur, et à tout le couvent de Fontaine, le frère Bernard, dit a2)bé de Clairvaux i le salut et nos indignes prières.
1. Voire vénérable père* a terminé sa course par une an heureuse, et il s'est endormi dans le Seigneur. Pour moi, quoiqu'en tout temps je sois animé d'une charité paternelle pour vous, comme si vous étiez mes propres entrailles, cependant j'ai aujourd'hui une sollicitude d'autant plus grande, qu'une plus grande nécessité vous presse. Aussi j'aurais deimis longtemps envoyé vers vous, si je n'avais attendu de pouvoir le faire avec plus de commodité et d'avantage. Le vénérableabbé Henri, occupé de quelques affaires *, ne pouvait pas partir plus tôt et c'est lui que, dès le commencement, j'avais résolu de vous envoyer, parce qu'il me paraissait le plus capable et le plus propre à cette négociation. Recevez-ledonc, mes bien-aimés frères, avec l'honneur et l'atrection dont 11 est digne, et en toutes choses écoutez-le comme moimême. Bien plus, écoutez-le mieux encore, et
t Alexandre était frère utérin de Riebard, deasiioie da nom, abbé de Fontaine en Angleterre, qui nourut à Clairvaux, ainai que Tattestc Scrlon {Monasticum anijlicanum^ t. i, p. 854). U y eut un autre Alexandre, qui était aussi anglais et abbé 4*un monastère du nom de Fontaine, mai& dans le diocèse de Tours. Sur le monastère de Fontaine en Angleterre , consultet les lettres 235 et 252.
• Riebard II, mort à Clairvtux le 16 mai 113S.11 ne Ibut paa Is confondre avec Richard ]fi^, auquel est adreaée la lettre OC»
' Henri de Nnrdacb^ alon abbé de Vauxcliir, anqnel est •dressée la lettre suivante, était alors occepé d'on différend qni s'était élevé entre le monastère de Vamelair tt celai de Guiasy. L-abbé de ee dernier monastère était Luc, «uqmI est adresstïc la lutli-e 19.
d'autant mieux qu'il me surpasse davantage en prudence et en mérite. Je lui ai remis tous mes pouvoirs, soit pour l'élection qui va se faire, soit pour tout ce qu'il faudra régler ou réformer dans votre monastère et dans les autres qui en sont sortis *. J'ai envoyé avec lui le frère Guillaume, qui est notre fils bien-aimé. 2. Hais maintenant je vous supplie comme mes très-chers fils, de faire votre élection d'un commun accord, de ne point laisser en vous de division, maisde glorifier tousle Seigneur d'un même cœur et d'une même bouche, car il n'est pasle Dieu delà division, mais celui delà paix ; c'est dans la paix qu'il a mis sa demeure, et il dit: Celui qui n amasse pas avec moi, dissipe*. Que ceux qui sont à l'école du Christ sous la discipline de l'Esprit-Saint, se gardent de donner à l'enn^ni sujet de se réjouir et de se glorifier de leurs dissensions; car leurs ftmes seraient en péril, toulle travail de leur pénitence deviendrait inutile^ ils mettraient la corruption à la place de la bonne odeur de notre Ordre, et ils blasphémeraient le nom du Christ, eux qui doivent surtout le glorifier. Mais non J'ai confiance en vous. Comme il convient à des saints, comme doivent agir des serviteurs du Christ^ choisissez avec unanimité, je vous en conjure, un pasteur capable de conduire vos fimes ; agissez de concert avec les vénérables abbés de Rieval et de Vauxclair. Je veux qu'en toutes choses vous vous rangiez à leur avis, comme si c'était le nôtr&
LETTRE CCCXXL
(Écrite i*an 1438.)
A HENRI DE MCRD.VCH*,d' ABORD ABBÉ DE VAUXCLAIR, ENSUITE ABBÉ DE FONTAINE, ET ENFIN ARCHE* VÊQUB d'tORK.
Il lui ordonne de ne pas repoosser son élection comme abbé de Fontaine.
