A M. CELSE-BÉNIGNE DE CHANTAL
Cooseils à un jenoe homme qui allait à la cour de France ; à quelles âmes cette fréquentation est-elle moins dangereuse. — Ses écueils, leurs pernicieux effets. — Remèdes : les « viandes spirituelles et divines. » — Eviter les mauvaises lectures, Rabelais, « cet infâme, » et les sceptiques. — La vraie courtoisie. — Ne pas s'embarrasser parmi les amourettes. — Faire profession ouverte de vouloir vivre vertueusement, judicieusement, constamment et chrétiennement. — Les vertueux à la philosophique. ~- En quoi il ne faut pas marchander. — Se choisir des amis de même intention. — Recourir à la direction d*un prêtre. Religieux ou séculier. — Un exercice de fainéant. — Avoir un cœur vigoureux, et pourquoi. — L'idéal d'un courtisan, d'après saint Louis; portrait de ce prince. — La bravoure et la piété. — Une méditation i faire souvent. — Le patron, la voile, l'ancre, le vent qu'il faut choisir pour voguer sur la haute mer du monde.
Annecy, 8 décembre 1610.
Monsieur,
En fin donq vous ailes faire voyle et prendre la haute mer du monde en la cour. Dieu vous veuille estre propice, et que sa sainte main soit tous-jours avec vous.
Je ne suis pas si paoureux que plusieurs autres, et n'estime pas cette profession-la des plus dangereuses pour les âmes bien nées et pour les courages masles, car il n'y a que deux principaux escueilz en ce gouffre : la vanité, qui ruine les espritz molz, faineans, féminins et floiietz, et l'ambition, qui perd les cœurs audacieux et présomptueux. Et comme la vanité est un manquement de courage, qui, n'ayant pas la force d'entreprendre l'acquisition de la vraye et solide louange, en veut et se contente d'en avoir de la fause et vuide, aussi l'ambition
(i) Nous pourrions proposer d'autres destinataires, mais c'est encore en faveur de Celse-Bénigne de Chantai que les probabilités semblent le moins contestables. (Cf. tome XII, note (s), p. 338.)
Celse-Bénigne était i la cour en 16 13. En 16 10, il avait quinze ans, et sans doute, déjà il laissait paraître les qualités et les défauts de sa race. Les conseils de cette lettre lui conviendraient assez bien. £n tout cas, si le départ du jeune gentilhomme avait été décidé en novembre-décembre 1610, il dut être différé par la maladie et la mort de son grand-père le président Frémyot.
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est un excès de courage qui nous porte a pourchasser des gloires et honneurs sans et contre la règle de la rayson. Ainsy, la vanité fait qu'on s'amuse a ces folastres galanteries qui sont a louange devant les femmes et autres espritz minces, et qui sont a mespris devant les grans courages et espritz relevés, et l'ambition fait que l'on veut avoir les honneurs avant que les avoir mérités. C'est elle qui nous fait mettre en conte pour nous, et a trop haut prix, le bien de nos prédécesseurs, et voudrions volontier tirer nostre estime de la leur.
Or, Monsieur, contre tout cela, puisqu'il vous plaist que je vous parle ainsy, continués a nourrir vostre esprit des viandes spirituelles et divines, car elles le rendront fort contre la vanité et juste contre l'ambition. Tenes bon a la fréquente Communion, et croyés-moy, vous ne sçauries faire chose qui vous affermisse tant en la vertu. Et pour bien vous asseurer en cet exercice, ranges-vous sous le conseil de quelque bon confesseur, et le priés qu'il prenne authorité de vous demander conte en confession des retardemens que vous feres en cet exercice, si par fortune vous en faisies. Confesses-vous tous-jours humblement, et avec un vray et exprès propos de vous amender. N'oubliés jamais (mais de cela je vous en conjure) de demander a genoux le secours de Nostre Seigneur avant que de sortir de vostre logis, et de demander le pardon de vos fautes avant que d'aller coucher.
