A MADEMOISELLE DE VALLON
(inbditb)
Une nouvelle postulante pour la Maison de la Galerie. — Par quelles vertus s'entretient le désir de la vie religieuse.
Annecy, a8 octobre 1610.
Madamoyselle, Vostre désir de vivre toute a Nostre Seigneur m'est extrêmement aggreable, et vous tesmoigneray combien
(x) Claudine de Vallon (cf. ci-dessus, note (3), p. 339), fille de Guyjoly, seigneur de Vallon, et de Marguerite de Prez, naquit en 1^93, entra à la Visi^ tatioo, reçut à la véture (19 avril 1617) le nom de Sœur Claude-Catheûne et fit profession le i} mai x6i8. Assistante et directrice à Marseille (1633-1634), elle
Anneb 1610 355
j'en [ai de mon(0] costé pour vous en faire reuscir heureusement, quand monsieur vostre pere(^) apportera ce qui est requis de sa part. Et ce pendant, nourrisses chèrement la sacrée inspiration que Dieu vous a donnée, par tous les bons exercices qui peuvent establir vostre cœur en rhumilité, douceur et pureté; car si vous jettes ainsy vostre fiance en cette souveraine Bonté, eirabbregera les jours pour vous faire plus tost jouir de la retraitte a laquelle elle vous appelle.
Donnes moy part a vos prières, puisque je suis, Madamoyselle,
Vostre très affectionné et bien humble en Nostre Seigneur,
Franc», E. de Genève.
XXVIII octobre 16 10.
Madamoyselle Madamoyselle de Vallon .
Revu sar TAutographe conservé à la Visitation de Montpellier.
revint à Annecy, fut supérieure à Thonon de 1651 à 1635, puis reprit à Annecy les charges de sacristine et de directrice, gouverna la Maison de Fribourg (1643-1646} et retourna, pour n'en plus sortir, i la Sainte-Source, où elle fut conseillère et surveillante. Elle mourut le 96 avril 1677, après soixante années de vie religieuse.
M"* de Vallon était une cbablaisienne fort attachée aux erreurs du calvinisme ; une fois éclairée, cette âme droite et ferme ne revint plus en arrière ; elle répondit à sa vocation avec une exactitude et une piété qui ne se démentirent jamais. (D'après le Livre du Couvent^ du 1*'' Monastère de la Visitation d'Annecy et la Lettre circulaire du 33 juin 1678.)
(i) L'Autographe est déchiré; les mots qui manquent sont ajoutés entre crochets [].
(3 ) Le père de la destinataire, Guy Joly, fils de noble Georges, seigneur de Drusilly, et de Pernette Thibaud, avait épousé Marguerite de Prez, dame de Drusilly ; celle-ci vivait encore le 34 mars 1609. Il mourut à Anthy et fut enterré à Thonon le 17 janvier 1618. Le seigneur de Vallon figure, dans l'histoire du Chablais, parmi les gentilshommes que le zèle de François de Sales ramena au catholicisme, et, de l'aveu d'un déposant converti en mén}e temps que les frères Joly, le Saint « prit une très grande peyne » pour les instruire. (Process. remiss. Grbenn. (I), dép. d'Antoine de Prez, ad art. 11.)
356 Lettres de saint François de Sales
DCXXV
a m. PHILIPPE DE VILLERS (O
Différend avec le Chapitre de Belley, i propoi des cures et églises des paroisses vacantes. — Affaire de M. de Saoxéa. — La vérité est toojoars la plus forte.
Annecy, 4 novembre 1610.
Monsieur mon bon Père,
A ce renouvellement des entrées de la cour, me voyci a vostre porte, requérant quil vous playse avoir le soin et de Taffaire de ce porteur (>) et de celle que j'ay pour 'Ct infra, Epist. la cure des Abergemens contre le Chapitre de Belley *, qui a le tort principalement en ce quil me veut priver de la garde des cures et églises parrochiales vacantes (5), contre toute rayson, contre toute coustume et contre les
(i) Voir le tome précédent» note (i), p. 93. M. de ViUers mourut vers mars 163 1 et fut regretté du Saint comme un parent. Une de ses petites-filles, Anne-Thérèse de ViUers, entra à la Visitation de Dijon.