A son bien-^mé frère et collè^cue, Henrij le frère Bernard, dit abbé de Clairvaux : salut et prières.
Mon frère Henri, si nos frères de Fontaine de concert avec le vénérable abbé de Rieval,
* Troia monaatèrea étalent sortis de la maison de Fontaine : le monastère Neuf, dans le diocèse de Carlyste, et ceux de Kerkeustad et de Lnde-Paiic, dans le diocèse de Lincoln.
* Luc XI, 23.
s Henri, anglais de naissance, auquel est déjà adressée la lettre 106, fol d'abord moine à Clairvaux. Envoyé vers la fin de Tannée 1135, avec douze compagnons, pour fonder le monastère de Vamoctair dans le diocèse de Laon, il le gouverna jusqu*à la fin de l'année 1138, époque à laquelle il fut mis à la tète de Tabbaye de Fontaitte, poste qu*il occupa sur Tordre de saint Bernard. Nommé archevêque d'York en 1147, il mourut en il 53, la veille des ides d'octobre, d'après le Nécroinje de Clairvaux.
se sont accordés à vous élire, je vous invile à ne point résister, mais à obéir dans la charité. Je le fais à regret, car je sais que je perdrai par votre absence une grande consolation; mais je crains de m'opposer à un tel accord, car je crois que lorsque les votes de tant de religieux sont unanimes, ces votes viennent du Seigneur, puisque je lis dans l'Evangile : Dès que deux ou trois seront assemblés en mon nom, je serai au milieu d'eux ^ . Courage donc, mon très-cher, acceptez leur élection, et désormais prenez soin d'eux, comme étant le pasteur de leurs âmes. Ne craignez pas pour la maison que vous aviez entrepris de gouverner; j'aurai soin, par la grâce de Dieu, de lui donner un bon administrateur, car elle est près de moi. N'hésitez pas non plus à obéir à cause de Tévéque * : reposez-vous de cela sur moi.
LETTRE CCCXXII.
(Écrite vers l'an U38.) A BDGURS, NOYICB ET ENSUITE ABBÏ DE BONNBTAL.
Il loue son dessein d'embrasser la vie religieuse, le prémunit contre les tentations, et l'excite à la persévérance.
A son très-cher fils dans le Christ^ à Hugues, nouvelle créature en Jésus-Chnst^ le frère Bernard, dit abbé de Clairvaux : qu*il s'affermisse dans le Seigneur.
1. La nouvelle de Totre conTersion nous a rempli de joie et d'allégresse. Pourquoi les hommes ne se réjouiraient-ils pas de ce qui fait la joie des anges? Déjà dans les cieux on célèbre la fête, on fait retentir des actions de grâces et des cantiques de louange. Un jeune homme, noble et délicat, a vaincu le Mauvais, a méprisé le monde, a livré son corps, a renoncé à Taffection de ses proches, a trayersé, parce qu'il avait des ailes, les filets de la richesse tendus pour lui. D'où tous vient cel^e sagesse, 6 mon fils ? Nous n'en avons pas, en eifet, tant trouvé dans les vieillards de labylone. Ce sont eux, qui, selon l'Apôtre, du plutôt malgré lui, veulent devenir riches «lans ce siècle, et tombent ainsi dans la tenition et dans les pièges du diable'. La sagesse de notre Hugues n'est pas de la terre, mais du ciel. Je vous loue, ô mon Père, d'avoir caché ces choses aux sages, et de les avoir révélées à
* Matth. xviif, 20.
* Barthélémy, érèqne de Laon, dans le diocèse de qui était situé Vauxclair.
