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(PRAGMBHT iniorr)
Un • point d'importance. » » Les feuilles, les flenrs et les fruits des amitiés mondaines. — Les petits renardeaux et les mouches mortes. — Les amitiés mauvaises et les amitiés de charité ; différence de leurs allures. ~~ Il faut couper les premières, et ■ au couteau tranchant, m — Le trouble de la Sainte Vierge i la vue d*un Ange doit servir de leçon aux âmes pudiques.
Ayes memoyre de Tadvis de saint Jacques*: L'ami- •Cap. iv, 4. tié du monde est ennemie de Dieu. * Gardes vous de • et tom. pr«ced., recevoir ou nourrir aucune amitié mondaine, sous quel pp*'^'»"''prétexte que ce soit ; ceci est un point d'importance.
* Vous descouvrires cette amitié par ses feuilles, par * Cf. tom. m, pp. ses fleurs [et par ses fruits]. Ses fruitz, ses feuilles et ses * ' fleurs ne valent rien. Ses feuilles sont des paroles bien coiffées, recherchées, inutiles, affectées, louanges tirées de vos qualités naturelles et civiles, et semblables vanités. Ostés-vous de la, ma Fille, car l'ombre de ces feuilles est vénéneuse. Les fruitz sont : distraction de cœur, obscurcissement d'esprit, degoustement d'ame, dissipation des facultés intérieures. Oh ! Dieu vous défende de ces accidens.
Saysisses, dit il au Cantique *, ces petit^ renardeaux, * Cap. n, 15. car ilz démolissent les vignes. Telles petites galanteries sont renardeaux qu'on ne voit presque pas : ilz sont propres a se cacher parce qu'ilz sont petitz ; ilz se fourrent insensiblement au travers de la haye de nos resolutions, mais ilz ne laissent pas de faire un grand degast, pour
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peu d'entrée qu'on leur donne. La vraye marque de ces renardeaux, c'est qu'ilz ne voudroyent ni dire ni faire ce qu'ilz dient, et voudroyent qu'il ne fust sceu de personne ; ilz recherchent les ténèbres et fuyent le jour ; ilz recherchent des immodérés secretz et silence. Toutes telles amitiés sont mondaines et desplaisantes a Dieu.
Ce sont ces mouches qui perdent la suavité de l'un-
• Eccics., X, I. guent, parce qu'elles sont mortes *. La vraye amitié de
charité est ronde, franche, ouverte, sans fierté, sans finesse, toute simple, point jalouse, point affectée. O mouche morte, que fais tu dans ce miel ? Que te sert il d'estre parmi l'unguent, ni a l'unguent de te recevoir ? Si tu estois vive, tu ferois le miel, et le miel te nourriroit ; tu mangerois l'unguent, et l'unguent te parfumeroit, tu emporterois le parfum ça et la : mais morte, tu perds l'unguent.
•Cf.tom.iil, p.ai I. ♦ Coupés, trancbés ces amitiés, et ne vous amuses pas a les desnoùer : il faut les ciseaux et le couteau. Non, les nœudz sont minces, entrefichés, entortillés ; vous les penseres desfaire, et les entreficheres plus fort ; vos ongles [sont] trop courtes pour passer toutes ces boucles. Ce n'est qu'au couteau tranchant qu'on les coupe ; aussi bien les cordons ne valent rien : qu'on ne les espargne f>oint. Ce n'est pas moy qui dis ceci, c'est Dieu.
Voyes vostre sainte Abbesse : elle se trouble voyant
• Luc, I, «8, a9. un Ange en forme d'homme avec elle *, parce qu'il la
loûoit et qu'elle estoit seule. Sauveur de mon ame ! elle
craint un Ange en forme humaine ; craignes un homme,
encor qu'il soit en forme d'ange, car le danger en est •Cf. toni. III. p. ,. / Aik n^ 4. ^-T
ao8,ctiupra,p.7i. bien plus grand*. C est asses dit.
Années 1605-1608 109
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Vertus, exercices, lien, rang, gloire et couronne des veuves. — A qui faut-il laisser les extases et la contemplation de l'Essence divine. — Tableau rapide des vertus que la très Sainte Vierge a pratiquées depuis Nazareth jusqu*au Calvaire. — Les petites et les grandes vertus; c'est par les unes qu'on arrive aux autres. — La « femme forte • et ce qu*il faut faire pour lui ressembler. — Dieu, comme un bon père, accommode ses pas aux nôtres. — Comment fortifier son cœur contre Satan et le rendre « imprenable. »
Chacun doit aymer les vertus qui luy sont convenables, chacun selon sa vocation.* Les vertus d'une vefve sont • Cf. tom. pneced., l'humilité, le mespris du monde et de soy mesme, la ^^'^^^ -39>d. simplicité. Ses exercices sont l'amour de son abjection, le service des pauvres et des malades ; son lieu, le pied de la Croix ; son rang, le dernier ; sa gloire, d'estre mesprisée ; sa couronne doit estre sa misère : (0 petites vertus. * Car, quant aux extases, insensibilités, et ces unions • Cf. tom. m, pp. deifiques, eslevations, transformations et semblables ver- '^'' '^*' tus, et qu'on estime distraction de servir Nostre Seigneur en son humanité et membres d'icelle, et ne s'amuse plus qu'a la contemplation de l'Essence divine, il les faut laisser pour les âmes rares, eslevees et qui en sont dignes. Nous ne méritons pas tel rang au service de Dieu ; il le faut servir premièrement es bas offices, avant que d'estre attirée a son cabinet*. • Cf. tom. pr«ced.,
Voyes vostre Abbesse par tout ou elle est. En sa cham- ^^' * *» * ^' * ^• bre de Nazareth : elle exerce sa pudicité en craignant ; sa candeur, désirant d'estre enseignée et interrogeant ; sa démission, son humilité, se disant chambrière*. Voyes * Luc.,i, 59, 3^, 38. la en Bethléem : elle exerce une vie simple de pauvreté ; elle escoute les bergers comme si c'eussent esté de grans docteurs. Voyes la avec les Rois : elle ne s'empresse point a leur faire des harangues. Voyes la en la Purification : elle va pour obéir a la coustume ecclésiastique*. • Ibid., n, aa-a^. En allant et revenant de TEgypte, elle obéit simplement
( I ) La fin de cet alinéa et les deux suivants sont inédits, sauf les lignes 14-17 de la p. 110.
