DXXXIX
a m. CLAUDE DB CHARMOISY
M. de Cbarmoisy s'apprête à quitter Tarin. — Ud • eonemi juré des conrs. • — Le Saint se réjouit à l'espoir de posséder son ami avec plas de loisir.
Annecy, [vers mi-juillet] 1609(1).
Monsieur mon Cousin,
Pressé par le sieur Pergod(«) de vous repraesenter la prière qu'il vous a ci devant faitte, je n*ay sceu refuser, bien que, de vostre grâce, monsieur de Vallon (3) m'aye communiqué vos affaires, lesquelles, comme je croy, ne vous permettront pas d'embrasser pour le présent celleci.
Je n'ay encor point veu madame vostre digne compaigne et ma chère cousine despuis ses (sic) dernières nouvelles; je croy néanmoins qu'eU'en est trop plus contente, pour l'espoir qu'ell' en aura de jouir plus pleynement et entièrement de vostre douce présence. Pour moy, qui suis ennemi juré des cours, j'appreuve tout ce que Dieu dispose, comme le meilleur, et me res-jouis de l'honneur que nous aurons de vous posséder avec plus de loysir (4), et tirer les fruitz aggreables de vostre conversation et
( x) D'après la lettre, le destinataire était i la veille de rentrer à Annecy ; il s'y trouvait le l'^'août 1609. (Délib. municip. d'Annecy.) Ces données justifient la date.
(9) Le « sieur Pergod » est sans doute l'avocat Noël-Hugon dont la note a été donnée au tome XIII, p. 197. Il est difficile de savoir si la » prière w que faisait celui-ci à M. de Cbarmoisy était l'offre ou la demande d'un service.
(3 ) Jacques de Gex, seigneur de Vallon (voir ci-dessus, note ( i ), p. 3).
(4) M. de Cbarmoisy après avoir servi pendant près de quinze ans le duc de Nemours, cessait maintenant de lui plaire. Celui-ci, mal conseillé par des envieux, trouvait que le gentilhomme avait trop dMndépendance, qu'il avait plus d'affection au duc de Savoie qu'i lui-même et qu'il faisait avant tout le service de Cbarles-Emmanuel. (Lettre de des Hayes i M. de Cbarmoisy, 33 juin 1609.) On verra par la lettre du commencement d'août 1609 que saint François de Sales n'abandonna pas son ami dans cette délicate épreuve.
Année 1609 177
de Tamitié sincère que vous portes a celuy qui vous chérit, respecte et honnore d'un cœur très fidelle, et qui est, Monsieur mon Cousin,
Vostre humble cousin et serviteur.
Franc*, E. de Genève.
A Monsieur mon G>usin, Monsieur de Charmoysi, Seig' de Marclaz, Villi, etc.
Revu sur TAutographc appartenant â M"» Vuy, à Caronge (Genève).