* I Tim vî, 9.
nn enfant. Pour tous, mon flls, ne soyez pas ingrat, après ce bienfait du Rédempteur ; déposez les goûts de l'enfance, ou plutôt soyez un enfant pour le mal, mais non pour la raison * . Que l'austérité de l'ordre n'effraie pas votre tendre jeunesse ; souvenez vous que plus le chardon est rude, plus il rend rétoffe douce, que la règle fait de même à l'égard de la conscience. La suavité du Christ vous sera donnée, et les mets insipides seront assaisonnés de la farine du prophète *. Si vous sentez les aiguillons de la tentation, regardez le serpent d'airain élevé sur le bois, et sucez moins les plaies, que les mamelles du Crucifié. 11 vous servira de mère, vous lui tiendrez lieu de fils, et les clous ne pourront le blesser sans parvenir à travers ses mains et ses pieds jusqu'aux vôtres.
2. Hais les ennemis de l'homme sont les gens de sa maison *. Ce n'est pas vous qu'ils aiment, mais le plaisir qu'ils tirent de vous. Qu'ils attendent donc notre enfant leur dire : Si vous rnaimieZy vous vous réjouiriez certainement^ parce que je rnen vais à mon Père ^. « Si votre père, dit saint Jérôme, se couche étendu sur le seuil, si votre mère, ouvrant son sein, vous montre les mamelles qui vous ont allaité, si vos petits neveux se suspendent à votre cou, passez sur le corps de votre père, passez sur le corps de votre mère, et, d'un œil sec, volez à l'étendard de la Croix. Le dernier degré de la pitié en cette occasion, c'est d'être cruel pour l'amour du Christ*. » Ne vous laissez point émouvoir par les larmes des insensés, qui vous pleurent, parce que, d'un enfant de colère, vous êtes devenu un enfant de Dieu. Hélas! d'où vient à ces malheureux cette passion barbare •? qu'est-ce que cet amour cruel, cette injuste tendresse? Les mauvais entretiens corrompent les bonnes mœurs \ C'est pourquoi, évitez autant que vous le pouvez, mon fils, les vaines conversations des étrangers ; tandis qu'elles remplissent les oreilles, elles rendent l'esprit vide. Apprenez à prier Dieu, apprenez à élever votre cœur avec vos mains ; apprenez à diriger vers le ciel des regards suppliants et à présenter dans tous vos besoins au Père des miséricordes un visage digne de compassion. Il serait impie de croire que Dieu puisse vous fermer ses entrailles, et détourner son oreille de vos cris ou de vos sanglots. Au reste, souvenez-vous que vous
* l Cor. XIV, 20.— « IV Rois iv, 39-4i. — » Mich. Yll,6. — * Jean xiv, 28. — » S. Jérôme, Ict. 1" à fléliodore. — • Virg. .Sneid. vi, v. 720. — ' I Cof . xv, 33.
devez en toutes choses vous rendre aux conseils de vos pères spirituels, comme aux préceptes de la majesté divine. Faites cela et vous vivrez : faites cela, et la bénédiction se répandra sur vous, en sorte que pour chaque chose que vous aurez abandonnée, vous recevrez le centuple, même dans la vie présente. Ne croyez pas à ceux qui vous persuadent que cette résolution est prématurée, et qu'il aurait fallu la différer jusqu'à un âge plus avancé; croyez plutôt à Celui qui a dit : // est bon pour l'homme d'avoir porté le joug dès sa jeunesse^ il s'assiéra dans la solitude^ car il s'est élevé au-dessus de lui' même *. Portez-vous bien, et appliquez- vous à la persévérance, qui seule est couronnée.
LETTRE CCCXXIIF.
(Écrite r an 1139.)
AU PAPB INNOCENT.