Sur tout, gardés vous des mauvais livres, et pour rien du monde ne laissés point emporter vostre esprit après certains escritz que les cervelles foibles admirent, a cause de certaines vaines subtilités qu'ilz y hument, comme cet infâme Rabelais et certains autres de nostre aage, qui font profession de révoquer tout en doute, de mespriser tout et se mocquer de toutes les maximes de l'antiquité. Au contraire, ayés des livres de solide doctrine, et sur tout des chrestiens et spirituelz, pour vous y recréer de tems en tems.
Je vous recommande la douce et sincère courtoysie qui n'offense personne et oblige tout le monde, qui cherche plus l'amour que l'honneur, qui ne raille jamais aux
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despens de personne, ni piquamment, qui ne recule personne et aussi n'est jamais reculée, et si elle Test, ce n'est que rarement ; en eschange dequoy, elle est très souvent honnorablement avancée.
Prenés garde, je vous supplie, a ne vous point embarrasser parmi les amourettes, et a ne point permettre a vos affections de prévenir vostre jugement et rayson au choix des sujetz aymables ; car, quand une fois Taffection a pris sa course, elle traisne le jugement comme un esclave, a des choix fort impertinens et dignes du repentir qui les suit par après bien tost.
Je voudrois que d'abord, en devis et maintien et en conversation, vous fissies profession ouverte et expresse de vouloir vivre vertueusement, judicieusement, constamment et chrestiennement. Je dis vertueusement, affin qu'aucun ne prétende de vous engager aux desbauches. Judicieusement, affin que vous ne fassies pas des signes extrêmes, en l'extérieur, de vostre intention, mais telz seulement que, selon vostre condition, ilz ne puissent estre censurés des sages. Constamment, parce que, si vous ne tesmoîgnes pas avec persévérance une volonté esgale et inviolable, vous exposeres vos resolutions aux desseins et attaques de plusieurs misérables âmes qui attaquent les autres pour les réduire a leur train. Et je dis en fin chrestiennement, pour ce que plusieurs font profession de vouloir estre vertueux a la philosophique, qui néanmoins ne le sont ni ne le peuvent estre en façon quelconque, et ne sont autre chose que certains fantosmes de vertu, couvrant a ceux qui ne les hantent pas leurs mauvaise vie et humeurs par des cérémonieuses contenances et paroles. Mais nous, qui sçavons bien que nous ne sçaurions avoir un seul brin de vertu que par la grâce •Cf. joan., XV, 5. de Nostre Seigneur*, nous devons employer la pieté et la sainte dévotion pour vivre vertueusement ; autrement, nous n'aurons des vertus qu'en imagination et en ombre. Or, il importe infiniment de se faire connoistre de bonne heure tel qu'on veut estre tous-jours ; et en cela, il ne faut pas marchander.
Il vous importera aussi infiniment de faire quelques
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amis de mesme intention, avec lesquelz vous puissies vous entreporter et fortifier ; car c'est chose toute vraye que le commerce de ceux qui ont Tame bien dressée, nous sert infiniment a bien dresser ou a bien tenir dressée la nostre. Je pense que vous treuveres bien aux Jésuites, ou aux Capucins, ou aux Feuillans, ou mesme hors des monastères, quelque esprit courtois qui se res-jouira si quelquefois vous l'allés voir pour vous recréer et prendre haleyne spirituelle.
Mais il faut que vous me permetties de vous dire quelque chose en particulier. Voyés-vous, Monsieur, je crains que vous ne retournies au jeu, et je le crains parce que ce vous sera un très grand mal : cela, en peu de jours, dissiperoit vostre cœur et feroit flestrir toutes les fleurs de vos bons désirs. C'est un exercice de fainéant ; et ceux qui se veulent donner du bruit et de l'accueil jouant avec les grans, disans que c'est le plus court moyen de se faire connoistre, tesmoignent qu'ilz n'ont point de bonne marque de mérite, puisqu'ilz ont recours a ces moyens propres a ceux qui, ayans de l'argent, le veulent bazarder ; et ne leur est pas grande la louange d'estre connus pour joueurs, mais s'il leur arrive de gfrandes pertes, chacun les connoist pour folz. Je laisse a part les suites des choleres, desespoirs et forceneries, desquelz pas un joueur n'a aucune exemption.
