AU PERE NICOLAS POLLIENS, DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS
(nriom)
Témoignages d'affection pour les PP. Jésuites de Chambéry et de sympathique dévouement à une pieuse chrétienne qui soupirait après le cloître.
Annecy, i«' octobre 1608.
Mon Révérend Père,
Vostre charité vous trompe saintement en moy, qu'elle vous représente pour digne de vostre affection et de tous vos Pères et Frères, bien qu'en vérité je manque de toutes les conditions requises pour recevoir ce bonheur ; excepté de Ihonneur et respect que je vous dois a tous, et particulièrement a vous, car en cela je ne veux céder a personne. Les bons PP. Villardi ( 0 et Muilet ( » ) furent receuz
(i) François Villiardi, né i Avignon le 8 février 1^61, entra dans la Compagnie de Jésus le 13 mai 1^79, fit profession le is juillet 1601 ; il mourut le 18 février 1617, après avoir exercé le ministère de l'enseignement et de U prédication. (Diaprés les notes du R, P, van Meurs, S. /,)
(s) Le P. Antoine Millieu — « Muilet » est certainement une erreur qu*il faut attribuer sans doute à la transcription — naquit à Lyon le xo septembre 1574; admis dans la Compagnie à Tâge de dix-sept ans, profès le 6 janvier x6it, il
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icy avec plus de cœur que de démonstrations et plus de démonstrations que de bonne chère. Ma gloire en eust esté accomplie, s'ilz eussent eu plus de loysir de nous favoriser de leur présence ; une autre fois, en pareille occasion, je veux implorer vostre entremise pour obtenir du P. Recteur (0 une prolongation de ce contentement pour moy.
Dieu sçait que je chéris la bonne fille M"' Clément («), et voudrois bien la voir assouvie en ses devotz désirs ; mais, mon cher Père, je ne pense pas que son cors puisse porter les efFortz de la forme de vivre des Religfieuses de Sainte Claire, et ailleurs en Savoye, ou la pourroit on mettre qu'elle ne fust pire qu'au siècle ? Je me suis enquis en Bourgoigne s'il y auroit moyen, mais je n'ay sceu rencontrer. Dieu la consolera, puisqu'en luy elle a mis sa confiance ; et si elle vient icy ce Caresme prochain, j'auray plus de loysir de voir en quoy je la pourray ayder et servir en cela, car quant a mon affection, elle y est toute entière, comme aussi a vous honnorer toute ma vie, mon Révérend Père, et demeurer
Vostre confrère et serviteur
plus humble et affectionné,
Franc», E. de Genève.
i*' octobre 1608.
Je vous supplie de m'assister auprès de Nostre Seigneur par vos prières, et d'impetrer la mesme grâce de vos Pères et Frères.
Au R. Père Nicolas Polliens,
de la Compagnie de Jésus.
A Chamberi.
Rêva sur une aocieone copie conservée à U VisUttioo de Turin.
enseigna successivement les lettres, It philosophie et U théologie pendant plusieurs années. Recteur de Vienne et de la maison Saint-Joseph à Lyon, socitis du provincial et provincial en 1649, il mourut à Rome le 14 février 1646. Ce Religieux est Tauteur d*un curieux poème qui a pour titre : Mo/ses viator : seM, Jmago Miliiantis EccUsim Mosafcis Peregrinaniis Synagoga lyph adum-^ hrata, Lugduni, 1636' 1639.
( X ) Le P. Jean Fourier.
(s) Voir le tome précédent, p. S44, et la lettre suivante.
CDLXXXIII