En ftivenr de Tarchevèque de Trêves contre Tabbé de Saiot- Maximin *
1. Qu'elle est grande, seigneur, l'abondance de votre douceur et de votre tendresse pour nous, comme nous en avons souvent fait l'expérience 1 II nous reste à l'éprouver encore dans les circonstances présentes. Loin de nous l'audace de solliciter de vous quelque chose que nous ne trouverions pas conforme à votre honneur et à la volonté de Dieu ; mais, comme notre cœur ne nous reproche pas de vous adresser une demande injuste ou déraisonnable, nous avons confiance que nos prières ne nous reviendront pas sans être exaucées, surtout puisque nous nous adressons à un père en faveur de son fils, à Innocent en faveur d'un innocent. Avec quelle fidélité l'archevêque de Trêves n'a-t-il pas aimé dès sa jeunesse la gloire du Siège apostolique et la paix de l'Église Romaine ; avec quelle fermeté et quelle sollicitude ne s'est-il pas attaché à elle au temps de la tribulation, et n'a-t-il pas porté avec elle le poids du jour et de la chaleur, tandis que les autres s'asseyaient à l'onàbre ; avec quelle constance et quelle intrépidité n*a-t-il pas, pour lui rendre témoignage, fait entendre, au nom de ses collègues, la voix de la vérité en présence des rois; il n'est pas nécessaire que je vous l'écrive, car vous en êtes parfaitement instruit. Pour le reste nous parlons de ce que nous connaissons ; et, si vous acceptez notre témoignage, il porte sur ce que nous avons vu ; sur la prudence et la prévoyance avec lesquelles ce prélat
*• Thren. m, 27 et 28. La citation de saint Bernard n'est pas conforme à la Vulgate.
s Voyez les lettres 179 et 180.
iO
a i*etiré les biens et les possessions de l'Église des mains des enfants étrangers ; sur la largesse et la bonté qu'il a mises à toujours partager ses propres biens, surtout avec les serviteurs de la foi ; enfin, sur le soin et la circonspection qu'il a déployés pour garder sa réputation intacte en face des lèvres impiesetdes langues trompeuses. 2. Qu'y-a-t-il donc en lui qui ait déplu à votre paternité ! Est-ce parce qu'ila arraché à la puissance royale l'église de Saint-Maximin pour la soumettre à l'autorité ecclésiastique? £st*ce parcequ'il n'a pas admis cet liomme qui,dit-on, voulait être chef avant d'avoir été soldat, abbé avant d'avoir été moine? 8i c'est cela ou quelque autre chose qui vous ait déplu en lui, il était juste pourtant qu'une affection confirmée par le temps ne pérît pas facilement dans votre cœur paternel, que le mérite couvrît la faute, et que le souvenir d'un grand nombre de bonnes œuvres excusât cet homme repréhensîble sur quelques points, et sur beaucoup d'autres digne d'éloges. Mais maintenant, seigneur, vous avez élevé la puissance de ceux qui Toppriment, vous avez comblé de joie ses ennemis. Beaucoup de personnes se demandent avec étonnement par quelle vie méritoire, par quelle réputation de probité, un homme qui a reçu son âme en vain, a mérité de gouverner celles des autres. Comment saura-t-il diriger, lui qui n'a pas pu être dirigé? Comment oserat-il commander lui qui n'a pas appris à se soumettre ? Comment imposera-t-il l'obéissance à ses subordonnés, lui qui n'a pas su la rendre à ses supérieurs? Si quelqu'un^ dit le Maître des nations, ne sait pas commander dans sa maison^ comment prendra-t-il soin de l'Église de Dieu * ? Enfin tel a été le père, tels ont été les enfants : eux qui ont cruellemçnt déchiré les entrailles. de leur Mère pour en tirer de quoi nourrir leurs dissensions et leurs schismes ; eux dont la vie et les maux sont tels, qu'il est plus honnête de n'en rien dire que d'en parler. Ce que nous disons, ce n'est pas pour juger les serviteurs d'autrui : qu'ils tombent ou restent debout, c'est l'affaire de leur maître. Mais nous savons que si la volonté de ces malheureux prévaut, les Jeunes gens dissolus secoueront de leurs têtes le joug de la discipline, afin de pouvoir comme eux courir et se promener par toute la terre ; et, quand bien môme il n'atteindraient pas au but de leurs désirs, ils se feront un sujet de gloire d'avoir pu résister à leurs supérieurs. Hélas I combien de personnes, et des plus dignes^ qui fie reposent de leurs légitimes
* Tim. m, 5.
intérêts sur votre misérieof do, et qui sentirmit leur espoir et leur conûance s'ébranler, si uîie tempête soudaine arrache de votre cœur et prive des consolations de voUo sein un fils autrefois tant aimé ?
