‹ Œuvres de Saint François de SalesChapitre 90 sur 124 · DCXXXI · texte numérisé non relu

DCXXXI

A LA MÈRE DE CHANTAL

Qpelqnes bonnes pensées pour passer TAvent avec dévotion : trois objets capables de ravir les cours en la sainte dilection.

Annecy, 28 novembre 1610.

Vous voules, ma très chère Fille, quelques bonnes pensées qui aydent a nos Seurs a passer les Advens avec autant de dévotion qu'elles en ont le désir. Que vous diray je, ma Fille, sinon que la sainte Eglise Romaine, nostre mère, conduit aujourd'huy ses enfans a Sainte Marie la Majeure pour y faire la station et y commencer les Advens i ^ ). Faysons en de mesme, ma très chère Fille ; entrons en esprit dans l'intention de la sainte Eglise, et dans cette unité, retirons nous auprès de la sacrée Vierge, nostre bonne Mère et Maistresse.

Nous verrons dans ce mois trois objetz, non seulement capables d'occuper nos âmes, mays qui doivent

(i) Les stations, marquées aujourd'hui encore au missel romain, étaient autrefois des processions de tout le clergé et de tout le peuple, qui se ren> daient à une église désignée, pour la célébration de TOffice et de la sainte Messe. Le premier dimanche de TA vent, la « station • était i Sainte-Marie ad Prasepe ou Sainte-Marie-Majeure. Cette allusion liturgique indique la date de la lettre.

ravir nos cœurs en la sainte dilection. Le premier objet,

c'est Marie conçeûe sans péché ; le second, saint Jean,

Tenfant de la grâce, criant au désert pour faire aplanir

les chemins* pour TEspoux qui doit arriver; le troi- •is.,xLo,4;Matt.,

siesme, ce mesme Espoux et Sauveur arrivant par sa

sainte naissance, qui nous fait chanter joyeusement a

Noél VEmmanuel ou Dieu avec nous*. •is..vu,i4;Matt.,

Voyla asses dequoy méditer, ma Fille, jusques a ce * ' que je vous voye avec la chère petite trouppe, que Dieu veuille bénir.

Revo sur an ancien Manuscrit de V Année Sainte de la Visitation^ conservé au i*'' Monastère d'Annecy.

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