( 3) Le porteur était probablement André de Sauzéa (voir le tome précédent, note (i), p. 371, et la page suivante). L'affaire qui le concernait se rapportait sans doute au doyenné de Belley. Au mois de janvier 1604, il présentait des Bulles par lesquelles le Pape Clément VIII l'avait pourvu du décanat de Belley. Or, messire Jean Mermet, docteur en droit, archidiacre de la cathédrale de Saint-Jean de Belley, prétextant avoir été nommé auparavant à ce bénéfice, s'opposa le 30 avril 160^, à la mise en possession d'André de Sauxéa. Malgré cette opposition, ce dernier fut installé, mais ce ne fut pas sans de grandes difficultés, car le compétiteur ne voulut pas sortir du siège, et la mise en possession se fit « par attouchement d'ycelle place. » (R. E.)
(}) Voici d'où venaient les difficultés que suscitait au Saint le Chapitre de Belley. Celui-ci affirmait avoir un droit de patronage sur trente -sept églises du Bugey, Valromey et Chautagne, dépendantes du diocèse de Genève, et entre autres, sur la cure des Abergements. Le prieur de Nantua, alors Mf André Frémyot, prétendait aussi avoir un droit semblable sur ce dernier bénéfice. Malgré les réclamations des opposants, saint François de Sales s'en tint aux prescriptions du Concile de Trente et fit mettre an concours ladite cure, le 39 avril 1610. Les examinateurs la décernèrent à Claude de Cheynel, qui fut jugé le plus capable parmi les concurrents. (R. B.)
DCXXVIII.
Année 1610 397
articles que nous avions signés et arrestés par composition amiable('), mais articles lesquelz ayans esté rompuz de leur part, je ne restabliray pas si aysement ; puysque mesme je reconnois tous les jours plus clairement que leurs provisions du doyenné de Seyserieu sont foibles et imbecilles, au pris de celles de monsieur de Vitré («), et que d'ailleurs ces messieurs ne songent qu'a s'avancer sur l'authorité de TEvesque, qu'a pervertir la discipline ecclésiastique et qu'a nous introduire des méthodes contraires aux Conciles. Je vous supplie donq de me bien favoriser pour ce regard.
Et quant a l'affaire de M. de Sauzea, j'ay appris chose qui m'a despieu ; et c'est que sa partie a remis son droit a M. Gontier, homme puissant et de g^and crédit (3), comm'on me dit. Néanmoins, la vérité est tous-jours la plus forte.
Je n'escriray point pour ce coup a madamoyselle ma chère mère (4), par ce que ce porteur me presse et m'a treuvé entre mille embarassemens ; mais il ne passera beaucoup de jours que je ne repare ce défaut. Ce pendant je prieray Nostre Seigneur pour vous. Monsieur, et pour
( I ) Dans la même assemblée du 39 avril i6ie (voir la note précédente), nne transaction avait été présentée comme ayant été contractée entre François de Sales et Jean-Claude de Migiea, primicier, chanoine et procureur du Chapitre de Belley, le i*** septembre 1609. (R. E.) Cet arrangement serait -il la « composition amiable » mentionnée ici }
(3) La cure de Ceyzérieu était alors disputée par Antoine Boudon, chanoine de Belley, et Jacques Ltynez, licencié en droit-canon. A la suite d un procès, ce dernier, qui avait reçu Tinstitution pour ce bénéfice le 19 janvier et le 33 juin 1605, Tabandonne i M. Bondon, moyennant une pension, par un accord passé le 10 novembre 1630. (R. E.)
« Monsieur de Vitré, » autre compétiteur de ce même doyenné, est vraisemblablement Dom Eustacbe Le Compassenr, Religieux et cbambrier de Tabbaye d*Ambronay, fils de Bénigne Le Compassenr, seigneur de Vitré ou Vitrey.
( 3 ) L* « homme puissant et de grand crédit » pourrait être Tun des Gonthier dont les noms suivent :
Jean Gonthier, seigneur du Sauvement, conseiller-clerc au Parlement de Dijon (1603), sans doute le même qui figure comme greffier au Parlement dans son contrat de mariage avec Marie Camus, fille de Jean Camus, seigneur de Saint-Bonnet. — Gaspard Gonthier, conseiller aux requêtes du Palais à Dijon (1619). — Palamède Gonthier, élu du Roi aux Etats de Bourgogne en 161 3. — Claude Gonthier, chanoine et prévôt de la Sainte-Chapelle de Dijon en 1643. (Archiv. départ, de la Côte-d*Or.)