Je vous souhaitte encor un cœur vigoureux pour ne point trop flatter vostre cors en délicatesse au manger, au dormir et telles autres mollesses ; car en fin, un cœur généreux a tous-jours un peu de mespris des migfnardises et délices corporelles. Néanmoins Nostre Seigneur dit* •Matt., xi,8. que ceux qui s'habillent mollement sont es maysons des rois ; c'est pourquoy je vous en parle. Et Nostre Seigneur ne veut pas dire qu'il faille que tous ceux qui sont es cours s'habillent mollement ; mais il dit seulement que, coustumierement, ceux qui s'habillent mollement se treuvent la. Or, je ne parle pas de l'extérieur de l'habit, mais de l'intérieur ; car pour l'extérieur, vous sçavés trop mieux la bienséance, il ne m'appartient pas d'en parler.
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Je veux donq dire que je voudrois que parfois vous gourmandassies vostre cors a luy faire sentir quelques aspretés et duretés, par le mespris des délicatesses et le renoncement fréquent des choses aggreables aux sens ; car en cor faut-il quelquefois que la rayson fasse l'exercice de sa supériorité et de l'authorité qu'elle a de ranger les appetitz sensuelz.
Mon Dieu, je suis trop long, et si, je ne sçai ce que j'escris, car c'est sans loysir et a diverses reprises. Vous connoisses mon cœur et treuveres tout bon.
Encor faut-il pourtant que je vous die ceci. Imagînésvous que vous fussies courtisan de saint Louys : il aymoit, ce Roy saint (et le Roy est maintenant saint par innocence!')), qu'on fust brave, courageux, généreux, de bonne humeur, courtois, civil, franc, poly ; et néanmoins, il aymoit sur tout qu'on fust bon Chrestien. Et si vous eussies esté auprès de luy, vous l'eussies veu rire amiablement aux occasions, parler hardiment quand il en estoit tems, avoir soin que tout fust en lustre autour de luy, comme un autre Salomon, pour maintenir la dignité royale ; et un moment après, servir les pauvres aux hospitaux, et en fin marier la vertu civile avec la chrestienne, et la majesté avec l'humilité. C'est, en un mot, ce qu'il faut entreprendre, de n'estre pas moins brave pour estre Chrestien, ni moins Chrestien pour estre brave. Et pour faire cela, il faut estre très bon Chrestien, c'est a dire fort dévot, pieux et, s'il se peut, spirituel ; car, comme •I Cor., II. 15. dit saint Paul*, V homme spirituel discerne tout : il connoist en quel tems, en quel rang, par quelle méthode il faut mettre en œuvre chaque vertu.
Faites souvent cette bonne pensée, que nous cheminons en ce monde entre le Paradis et l'enfer, que le dernier pas sera celuy qui nous mettra au logfis éternel et que nous ne sçavons lequel sera le dernier, et que, pour bien faire le dernier, il faut s'essayer de bien faire tous les autres. O sainte et interminable éternité, bienheureux qui vous considère ! Ouy, car qu'est-ce que [ce]
( I ) Louis XIII. né le 37 septembre i6ot, avait à cette époque neuf ans.
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desduit de petitz enfans que nous faysons en ce monde pour je ne sçai combien de jours ? Rien du tout, si ce n'estoit que c'est le passage a Teternité. Pour cela donq il nous faut avoir soin du tems que nous avons a demeurer ça bas, et de toutes nos occupations, affin que nous les employons a la conqueste du bien permanent.
Aymés-moy tous-jours comme chose vostre, car je le suis en Nostre Seigneur, vous souhaittant tout bonheur pour ce monde et sur tout pour Tautre. Dieu vous bénisse et vous tienne de sa sainte main. Et pour finir par ou j'ay commencé : vous ailes prendre la haute mer du monde, ne changés pas pour cela de patron, ni de mat, ni de voyle, ni d'ancre, ni de vent. Ayés tous-jours Jésus Christ pour patron, sa Croix pour arbre, sur lequel vous estendies vos resolutions en gfuise de voyle ; vostre ancre soit une profonde confiance en luy, et allés a la bonne heure. Veuille a jamais le vent propice des inspirations célestes enfler de plus en plus les voyles de vostre vaysseau et vous faire heureusement surgir au port de la sainte éternité, que de si bon cœur vous souhaite sans cesse. Monsieur,
Vostre plus humble serviteur.
