‹ Œuvres de Saint François de SalesChapitre 75 sur 124 · A M. CLAUDE DE BLONAY · texte numérisé non relu

A M. CLAUDE DE BLONAY

(rRAOMENT)

La nouyeUe Congrégation étant sur le point de s^établir, François de Sales demande au destinataire qnHl veuille bien lui amener sa fille après Pâques.

Annecy, 8 février 1610.

Monsieur mon cher Frère,

Je vous donne advis que, par la divine miséricorde, le t^^^°*^v*»ï» 44; tems de la Visitation s'approche*; je veux dire qu'en

I Pétri ult., 6. ^ , . . ^ , ^

fin nos conclusions sont prises et que nous attendons a ce primtems madame de Chantai pour commencer nostre petite Congrégation, a laquelle vous sçaves que le Saint Esprit a destiné vostre fille, que je tiens pour mienne (0. Il m'est tombé ce matin dans Tesprit, pensant a elle, que c'est singulièrement a son ame que s'addressent les • Cant., Il, 10, n. paroles de TEspoux sacré * : Debout, hastés-vous, mon amie; car en fin, Amie c'est son nom, et TEspoux l'appelle par son nom propre.

Dites donq a cette chère fille Amie qu'elle vienne de bon cœur nous treuver. Mais, mon cher Frère, soyés généreux ; dites luy vous mesme qu'il faut qu'elle oublie

( I ) Cf. ci-dessus, Lettre d. Marie-Aimée de Blonay ne se trouva pas prête pour entrer avec les premières commençantes. Elle se disposait sans doute à venir les rejoindre à Tautouine, quand un événement tragique, l'assassinat de son frère, Gabriel de Blonay (iS uovembre i6to), retarda tristement Texécution de son dessein jusqu'au 35 janvier 16x3. (Voir la lettre à Ms*" Gribaldi, i«r décembre i6to.)

ÂNNéE 161O 249

son peuple et la mayson de son père* ; mais non pas ♦?$. xuv, n. son père, car elle s'en souviendra tous-jours devant Dieu, qui est nostre Père commun. Tenes donq nostre chère fille preste pour nous Tamener aussi tost après Pasques, car nous espérons commencer environ ce tems la(0. .

A Neci, 8 février 16 10.

(i ) Le saint Fondateur espérait inaugnrer le jour de la Pentecôte ta chère Cougrégation ; elle ne commença que le 6 juin suivant, i cause de certaines difficultés dont il sera parlé plus loin.

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A M. JACQUES DE BAY Recommandation en faveur d*un jeune étudiant savoyard.

Annecy, la février 1610.

Quod a me petiit vir clarissimus Dominus Ludovicus Bonierius, ut filium suum Laurentium (0, optimae indolis adolescentem, tibi pro tua in me benevolentia commendarem, non debui neque potui praetermittere ; tum quia is mihi amicissimus semper extitit, tum etiam quia bac data occasione mei apud te recordationem excitabo, et

Le sieur Louis Bonier, personnage de^grande distinction, m'a prié de vous recommander, connaissant votre bienveillance à mon égard, son fils Laurent ( » ), jeune homme d'un naturel parfait. Je ne devais pas lui refuser cela et je ne le pouvais pas non plus, étant l'ami très cher qu'il a toujours été \tQ\xx moi. Et puis, c'était une occasion de raviver auprès de vous mon souvenir. J'en profite aussi pour vous

(i) Noble Laurent Bonier, fils de noble et spectable Louis Bonier (voir tome XII, p. 393) et d*Ânne Carra ou Carrel, figure dans la liste des nouveaux avocats le 14 novembre 1613. Il hérita de la seigneurie de Bonport acquise par son père, et fut maitre-d*hôtel de Madame royale, conseiller d*Etat et président aux Finances le 29 avril 1634.

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simul obtestabor ut quem hactenus non solum dilexisti, sed dilectionis etiam perenni signe cohonestasti ( O, deinceps impense diligere ne desinas.

Vale in Christo Domino, vir clarissime, et mihi Sabaudisque tuis diu fœliciterque vive.

Révèrent!» tuae,

Frater in Christo et servus,

Franc», Episcopus Gebcnnensîs.

Annessii AUobrogum, xil Februarii 1610.

Rcver**** et Clariss<» vire, D. Jacobo Baie, sacrse Theologise Doctori sapientissimo,

et G>llegii Sabaudorum Moderatori prudentissimo.

Revo sur l'Autographe conservé à Bruxelles, Bibliothèque des PP. Bollandistes.

conjurer, après m'avoir jusqu'ici non seulement affectionné mais honoré d'un gage éternel d'amitié ( 0, de continuer à m'aimcr bien fort. ♦

Salut, illustre Monsieur, dans le Christ Notre-Seigneur. Pour ma joie et celle de vos Savoyards, vivez longtemps, vivez heureux. De Votre Révérence,

Frère dans le Christ et serviteur,

François, Evêque de Genève.

Annecy en Savoie, la février 16 10.

Au Révérend et très illustre M. Jacques de Bay,

très savant Docteur en théologie

et très sage Président du G)11ège de Savoie.

( I ) Le Saint fait probablement allusion à la dédicace que le destinataire lui avait faite d'un de ses ouvrages. (Voir le tome précédent, Lettre ccclxzix.)

Année i6io 331

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