( 4 ) Jeanne de Villers, femme du destinataire (voir tome XIII, note ( i ), p. 33).
3^3 Lettres de saint François de Sales
elle, comm*estant inviolablement de tous deux, avec un cœur tout filial,
Bien humble et très asseuré serviteur,
4 novembre 1610.
A Monsieur Monsieur de Vilers, Advocat au Parlement.
Revu $qr TAuto^raplie conservé à la VisiUtioQ 4e Valence,
DCXXVI
a madame bourgeois, abbesse du puits-d'orbe
Le profit qa*on peut retirer d'un mal incarable. — En quels cas le monde jmge sévèrement les âmes qui Tout quitté pour le cloitre ; celles-ci perdent tonjours quelque chose aux sorties. — Il faut avoir quelque égard à Topinion publique. — Une ancienne coutume du monde ; son pharisaîsme. — Contrairement i Tesprit du siècle, c'est aux supérieurs à gagner les inférieurs. — Une abbesse et une prieure un peu refroidies ; exhortation du Saint pour ramener entre les deux sceurs Tamité fraternelle.
Annecy, 6 novembre 1610.
Certes, j'ay bien eu du contentement de sçavoir de vos nouvelles après tant de tems que j'avois demeuré sans en recevoir, ma très chère Fille, par vous mesme ; car, que me peuvent dire de certain, de vous ni de vos affaires, tous les autres?
Mays, ma très chère Fille, en fin tous les remèdes humains se sont treuvés inutiles pour la guerison de cette pauvre jambe, qui vous donne une peine qu'il faut sagement convertir en pœnitence perpétuelle. A la vérité, j'ay tous-jours eu cette cogitation, que toutes ces applications reusciroyent très mal, et que c'estoit un coup que la Providence céleste vous avoit donné, affin de vous donner sujet de patience et mortification. O quelz trésors pouvies vous assembler par ce moyen ! Il le faut faire
t.^pr«c"d.V pp.*i^ dores en avant, et vivre comm'une véritable rose (0
^*- entre les espines *,
( I ) La destinataire, on le sait, s'appelait Rose.
Année i6io 359
Mays on m'a escrit que vous esties au Puy d'Orbe avec de vos Filles, et le reste estoit demeuré a Chatillon(0. Cela est vray, car l'eusse [on pas dit (a), je Teusse deviné. Mais ça esté pour peu, ce me dites-vous,] et pour un bon et légitime sujet. Je le croy ; mays croyes moy aussi, ma très chère Fille, que comme les filles qui ont quitté le monde devroyent ne le jamais vouloir voir, aussi le monde qui a quitté les filles ne le (sic) voudroit jamais voir, et pour peu qu'il les voye, il s'en fasche et murmure. C'est la vérité aussi que l'on perd tous-jours quelque chose aux sorties qui peuvent, voire mesme avec quelque perte temporelle, estre évitées. Pour cela, si vous escoutes mes advis, vous sortires le moins quil vous sera possible, et mesme pour ouyr les sermons, puisque vous aures bien le crédit d'avoir quelquefois le praedicateur en vostre oratoire, qui dira des choses toutes propres pour vostre assemblée.
Certes, il faut avoir quelque égard a la voix commune, et faut beaucoup faire de choses pour éviter les bruîtz des enfans du monde. Certes, si je sçavoîs, disoît ce grand spectacle de religfion et de dévotion, saint Paul*, si je 'iCor., vni, uit. sçavois qu'en mangeant de la chair je donnasse du scandale au prochain, je n'en mangerais jamais a Vœternité. Contentes en cela messieurs vos parens, et je croy qu'après vous pourres confidemment leur demander du secours pour vous bien loger, car il me semble que je les [voy qui disent : Pourquoy loger a] commodité des filles (3) qui sortent
( I ) La Communauté du Puits-d*Orbe fut transférée entièrement en 1619 à Chatillon-sur- Seine, alors du diocèse de Langres. Ce fut le 33 février 164 1, que des Constitutions furent données aux Révérendes Mères Abbesse et Religieuses, par les soins de Dom Jean de Boucher de Flogny, grand-prieur et grand-vicaire de l'abbaye de Moutier-Saint-Jean et en cette qualité, supérieur régulier de l'abbaye du Puits-d*Orbe.