Franc», E. de Genève.
Ce 8 décembre 16 10.
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A LA MÈRE DE CHANTAL
Pourquoi ne pas se tourmenter des fâchenses pensées qui sont autour du cœur. A quelle condition rien ne nous offensera.
Annecy, [8 décembre 1610 (i).]
En fin ce beau jour, si propre pour aller vers vous, ma très chère Fille, s'escoule ainsy sans que j'aye ce
( I ) La dernière phrase de la lettre avertit qu*elle s*adresse à la Mère de Chantai.
Quant â la date du 8 décembre 16 10, on pent la conjecturer avec quelque
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contentement ; au moins faut que je supplée en quelque sorte par ce petit mot, que je sauve d'entre les affaires que certains Religieux m'apportent.
Bon soir donq, ma très chère Fille. Ayés bien soin de soulager doucement vostre pauvre cœur ; gardés-vous bien de luy sçavoir mauvais gré de ces fascheuses pensées qui luy sont autour. Non, ma Fille, car le pauvret n'en peut mais, et Dieu mesme ne luy en sçait aucun mauvais gré pour cela ; au contraire, sa divine sagesse se plaist a voir que ce petit cœur va tremblotant a l'ombre du mal, comme un foible petit poussin a l'ombre du •Cf.s.Aug.,Conf., milan qui va voltigeant au dessus de luy* ; car c'est signe qu il est bon, ce cœur, et qu il abhorre les mauvaises fantasies.
Mais, ma très chère Fille, nous avons nostre Mère, sous les aisles de laquelle nous faut fourrer. Recourons a la Croix, et l'embrassons de cœur ; demeurons en paix a l'ombre de ce saint arbre. Mon Dieu ! il est impossible que rien nous offense, tandis qu'avec une vraye resolution nous voulons estre tout a Dieu ; et néanmoins nous sçavons bien que nous le voulons.
Bon soir de rechef, ma très chère Fille ; ne vous inquiétés point, mocqués-vous de l'ennemy, car vous estes entre les bras du Tout Puissant. Dieu soit a jamais nostre force et nostre amour ! Demain, moyennant sa grâce, nous vous irons voir, ma très chèrement unique Fille de mon cœur.
vraisemblance, de Tappellation de « Fille •, laquelle fait penser aux premières années de la Visitation. Les allusions à la Sainte Vierge et la mention des m Religieux » (cf. ci^dessus, pp. 371, 373) servent à confirmer le quantième proposé.
Année 1610 383
DCXXXIX
A M. PIERRE RÏGAUD(0 (ihéditb)
Le Saint et son éditeur lyonnais. — Celni-ci le presse « de rendre fait 1 le Traitté de F Amour de Dieu. — Commande de livres.
Annecy, 14 décembre 1610.
Monsieur Rigaud,
Je suis marri que vous ayes eu rincommodité d'envoyer exprès ce porteur qui m'a rendu les livres que vous luy avies confiés. Il est, au demeurant, hors de mon pouvoir de rendre fait le Traitté de V Amour de Dieu de quelque tems, pour le peu de loysir que mes continuelles occupations me laissent, quoy que je sois soigneux de n'en perdre pas un seul moment. Mais quand il sera en estât d'estre envoyé, je vous avertiray quelques semaines devant, affin que vous ayes ce qui sera
( I ) Pierre Rigaud était Tainé des enfants de Claudine Dumergue, la fille d'un imprimeur, et du fameux Benoit Rigaud. A la mort de celui-ci (33 mars 1^97), sa maison fut administrée sous la raison sociale ; Héritiers de Benoist Rigaud. Pierre imprima jusqu'en 1657. Il avait pour enseigne : A la Fortune, et pour légende : Invidiam Fortuna domat. Quand il édita les ouvrages de François de Sales, il dirigeait l'imprimerie sous son propre nom. (Cf. Baudrier, Bibliographie lyonnaise , Lyon, iSg^-içOif.)