3. Si donc nos prières ont quelque accès auprès de Votre Excellence, bienheureux Père, nous vous demandons avec instance, nous qui aimons plus votre personne que vos biens, de ne pas repousser, aux jours de la prospérité, l'homme qui vous est demeuré fidèle dans vos épreuves; ne laissez périr devant vous aucun de ses droits, car il s'attendait à être élevé plutôt qu'à être abaissé par vous. Autrement, si malgré Tespuir de tous, malgré les mérites vrais de cet homme, il arrive que les étrangers lui arrachent le fruit de ses travaux, et lui rendent le mal pour le bien, la haine pour l'amour, il sera seul sans doute à recevoir une telle blessure d'une main dontil ne redoute rien; mais beaucoup s'affligeront de cette persécution. Qua.rËsprit de vérité, qui procède du Père, vous enseigne à séparer la lumière des ténèbres dans toutes vos œuvres, afin que vous sachiez repousser le mal et choisir le bien.
LETTRE CCCXXIV.
(Écrite Tan xm.)
A KOBBUT, ABBâ DB8 DUIIBS ^.
H lui donne, pour consolation de leur mutuelle absence, fuBiOD fotiire de leurs âmes, et même de leurs corps.
A son très-cher ami et frère, à Tabbé Robert, le frère Hernard de Clairvaux : tout ce qu'on souhaite à un ami très-cher.
Que je vous ai connu tard, etquevousm'êtea Vite enlevé, mon très-cher Robert l Mais je ma console, parce que mon corps seul en souffre; en esprit, vous êtes toujours avec moi. Cepen* dant, comment pourrais-je même supporter cela avec résignation, si en cette affaire il ne s'agissait uniquement de Dieu ? Viendra le temps, oui, viendra le temps où nous serons rendus Tun à Tautre, où réunis dans les deux portions de notre être, pour n'être plus jamais séparés,nousiouironspleinementrun de l'autre et de nous-mêmes. Celui qui estaujourd'Imi la cause de nolrecourte séparation, sera le ciment
1 Ce Robert est celui que saint Bernard, au moment de sa mort, désigna pour son successeur à Ciairvaui, et qui, en crfel, lui succéda. On appelle dunes , on Belgique , des collines de sables formées soit par la nature, soit par les flots de la mer sur le rivage. H y eut là aulrerois un monasière très-florissant, cl aujourd'hui enseveli dans les sables, parce que las malheurs de la guerre firent négliger reotrelien des palissades qui le protégeaient.
de notre union si complète : il nous sera toujours présent, etnousconserveraétemellement présents à nous-mêmes. Nous saluons tous tob nis, qui sont aussi les nôtres, et nous leur demandons de prier pour nous.
LETTRE CCCXXV.
(Écrite vers l'aa H39.) AU MÉVB sua LE NOVICE IDERIUS
Comité par Robert, faint Bernard liii dit ce qu'il iaut faire d*aa novice difScile.
Au sujet de ce frère que tous me dites être jusqu'ici non-seulement inutile, mais même insupportable, sans parler de ce que vous ne voyez pas encore, voici le conseil que nous donnons à votre charité, comme nous nous le donnerions à nous-méme. H nous semble, d'après ce que vous nous rapportez de lui, que dans son noviciat il ne s'est montré digne ni de l'épreuve, ni de l'admission. Ainsi, raisonnablement et en toute sûreté de conscience, vous pouviez Atcr le mal du milieu de vous; il l'a mérité. Cependant, si votre pitié veut mettre la miséricorde au-dessus de la justice, vous pouvez le garder encore, sans qu'il fasse profession, autant de temps que vous le jugerez convenable. Mais nous vous détournons tout à fait de l'admettre dans cet état à la profession : qu'il soit éprouvé de nouveau, pour qu'on voie s'il se montre tel qu'il doit être. Sinon, il faut recourir au fer de la séparation, de crainte qu'une seule brebis malade ne gâte tout le troupeau.