(3) On lit dans TAutographe : « car r tusse,,, » au lieu de • Je Teusse devin/, » que portent les imprimés. Comme le bord du papier a été coupé et laisse voir après Ve final de « Teusse » le trait d*une antre lettre, on peut supposer que le Saint avait écrit : « car Teusse on pas Ht, » etc. La fin de cette phrase et le commencement de la phrase suivante, qui ont disparu par suite de la mutilation de l'Autographe, sont empruntés au texte imprimé, ainsi que les mots insérés entre crochets [] à la fin de cette page.
( 3) Après ce mot, une ligne a été coupée; les éditions n*en ont pas tenu
360 Lettres de saint François de Sales
et vont parmi le inonde ? Et le desplaysir qu'ilz ont de ces sorties fait qu'ilz en exagèrent la quantité et qualité. C'est l'ancienne coustume du monde de treuver qu'il luy est loysible de parler des ecclésiastiques a toute main, et croit que pourveu qu'il ayt quelque chose a dire sur iceux, il ni aura plus rien a dire sur ses partisans.
Or sus, ni auroit pas moyen que vous sçeussies treuver le biays par lequel il faut prendre et garder le cœur et Tafifection de madame la Prieure nostre seur ( 0 ? car encor que selon le monde c'est aux inférieurs a rechercher la bienveuillance des supérieurs, si est ce que selon Dieu et les Apostres c'est aux supérieurs a rechercher les inférieurs et les gaigner ; car ainsy fait nostre Rédempteur, ainsy ont fait les Apostres, ainsy ont fait, font et feront a jamais tous les Praelatz zélés en l'amour de leur Maistre. Je confesse que je n'admire nullement que vos proches se scandalizent de voir la froideur de l'amitié qui est entre deux seurs naturelles, deux seurs spirituelles, deux seurs Religfieuses. Il faut remédier a cela, ma très chère Fille, et ne permettre pas que cette tentation dure. Il se peut faire qu'ell'ayt le tort, mais du moins aures vous celuy la, de ne la pas ramener a vostre amour par le tesmoigTiage continuel et incessable de celuy que vous luy deves selon Dieu et le monde.
Vous voyes de quelle liberté j'use a vous («) [dire mes sentimens, ma chère Fille, car vous estes] une fille que je désire estre tous-jours victorieuse de la victoire que l'Apos- •Rom., xn, uit. tre annonce * : Ne soyes point vancu (sic) par le mal, mais vainques le mal par le bien. Si je vous parlois autrement, je vous trahirois ; et je ne puis ni ne veux vous aymer que tout a fait paternellement, ma très chère Fille, que je prie Nostre Seigneur vouloir combler de grâces
compte et ponrsuiyent comme sHl n*y avait aacune lacune. Il n*est pas possible de restituer la phrase absente.
(i) Françoise Bourgeois, sceur de VAbbesse.
( s ) La dernière ligne de la troisième page de TAutographe est coupée entièrement ; le texte se continue en marge de la même page, par ces mots : « une fille que je désire estre tous-jours » etc. La suite de la phrase que nous rétablissons entre crochets [ ], paraît mieux s'accorder avec le contexte que celle des éditions précédentes et a pu tenir dans une ligne de TAutographe.
ANNée 1610 361
et [de] ses consolations, saluant très humblement toute vostre chère compaignie.
Vostre très humble frère et serviteur,
F. E. de Genève.
VI novembre 16 10.
A Madame Madame l'Abbesse [du] Puys d'Orbe.
Chatillon.
Revu sur TAutographe conservé i Saint-Lonp-sur-Aujon (Haate-Marne), au Pensionnat du Cœur Immaculé de Marie.
DCXXVII
A M. PIOTONIO
Prière de retirer un legs en faveur d'une œuvre pieuse.
Sales. 9 novembre 1610.
Monsieur,
Je vous prie de prendre la peyne de retirer le legz fait a la Sainte Mayson, duquel ou vous ou l'hoir aves adverti M. de Blonnay, affin qu'il soit employé, selon l'intention du légataire, en une œuvre grandement pieuse
(i) Le destinataire est, ou Jean Pioton, nouvel avocat à la rentrée du 3 novembre i6o^, connu par son humeur batailleuse, ou François Pioton.
