‹ Œuvres de Saint François de SalesChapitre 59 sur 124 · AU ROI DE FRANCE, HENRI IV · texte numérisé non relu

AU ROI DE FRANCE, HENRI IV

(KmUTB)

Remerciements adressés à Henri IV à propos du rétablissement du culte catholique dans deux paroisses de Gex ; « bien infini » qni en résultera. — Le digne héritier et imitateur de saint Louis et de Charlemagne. — Zèle et prudence du baron de Lux.

Annecy, fin septembre 1609 (x).

Sîre,

Apres avoir donné gloire («) a Dieu pour le (^) nouveau restablissement de l'exercice catholique en deux parroisses du balliage de Gex, que monsieur le baron de Lux vient de faire (»), j'en rens grâces (c) a la providence royale de Vostre Majesté, de la pieté delaquelle ces pauvres peuples ont receu ce bien infini (d). Je dis infini, Sire, par ce qu'en efiFect, iK®) regarde le salut des âmes, qui s'estend jusques a l'éternité ; et non seulement des âmes (^) qui ont esté maintenant favorisées de cet incomparable bonheur, mais de plusieurs autres qui, excitées par l'exemple de celles ci et par l'odeur de la sainte affection de Vostre Majesté, minutent des très humbles requestespour en obtenir une pareille grâce.

( a ) Apres avoir — ffait actions de gracesj

{ b ) pour — n'heureuxj

(c) grâces — fa Vostre Maje8té...J

( d) ce bien infini — fet moy, cett* extrême consolation.J

(e) il — fs^estend a Tetemité et au salut des âmes et...J

( f ) des âmes — fdes parroissesj

(i) Cette minute se rapporte par son objet à la lettre au président Fayre, du ai septembre précédent ; elle a été écrite au yerso d'une lettre adressée an Saint par un de ses correspondants, le ao septembre 1609. Ces deux particularités justifient Hi date que nous lui attribuons.

( a ) Voir ci-deisus, note ( x ), p. 196.

202 Lettres de saint François de Sales

Quant a moy, Sire, je contemple («) en ces réparations de la sainte Eglise, une des rares qualités qui font connoistre et reconnoistre en Vostre Majesté, le sang et le cœur du grand saint Loûys et de Charles Maigne, l'un et l'autre des plus grans restaurateurs du service de Dieu que les Chrestiens ayt (sic) jamais veu.

Et puis que je dois ce tesmoignage a la vérité, je vous diray. Sire, que celuy que jusques a présent Vostre Majesté a employé comme son instrument pour l'exécution de ses W volontés en cet endroit (O, a un zèle qui ne peut rien oublier et une prudence qui ne sçauroit jamais rien gaster, qui est tout ce qui se peut désirer en une si digne et importante affaire.

Je supplie incessamment ( ^ ) Dieu quil vous face la grâce, Sire, d'exalter de plus en plus sa divine Majesté, affin que, réciproquement, il bénisse et prospère de plus en plus la vostre royale, a laquelle faysant très h[umble]

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.

(g) je contemple ^ Tavec un incroyable... avec extrême consolationj

(h) de ses — fordonnances pour ce regard... J

(i) incessamment — fia Bonté divine... suprême Bonté qu*eirestablisse... qu'elle rende de plus en plus heureuse et prospère... glorifie de plus en plus vostre couronne royale, Sire, affin que, de plus en plus, vous exaltiés la sienne divine... J

( X ) Le baron de Lux.

DL

A MADAME DE LA FLÉCHÈRB

Les suites d*une chute. — Annonce d'un deuxième voyage en Bourgogne. Les Saints ne sont pas « despiteux. » — Les curiosités qu*il faut éviter.

Annecy, 2 octobre 1609.

Ma chère Fille,

pay eu fort peu de mal de ma cheute, -qui ne m'avoit apporté qu'une fouleure de nerfz et un os demis ; mais

Année 1609 203

j'en ay rincommodité de demeurer au lict, et par conséquent, de ne point célébrer. J'espère néanmoins, Dimanche prochain, jour de mon saint François, recommencer mon petit train, et mardi prochain, partir pour aller achever le mariage de mon frère chez nostre bonne M"* de Chantai.

Nostre seur ( 0 a bien fait de m'advertir de ces petites tricheries de paroles que cette pauvre Religieuse (») va semant ; car cela me peut servir et ne peut nuyre a personne, puisque je ne suis point despiteux, et pour cela ne laisseray pas de penser a quelque moyen d'ayder cette chetifve ame qui, a mon advis, est pleyne de légèreté et inconstance, plus tost que de malice. Je fay response a l'autre conseil que nostre seur desiroit de moy*. •VidcEpist.seq.

Pour vous, ma chère Fille, je loue Dieu des séntimens de l'amour' que vous aves envers luy, sur lesquelz il ne faut point faire ces curiosités, de penser que sa divine Majesté vous l'ostera pour vostre inutilité. Non, il ne faut point avoir ces craintes ; mais, en vous humiliant et reconnoissant que vous estes toute inutile *, espères en • Cf. Luc, xvii, 10. la grandeur de la miséricorde divine qu'elle vous sera propice de plus en plus. Il ne faut voyrement pas se haster de soy mesme ; mais de recevoir les grace^ que Dieu nous donne, ce n'est pas se haster, pourveu qu'on se contienne en humilité et dedans les exercices auxquelz nostre vocation nous oblige.

Vous faites bien pour ce qui regarde l'orayson et ces distractions et petites envies spirituelles. Ne vous amuses point a cela ; mais, d'un cœur eslevé, travailles devant Dieu avec vostre volonté supérieure, vous animant au saint amour. L'exercice que vous m'aves envoyé est bon, mais prenes garde qu'en l'exécution vous n'abbandonnies point la resolution de vous mortifier es rencontres que vostre vocation vous fera faire.

J'envoye le livre ci joint (3) a nostre seur, et me reserve

( I ) M"« de la Forest (voir la lettre suirante).

(a) Probablement Jeanne de Vignod, abbeste de Bons (yoir ci-après, note (a)> p. ao6).

( 3 ) Sans doute la deuxième édition de V Introduction à la Vie dévote.

304 Lettres de saint François de Sales

a vous en envoyer un a mon retour, n'en ayant pas, pour le présent, que ce quil me faut pour porter ou je vay. Je vous recommande M"* de Charmoysi qui est toute malade, a ce que me dit M. de Charmoysi, et un (sic) bonn' œuvre que nous allons entreprendre pour le bien de plusieurs amesCO.

Je suis tout entièrement tout vostre en Nostre Seigneur, qui vive et règne es siècles des siècles. Amen.

A Neci, le 2 octobre, en haste.

A Madame Madame de la Fleschere.

Rera tor T Autographe appartenant à M. le comte de la Fléchère, à Saint-Jeoire (Haute -Savoie).

( X ) Cette « bonn' œuvre » était sans doute la fondation de la Visitation. Le Saint songeait en effet à prendre, pour rétablir, les dernières mesures, de concert avec la baronne de Chantai qu'il devait rencontrer à Monthelon quelques jours après.

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