A M. CLAUDE BRETAGNE
Souhaits de courtoisie i un magistrat à la fin d'une année. Ponrqnoi la fuite des années ne doit pas nous attrister.
Annecy, 38 décembre 1 608.
Monsieur,
Cette année, qui se passe en ces deux jours suivans, me sera mémorable pour avoir en icelle receu le bien de
( 1 ) Claude Bretagne, conseiller du roi au Parlement de Bourgogne, commissaire anx requêtes du Palais, lieuteuant-général au bailliage d'Auxois, seigneur de Benoisey, etc., avait cessé de vivre en 1693. Sa femme, Claude de la Plume, lui survécut. (Archiv. départ, de la C6te-d'Or.) Une petite-fille du destinataire, Reine-Françoise, entra à la Visitation de Dijon. (Voir l'Année Sainte, tome IV, p. 64a.)
Année 1608 101
vostre amitié et connoissance. Avant donq qu'elle finisse, je me veux ramentevoir en vostre souvenance, et vous supplier de me conserver en cette nouvelle année venante le mesme bonheur que vous m'aves donné en celle cy. Elles s'en vont bien viste, ces années, et nous vont ravissant après, ou plustost avec elles ; mais que nous en doitil chaloir, puis que, moyennant la miséricorde de Dieu, elles nous vont fondre et abismer dedans une profonde éternité ?
Je suis toute ma vie. Monsieur,
Vostre bien humble serviteur.
Franc», E. de Genève.
28 décembre 1608.
A Monsieur
Monsieur Bretaigne,
Conseiller de Sa Majesté au Parlement de Bourgoigne.
A Dijon.
A LA BARONNE DE CHANTAL
(pragment)
Dieu favorise le dessein de la Visitation en lui préparant des âmes d^élite. Une prétendante ; estime qa*en fait le saint Evéque.
Annecy, fin décembre 1608.
Courage, ma Fille, Dieu nous veut ayder a nostre dessein ; il nous prépare des âmes d'eslite. Madamoyselle de Blonay, de laquelle autrefois je vous ay parlé, m'a declairé son désir d'estre Religieuse!»); Dieu Ta
( X ) Comme François de Sales derait prêcher en sa cathédrale les fêtes de Noël, TAbbesse de Sainte-Catherine, invitée par M*"* de Cbarmoisy, descendit à Annecy- pour Tentendre, accompagnée de quatre Religieuses et d'autant de
103 Lettres de saint François de Sales
marquée pour estre de la Congregfatîon. Je luy ay dit de me laisser gouverner son secret, et je me veux rendre bien soigneux de servir cette ame en son inspiration, car Dieu m'a donné quelque mouvement particulier la dessus. Je tiens des-ja cette fille pour vostre et pour mienne. .
pensionnaires. Parmi ces dernières, se trooTait Marie-Aimée de Blonay. La jeane fille, qui songeait à la vie da cloître, découvrit avec noe joie candide tons ses sentiments à l'ami vénéré de sa petite enfance, car le Saint Tavait. connue presque dès le berceau, durant son apostolat en Chablais. Illa fit « promener avec luy plus d'une heure dans la saUe joignant sa chapelle... Durant ce tro^-asinct et tres-aimable entretien, » ajoute-t-elle, « mon ame fut saisie de nouveaux sentimens de la présence divine et de ses Anges. » Cest dans ce pieux colloque que TEvéque tourna les pensées de Tangélique en£ant vers la Congrégation qui allait naître.
Lesligpc»^ce fragment de lettre ont été écrites i cette occasion et portent ainsi leur date. (Voir Ch.-Aug. de Sales, La Vie de la Mère Marie Aymie de Blonay (Paris, 16)5), chap. 1, 11.)