Celui-ci, ami et allié de la famille de Blonay, est peut-être le fils de Claude Pioton, châtelain d'Abondance. Né vers 1^73» il devint avocat au souverain Sénat de Savoie. Son entente des affaires, une inclination naturelle i rendre service en firent un très précieux ami pour la Visitation. C'était aussi un fils spirituel de saint François de Sales, qu'il eut sans doute Toccasion de rencontrer chez les de Blonay . La Fondatrice l'appelle son « bon très cher frère. » Le nom de ce saint homme apparaît i tout instant dans ses Lettres, où l'on voit qu'il la seconda efficacement dans les fondations de Chambéry, Evian, Thonon, etc. François Pioton accompagna la Mère de Chantai i la fondation de Turin (1638); il revint en Savoie l'année suivante et fut ordonné prêtre le s^ mai 1641, dans l'église de la Visitation. (R. E.) Le a^ septembre 1643, ^^ 1*' Monastère le désigna officiellement pour la charge de confesseur qu'il avait déjà remplie i titre provisoire pendant seize mois. M. Jean-Paul Truitat lui succéda au mois d'octobre 1648. (Archiv. de la Visitation d'Annecy.) M. Pioton mourut en odeur de grande piété, nous ne savons i queUe date.
36a Lettres de saint François de Sales
qui se prsesente maintenant (0. Et puysque le sieur de
Blonnay vous en escrit encor, je n'employeray rien de
plus pour ce sujet, qui suis tous-jours de tout mon cœur,
Monsieur,
Vostre plus humble, très affectionné serviteur
en Nostre Seigneur,
Franc*, E. de Genève.
A Sales, 9 novembre 16 10.
A Monsieur Piotton,
Advocat au Souverain Sénat.
(i) Décédé juste deux mois âuparâvtot (voir ci-dessns, note (i), p. 35s), M. d*Aviilly avait peut-être fait un legs i la Sainte-Maison, lui, son bienfaitenr de la première heure. (Cf. tome XII, p. 450.) Dans ce cas, a l'hoir » (rhéritier) serait Tun des fils du défunt, Gabriel, ou François-Melchior.
DCXXVIII
au président ANTOINE FAVRE
Les curés de Valromey et le Parlement de Dijon. — Le Saint réclame l'intervention de son ami pour obtenir du Sénat une pièce utile au procès.
Annecy, ao novembre 1610.
Monsieur mon Frère,
Quelques curés de Valromey ont des procès a Dijon ausquelz j'ay deu intervenir pour les droitz de Tevesché ( ï ). Or, nous sommes reduitz a devoir preuver que nous avons ci devant conféré les cures par le concours, et que, quand il est arrivé quelque procès devant le Sénat pour ce regard, le Sénat a jugé selon ce concours et en faveur d'iceluy. C'est pourquoy ce porteur
( I ) Ces procès se rapportent probablement aux contestations qui avaient surgi à propos d'une nomination faite par le Saint i la cure des Abergements. (Voir ci-dessus, note (3), p. 356.) Nous savons en effet que le Chapitre de Belley protesta contre la nomination qui fut faite, malgré son opposition, de Claude do Cheynel, le 99 avtil précédent. (R. E.)
Année i6io 363
recourt a vous affin quil vous playse favoriser la supplication quil présentera, pour obtenir une déclaration propre pour fayre foy au Parlement de Digeon de ce que nous avons allégué, ainsy que je viens de dire.
J'en parlay l'autre jour a monsieur Tadvocat gênerai ( ^ ), qui me dit que malaysement obtiendrions-nous une telle déclaration, mais que le Sénat feroit bien faire un'information par un commissaire député de sa part, qui pourroit servir autant que l'attestation mesme ; ce qui suffiroit, car je ne suis point attaché a la manière. Je vous supplie donq, Monsieur mon Frère, de nous gfratifier en cett 'occasion, laquelle nous est importante et qui regarde une grande suite.
Je prieray ce pendant Nostre Seigneur quil vous conserve et prospère de plus en plus, demeurant. Monsieur mon Frère,
Vostre très humble frère et serviteur, Franc*, E. de Genève.
XX novembre 16 10.
A Monsieur
Monsieur Favre, Baron de Peroges,
G>nseiller d'Estat de S. A.,
Premier Président de Savoye.
ReTQ sur l'Autographe conservé à la Visitation du Mans.
( I ) Pierre Favier du Noyer de Lescheraine (voir tome XII, note ( i ), p. 154)» qui épousa Marguerite, fille de Jean Boysson ou Buysson, et i la mort de celle-ci, D"* Philiberte, fille de noble Etienne Mareschal, avait été reçu avocat général le 39 août 160T.
364 Lettres de saint François de Sales
DCXXIX