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• Mttt., u, M, ai. a saint Joseph *. Elle ne croit pas de perdre le tems
• Luc, 1, 39, 40, 56. d'aller visiter sa cousine sainte Elizabeth *, par office
d'une charitable civilité. Elle cherche Nostre [Seigfneur]
• ibid., Il, 48. non pas en se res-jouissant, mais en pleurant *. Elle a
compassion de la pauvreté et confusion de ceux qui Tont
• jotn., n, 3. invitée aux noces, leur procurant leurs nécessités*. Elle
• Ibid., znc, 95. est au pied de la Croix *, humblement humble, basse,
vertueuse, et vertueusement basse.
•Cf.toni.iii,p.T3a. * Dieu ne recompense pas ses serviteurs selon la dignité de l'office qu'ilz exercent. Je ne dis pas qu'il ne faille aspirer a ces hautes et suprêmes vertus, mais je dis qu'il faut s'exercer aux petites, sans lesquelles les grandes sont souvent fauses et trompeuses. Apprenons a soufifrir volontier des paroles d'abaissement et qui tendent au ravalement de nos opinions et de nos advis ; puis nous apprendrons a souffrir le martyre, a faire l'anéantissement en Dieu et l'insensibilité en toutes choses. David apprit premièrement a esgorger les bestes et puis a des- •I Rcg., xvu, 34- faire les armées*. L'on sçait ce qu'Eliezer fit pour conlis, noistre si Rebecca estoit propre pour estre espouse du
filz de son maistre Abraham : [ce] fut en luy demandant a boire de l'eau, espreuvant si elle en donneroit volontier et espreuvant encores si elle en donneroit volontier
• G€D.,xxiv,i3-io. a ses chameaux *. Petite courtoisie ; basse vertu, mais
marque d'une bien grande.
Je ne forclos pas l'eslevation de l'ame, l'orayson mentale, la conversation intérieure avec Dieu, l'eslancement perpétuel du cœur en Nostre Seigneur ; mais sçaves vous ce que je veux dire, ma Fille ? Je veux dire qu'il vous faut estre comme cette femme forte, de laquelle le Sage
• Prov.,uit., 19. dit* : Elle a mis la main a choses fortes et ses doigt j
ont manié U fuseau. Médites, esleves vostre esprit, portes-le en Dieu, c'est a dire, tires Dieu en vostre esprit : voyla les choses fortes. Mais avec tout cela, n'oublies pas vostre quenouille et vostre fuseau : filés le fil des
•Cf.toni. prsBced., petites vertus, abaisses vous aux exercices de charité*.
pp. 186, aoa. Q^j ^.^ autrement, se trompe et est trompé.
Laisses moy le soin de vos autres désirs, je les vous garderay fort soigneusement ; n'en ayes nul souci, car
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peut estre aussi ne vous les rendray je jamais et ne sera pas expédient ; mais asseures vous que je ne les employeray pas mal. J'en dois rendre conte a Dieu et je m'en charge.
Chemines tous-jours devant Dieu et devant vous. Dieu prend playsir a vous voir faire vos petitz pas, et, comme un bon père qui tient son enfant par la main, il accommodera ses pas aux vostres et se contentera de n'aller pas plus viste que vous. Dequoy vous soucies vous? d'aller ou d'un costé ou d'autre, d'aller vistement ou bellement ? Pourveu qu'il soit avec vous, et vous avec luy. . . .
Ne disputés jamais ni peu ni prou avec les suggestions de l'ennemy, contre la foy, contre la chasteté, contre l'obéissance voùee et contre le dessein de tendre a la perfection. Vostre cœur est imprenable, et ces articles en sont les fondamentales asseurances. Qu'est il besoin de disputer? Non, pas un seul mot de réplique, sinon celle de Nostre Seigfneur : Arrière de moy^ o Satan, tu ne tenteras tas le Seiirneur ton Dieu *. * Matt., iv, lo, ^ ;
m, • . ^.** Luc, nr, 19.
Marches joyeusement, ma Fille, avec une extrême confiance en la miséricorde de vostre Espoux, et croyes qu'il vous conduira bien ; mais laissés-le faire.