Pierre Rigaud figure en bonne place dans la corporation des imprimeurs lyonnais du xvii^ siècle, si justement célèbres par leur savoir, le bon choix des livres qu'ils publièrent et la beauté de leur exécution. Après trois siècles, on admire encore leur résistante solidité. La clientèle de François de Sales n'a pas nui à la célébrité de l'imprimeur lyonnais qui habitait « en riie Mercière, au coing de rue Ferrandiere, » et sa fortune n*en a pas souffert. En 161 3, il avait gagné vingt mille francs avec les réimpressions de VJntro» duction h la Vie dévoie. (Process. remiss. Gebenn. (I), dép. de François de Ronis, ad art. 44.) Pierre Rigaud voulut un jour témoigner sa gratitude â l'Auteur et lui offrit quatre cents écus d'or. Le Saint, dépose François Favre (Process. remiss. Gebenn. (II), ad art. 51), les refusa, puis sur les instances de l'imprimeur, les accepta : « Ils serviront, >» dit-il, « à fournir la dot d'une jeune fille pieuse et pauvre, appelée de Dieu à la vocation religieuse. »
384 Lettres de saint François de Sales
convenable pour l'édition , en suite de ce que ci devant je vous en ay dit et escrit a monsieur le SuflFragant(0.
Je vous prie de m'envoyer par la première commodité le livre de La Vénerie, de Jaques du Fouilloux ( » ), et celuy d'Esperron (3), et un petit livret du Combat spirituel, de ceux qui sont nagueres traduitz (4).
Dieu vous conserve et prospère, et je suis, Monsieur Rigaud,
Vostre bien humble et affectionné a vous faire service,
Franc', E. de Genève, xiiii décembre 16 10, a Neci.
A Mons' Mons' Rigaud, marchand libraire.
A Lion.
Revu sur TAotographe conservé à la Visitation de Bourg-en-Bresse.
( I ) Robert Berthelot, docteur de Paris, de l'Ordre des Carmes, évéque de Damas, avait M choisi par TArchevéque de Lyon, Albert de Bellièvre, comme snffragant aux fonctions pontificales. C'est lui qui approuva Vlntro^ duetion h la VU dévote^ le 4 août 1608 (voir notre tome III, p. ii*) et le Trains de C Amour de Dieu^ le 30 mai x6i6, en décernant de grands éloges à la doctrine et à l'Auteur. Le 13 février 1600 — il était alors provincial des Carmes, — Frère Berthelot avait déjà donné Tapprobation à la Défense de VEtiendarî de la sainte Croix ; enfin, ce fut encore lui qui approuva la première édition des Constitutions de la Visitation (1619). « Monsieur le Sufifragaot • visita le Saint à son lit de mort, avec de grands témoignages d^affectiou. Quand le corps du Bienheureux fut embaumé, « on le revestit avec des habits pontificaulx que Monseigneur TEvesque de Damas presta, lesquels despuis il a gardé avec beaucoup d*honneur, comme reliques. • (Process, remiss. Gebenn. (I), dép. de Georges Rolland, ad art. ^3.)
(3) Jacques du Fouilloux, seigneur de Bouille (1^31-1^80). Le « livre » demandé par saint François de Sales porte le titre suivant :
La Vénerie de Jacques de Fouilloux... dédié au Roy tres-chrestien^ contenant plusieurs préceptes et des remèdes pour guérir les chiens de diverses maladies. Poitiers, 1560. — L'ouvrage eut un grand succès, fut souvent réimprimé au XVI* et au XVII* siècle, et traduit en plusieurs langues. De nos jours» une nouvelle édition a été publiée i Angers (1844), par Jérôme Pichon.
(3 ) Charles d'Arcussia, né au château d'Esparron en 1545, et mort en 16 17. La Fauconnerie d'Esparron, ouvrage souvent réimprimé et traduit, parut à Aix en Provence, en 1598. C'est l'édition in-4<» de Rouen (1647) <iu^ ^'^ ^^ P^^s recherchée comme étant la meilleure.
(4) Denis de Santeuil avait donné une traduction du fameux opuscule en î6o8. (Voir tome I*', note (1), p. xliv, et tome XII, note (1), p. 133.) L'intéressante dédicace qu'il en fait à François de Sales est datée du i**" janvier. Cette traduction serait-elle celle que désigne le Saint }
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DCXL