A MADAME DE VALLON
Le Saint doone à la destinataire des nouvelles de son màti et de sa parenté.
Annecy, lo avril 1608(9).
Madame ma Cousine,
Je sçai que vous aves eu des lettres de monsieur mon cousin vostre mari ( 3 ), mais je ne puis me contenir de vous dire que monsieur de la Fleschere (4), qui fut hier icy, m'asseure que jamais il ne se porta mieux, ni monsieur de Charmoysi (5). Il faut donques que vous vous en resjouissies, en remerciant Dieu et le louant. Je le supplie qu'il vous accompaigne tous-jours de ses saintes consolations et, qu'en icelles, il vous rende de plus en plus sa dévote.
Je suis cependant, ma Cousine,
Vostre cousin, compère, parrein et serviteur bien humble,
Franc», E. de Genève.
X avril 1608.
( I ) Antoinette-Françoise, fille de Charles Vidomne de Chaamont, seigneur de Charmoisy, et de Françoise de Bellegarde, avait épousé par contrat dotal du 14 janvier 1^9^, Jacques de Gez, seigneur de Vallon. (Voir le tome XII, note(i), p. 360.) £lle testa le 95 mai 163a.
(s) Migne, après Vives, donne la date de 1603 ; les faits la contredisent manifestement et persuadent de lui substituer avec certitude celle de 1608.
(}) M. de Vallon était alors à Turin. (Cf. la lettre du 16 mai 1608, p. 16.)
( 4 ) Claude-François (voir sa note plus loin, et cf. ci-dessus, note ( x ), p. x).
(5) Claude, frère de la destinataire. (Voir le tome XII, note ( x ), p. ax6.)
Lbttrbs de saint François db Salbs
CDXLVI
A MONSEIGNEUR PIERRE FBNOUILLBT, BVÊQUE ÉLU DE MONTPELLIER ( »
(nriDiTB)
Remerciements et félicitations pour l'envoi d'one oraison funèbre ; souhaits d'amitié offerts an destinataire, son futur frère dans l'épiscopat. — Message pour un ami commun.
Annecy, 19 avril 1608.
Monsieur,
Il n'estoit pas besoin que vous prissies la peyne de me faire sçavoir comme j 'a vois perdu le bien de recevoir de vos lettres ces deux ou trois moys passés, car jamais je ne me fusse voulu donner cette affliction de croire que c'eust esté pour estre esloigné de vostre bonne grâce, et toutes les autres causes ne me sont pas ennuyeuses. Je vous rens mille grâces de la belle orayson funèbre que vous m'aves envoyée ( « ). Elle a double prix en mon estime,
(i) Pierre Fenouillet, né à Annecy en 1579, préconisé évéque de Montpellier le 37 août 1608, mourut à Paris en 16^3, dans les derniers jours de novembre. Il fut célèbre en son temps : le Saint Taima, il s'en fit aimer ; mais sa gloire littéraire a beaucoup souffert de ce redoutable voisinage. Le panégyriste disert, Tacadémicien de la Florimontane, fut surtout un évéque vigilant et zélé : Unis exosus kareticis, dit son épitaphe. Les Religieux furent sous son épiscopat, protégés^ rappelés ou réformés. Son origine annécienne, sa vénération et sa gratitude pour le Fondateur lui firent chérir les Filles de Sainte-Marie. Il les attira dans sa ville et jusqu'à sa mort leur fut un vrai père. Son cœur fut déposé à la Visitation, dans la chapelle qu'il y avait fait bâtir en Thonneur de saint François de Sales. Les historiens de la littérature ne font guère que citer son nom; Fenouillet mériterait plus qu'une simple mention. Sa vie active et très remplie, ses œuvres oratoires, le rôle qu'il a joué dans le clergé de France, fourniraient sans doute la matière d'une étude intéressante. (Cf. le tome précédent. Lettre cdxxvii.)
(3) A cette date, Pierre Fenouillet avait déjà publié deux oraisons funèbres ; en voici les titres :
Oraison funèbre sur le trespas de kauU, puissant et illustre Messire Pompone de Believre, Chevalier et Chancelier de France , prononcJe en F Eglise de S, Ger^ main de rAuxerrois, le zj septembre lôoy^par M. Pierre Fenolliet^ docteur en
Année 1608 5
estant, comm'elle est, fort ornée, et d'un lieu que j'honnore avec une aflfection très entière.
J'attens avec un peu d'inquiétude la nouvelle de vostre consécration. Il m'est advis que la communion de ce saint caractère nous alliera de plus fort ; mays en l'attendant, je ne laisseray de prononcer souvent en mon ame le souhait solemnel : Ad multos annos*. Dieu me veuille 'Pontifical. Rom.,
XK ' ^ <• • j 1 j <• t Deconsecratione...
exaucer, Monsieur, et vous seres beni des plus durables in Episcop. bénédictions du ciel *, et moy je deviendray autant • Gen., xux, aj. utilement comme je suis affectionnement,
Vostre serviteur et très humble.
Franc», E. de Genève.
Monsieur, j'escris a nostre grand amy (O, mais je vous requiers vostre intercession encor affin qu'il continue de m'aymer. Helas, le pauvre Truitard («) me vient de supplier avec grande instance de le recommander a monsieur de la Bretonniere (3).
A Annessy, le 19 avril 1608.
Rêva sar une copie déclarée authentique, conservée à la Visitation de Montpellier.
Théologie^ Prédicateur ordinaire du Roy^ et nommé par sa Majesté à rhvesché de Montpellier, Paris, chez Rolin Thierry, rue S. Jacques, 1607.
Oraison funèbre sur le trespas de Très-haut, tres-puissant et tres^illustre Prince Henry de Bourbon^ duc de Montpensier, Pair de France, Souverain de Bombes, etc,, Gouverneur et lieutenant général pour le Roy en Normandie, prononcée en la grande Eglise de Nostre^Dame de Paris, le 2X* jour de Mars 1608, par Messire Pierre Fenolliet, etc. Paris, Rolin Thierry, 1608.
Il est malaisé de savoir si c'est la première ou la seconde que désigne le Saint.
( I ) Antoine des Hayes.
(a) Probablement, Jean Truitard ou Truitat, « officier en la maison de Monseigneur • le duc de Nemours. (Reg. par. d*Annecy.)
(3) Charles Chaliveau (voir le tome XII, note (i), p. ai4).
6 Lettres de saint François de Sales
CDXLVII